(BFM Bourse) - La tonalité offensive, voire belliqueuse, des discours des grands banquiers centraux qui tenaient leur dernière réunion monétaire de l'année, aura lourdement pénalisé le CAC 40 la semaine passée. L'indice phare de la cote tricolore aura reflué, sur l'ensemble de la semaine 50, de 3,37%, lesté tout particulièrement par les valeurs de croissance sensibles à l'échauffement des taux, à savoir sur le luxe ou la technologie: STMicroelectronics (-5,16%), Kering (-6,20%), Cap Gemini (-7,27%), ou Wordline (-9,87%).
Après la Fed mercredi, c'était au tour jeudi de la BCE d'achever son Conseil des Gouverneurs, le dernier de l'année. Si la hausse des taux de la BCE n'a pas surpris par son ampleur (+50 pdb), la tonalité du discours et la révision des prévisions économiques a retenu l'attention. La puissante Institution monétaire de Francfort a révisé ses projections économiques, notamment en termes d'inflation, tablant sur un taux pour la zone euro de 8,4% en 2022, 6,3% en 2023 puis 3,4% en 2024 et enfin 2,3% en 2025.
Les opérateurs se sont montrés nerveux au moment de la conférence de presse succédant aux différentes annonces monétaires. Une conférence de presse "caractérisée par un langage particulièrement "Hawkish"", [c'est à dire offensive, bellliqueuse], pour Francesco Pesole, économiste d'ING, "Christine Lagarde soulignant explicitement que les marchés sous-estiment le resserrement monétaire nécessaire pour ramener l'inflation à son objectif."
De quoi rester "incertain sur le rythme et l'ampleur des hausses de taux de la BCE, étant donné les grandes incertitudes entourant la dynamique de l'inflation", pour Konstantin VEIT, gérant de portefeuille chez PIMCO. "Le marché évalue actuellement un taux final d'environ 3,25 %, ce qui ne semble pas déraisonnable après les déclarations hawkish d'aujourd'hui."
Cette intransigeance des grands argentiers, conjuguée aux craintes grandissantes d'entrer en récession des principaux pôles économiques de la planète, aura lourdement pesé sur l'appétence au risque.
Au chapitre statistique, la santé de l'économie américaine n'est toutefois pas au beau fixe à en croire les premières estimations de l'enquête mensuelle de S&P Global auprès des directeurs d'achats publiés vendredi. L'indice PMI "flash" composite, qui compile le secteur de l'industrie manufacturière et celui des services, s'est contracté en décembre à 44,6 après 46,4 en novembre. Il reste pour le sixième mois consécutif sous la barre des 50 séparant contraction et expansion de l'activité. Plus tôt dans la journée, les opérateurs ont pris connaissance de la première estimation des indices PMI de la zone euro pour le mois de décembre. L’indice composite, qui mesure l’activité de l’ensemble du secteur privé, s’est redressé pour atteindre 48,8 contre 47,8 en novembre, restant cependant sous le seuil de 50 indiquant une contraction de l’activité.
De l'autre de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont clôturé la séance de vendredi dans le rouge, à l'image du Dow Jones (-0,85% à 32 920 points) ou du Nasdaq Composite (-0,97% à 10 705 points). Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a perdu 1,11% à 3 852 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,0640$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 76.60$.
A suivre en priorité à l'agenda macroéconomique ce lundi, l'indice IFO du climat des affaires en Allemagne à 10h00 et l'indice NAHB du marché immobilier résidentiel américain à 16h00.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
L'indice tricolore a tracé en une séance l'intégralité de l'amplitude de la figure de consolidation au-dessus des 6 550 points, dont l'intégrité a été menacée. La clôture jeudi 15/12 s'est faite très proche des points bas de séance, et la puissance des volumes est venu apporter du crédit à l'option d'une rupture, à terme de ce seuil. Première tentative vendredi, avec validation par les volumes. Si la fédération sectorielle n'est pas encore au rendez-vous, le signal technique envoyé est clairement négatif.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 6740.00 points.
Le conseil BFM Bourse
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