(BFM Bourse) - Le CAC 40 (+1,38% à 6 964 points) est reparti de l'avant mardi, en parvenant toutefois pas à reconquérir les 7 000 points. Le trou d'air traversé en début de semaine semble toutefois passé. Est-ce enfin la trêve (des confiseurs) ? Il faudra de toute évidence continuer de rester sur ses gardes, dans un environnement boursier hypersensible, comme l'ont révélé deux dossiers majeurs: Omicron et le cas Manchin.
Au chapitre sanitaire, si les premières annonces à ce sujet ont été plutôt rassurantes, la contagiosité exceptionnelle de la nouvelle souche du coronavirus contraint tout de même plusieurs pays européens à imposer de nouvelles restrictions, et plombe le moral des opérateurs. "Le confinement annoncé aux Pays-Bas va renforcer les craintes que des mesures similaires soient adoptées dans d'autres pays européens dans les semaines à venir", écrit Lee Hardman, analyste chez Mitsubishi UFJ Financial Group. L'incertitude plane en effet désormais sur ce que pourrait décider d'autres pays européens très touchés par Omicron, parmi lesquels le Royaume-Uni et l'Italie. Le Danemark a également annoncé la semaine dernière de nouvelles restrictions, sous forme de jauge resserrée dans les restaurants et cafés.
Quant au non définitif du Sénateur Joe Manchin quant à son vote sur la loi de financement du plan BBB, pierre angulaire du mandat de Joe Biden, voici un bref rappel des faits: un seul Sénateur, (camp démocrate, de Virginie occidentale) Joe Manchin, bloque le vote du plan BBB (Build Back Better), plan de plus de 1 700 Milliards de $ qui comprend des aides et investissements sociaux et environnementaux majeurs. C'est "suite à cette annonce", que "Goldman Sachs a décidé de réduire ses perspectives de croissance pour 2022 aux Etats-Unis à 2% contre 3% pour le T1, 3% contre 3,5% pour le T2 et 2,75% contre 3% pour le T3", a relevé Vincent Boy.
Ce non est "définitif", a annoncé Joe Manchin à la télévision... Il bloque ainsi à lui seul le vote, les Démocrates n'atteignant pas la majorité pour celui-ci. En effet, 50 sièges sur 100 sont actuellement occupés par des Républicains au Sénat. En comptant la voix de Kamala Harris (Vice-Présidente des États-Unis et Présidente du Sénat selon la Constitution), les Démocrates réunissent 50 voix... Sauf que Kamala Harris n'a le droit de vote, que pour départager en cas d'égalité !
"Le NON ferme de Joe Manchin au plan de réforme de Joe Biden BBB est un revers politique extrêmement important. Tout d'abord c'était en effet une promesse de campagne forte de l'actuel président. Ensuite, il montre à quel point les démocrates sont divisés sur la question d'utiliser des fonds publics face à une dette américaine abyssale. Enfin, il pourrait aussi remettre en question les décisions monétaires de la Fed face à une baisse de la croissance, une résurgence des cas de Covid et une potentielle stabilisation de l'inflation", synthétise John Plassard (Mirabaud).
Au chapitre statistique, l'indice de confiance des consommateurs en Zone Euro au sens d'Eurostat est ressorti parfaitement en ligne avec les attentes. Le calendrier se densifie nettement ce jour (voir plus bas).
Côté valeurs, la galaxie Bolloré s'est illustrée mardi à la suite du projet de cession à l'armateur italo-suisse MSC des activités de logistique du groupe en Afrique, sur la base d'une valeur d'entreprise de 5,7 milliards d'euros. L'action Bolloré proprement dite a pris 11,5% tandis que son principal actionnaire Financière de l'Odet a même flambé de 17,2%, signe que certains investisseurs parient sur une remise à plat plus radicale du systèmes de holdings qui est jusqu'ici la marque de fabrique du groupe. Vivendi, principale filiale de Bolloré, n'a pas été en reste, gagnant 4,5%, l'une des meilleures performances du CAC.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont repris de l'altitude, à l'image du Dow Jones (+1,60% à 35 492 points) ou du Nasdaq Composite (+2,40% à 15 341 points). Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds a gagné 1,78% à 4 649 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1270$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 71,20$.
A suivre à l'agenda ce mercredi, côté américain, les données définitives du PIB pour le T3 à 14h30, l'indice de confiance du consommateur (Conference Board) et les ventes de logements anciens à 16h00, ainsi que les stocks de brut à 16h30.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Nous ne sommes pas sorti d'une phase volatile en large bande. La reprise d'un rally acheteur inconditionnel n'est plus à l'ordre du jour depuis le 19 novembre. Une poursuite d'oscillations nerveuses en bande large est à envisager. Bande dont l'amplitude est désormais définie, entre 6 650 et 7 185 points. Entre ces deux bandes, des oscillations nerveuses et hachées sont donc encore à anticiper. La forme que prendra la consolidation sera riche d'enseignements.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons identifiés, notre opinion est neutre sur l'indice CAC 40 à court terme.
On prendra soin de noter qu'un franchissement des 7185.00 points raviverait la tension à l'achat. Tandis qu'une rupture des 6656.00 points relancerait la pression vendeuse.
Le conseil BFM Bourse
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