(BFM Bourse) - L'indice CAC 40 (+0.93% à 6 091 points lundi) n'est pas parvenu à combler le reliquat du gap baissier du 13 juin, laissant une bougie à ombre haute prononcée, à l'aube d'une semaine "à haut risque", selon l'expression de Thomas Giudici, co-responsable de la gestion obligataire d'AURIS Gestion.
"En Europe, la semaine qui s’ouvre s’annonce cruciale. La BCE, qui tient sa réunion de politique monétaire, doit acter une première hausse de taux depuis 2011. Si cette décision est largement attendue, elle doit en revanche convaincre sur son outil « anti-fragmentation » afin de limiter les écarts de taux entre pays de la zone euro. Comme si la situation n’était pas assez difficile, c’est le moment qu’a choisi Mario Draghi, ex-Président de la BCE de 2011 à 2019, pour démissionner de ses fonctions de Président du conseil après le boycott d’un vote de confiance par le mouvement 5 étoiles, membre de la coalition. Déjà sous pression, l’Italie se prépare probablement à une nouvelle crise politique dont elle se serait bien passée."
Pour schématiser, en fin de semaine dernière et en première partie de séance hier, le marché se satisfaisait, avec les guillemets qui s'imposent, d'un scénario à +75 pdb des Fed Funds à la fin du mois, écartant l'idée un temps évoquée de +100 pdb après la publication d'une inflation annualisée à +9.1%. Quelques repères sur la consommation (U-Mich, ventes au détail) sont également passées par là. Mais la matrice de fond reste baissière.
Jeudi, deux membres éminents de la Réserve fédérale américaine dont le président de l'antenne de Saint-Louis, James Bullard, un des plus fervents défenseurs d'une politique monétaire agressive, ont en effet milité pour un relèvement de 0,75 point de pourcentage du taux directeur.
L'actualité va gagner en intensité dans les prochains jours avec l'ouverture de la saison des résultats à Paris. Les publications d'Alstom, Publicis et Thales seront au programme de la séance de mardi. Lundi côté valeurs, les pétrolières étaient bien orientées dans le sillage du rebond de près de 5% des tarifs pétroliers. La visite du président américain en Arabie Saoudite n'a en effet pas permis des avancées notables sur une éventuelle augmentation de la production de brut. Total Energies a suivi la même tendance (+2,34% à 48,64 euros) tout comme TechnipEnergies (+1,15%) ou Vallourec (+5%).
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont perdu du terrain à l'image du Dow Jones (-0.69% à 31 072 points) et du Nasdaq Composite (-0.81% à 11 360 points). Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, s'est contracté de 0.84% à 3 830 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,0150$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 102,20$.
A suivre en priorité à l'agenda statistique ce mardi, les données finales de l'inflation en Zone Euro à 11h00, et les mises en chantier et permis de construire de logements aux Etats-Unis à 14h30.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Le tableau (sa toile de fond en tous cas) est sombre.
Les signaux vendeurs se sont multipliés depuis la combinaison de bougies en "étoile du soir" (27, 30 et 31 mai). Les ouvertures successivement en gap baissier des deux dernières séances de la semaine 23, puis de la première séance de la semaine 24, ont été accompagnées d'une mobilisation continue du camp vendeur en cours de séance et de clôture sur les points bas de séance. Le tout dans des volumes en nette hausse. La dynamique de la participation aura suivi celle des dégagements, alors même que le CAC aura réintégré la partie inférieure à une oblique baissière qui garde ses attributs de résistance.
Le rebond technique amorcé en semaine (S25) reste à ce stade anecdotique au regard des volumes de transactions l'accompagnant et au regard des pertes initiales. Il s'est précocement arrêté, et la reprise des pressions vendeuses, sur gap, sur rupture de seuil symbolique (les 6 000 points), et dans de forts volumes, laisse augurer une poursuite des dégagements.
Mardi 05 juillet la bougie tracée cumule des caractéristiques inquiétantes, sa structure au corps allongé sans mèche, matérialisant une mobilisation du camp vendeur tout au long de la séance, le tout dans des volumes relativement nourris, et sur rupture de seuil technique.
L'indice phare a réalisé un pullback (rejet graphique) d'école sur les 6 000 points. Le degré de conviction dans le rebond vers les 6 100 points va être testé.
Avis négatif à l'échelle de la séance à venir.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 6177.00 points.
Le conseil BFM Bourse
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