(BFM Bourse) - Le CAC 40 a grappillé 0,37% à 6 684 points vendredi, dans des volumes particulièrement timides, les opérateurs restant sur la défensive alors que la guerre en Ukraine est sur le point de prendre un nouveau tournant. Les Russes vont se redéployer, en particulier vers Odessa, pour tenter de construire un bloc de continuité territoriale. Loin de Kiev, donc, alors que la découverte de rues jonchées de cadavres de civils, à Irpin et Boutcha a glacé le sang de la communauté internationale. Les Russes vont donc redéployer leurs forces, pour tenter de construire un bloc de continuité territoriale autour de la Mer Noire et la Mer d'Azov.
Au chapitre statistique vendredi, EuroStat a confirmé les craintes exprimées plus tôt dans la semaine par Mme Lagarde, à savoir une vive accélération de l'inflation avec le spectre d'une contraction du rythme de la croissance économique dans le cadre de tensions géopolitiques majeures avec la Russie. En données annualisées, les prix, dans le panier de produits le plus large, ont bondi de 7,5% en mars, bien au-delà des attentes. Et ce contre 5,9% en février. Dans le détail, "s'agissant des principales composantes de l'inflation de la zone euro, l'énergie devrait connaître le taux annuel le plus élevé en mars (44,7%, comparé à 32,0% en février), suivie de l'alimentation, alcool & tabac (5,0%, comparé à 4,2% en février), des biens industriels hors énergie (3,4%, comparé à 3,1% en février) et des services (2,7%, comparé à 2,5% en février)," précise l'institut statistique.
Les opérateurs ont également décortiqué le contenu du rapport NFP, rapport fédéral mensuel sur l'emploi américain. Le taux de chômage a poursuivi sa décrue, à 3.6% de la population active contre 3,7% attendu, et le nombre de créations de postes dans le secteur privé (hors agriculture), à 431 000 postes, ont manqué de 60 000 les attentes. Un rapport satisfaisant ayant eu par ailleurs le mérite de ne pas montré de signes de suréchauffement.
Côté valeurs, le léger regain d'optimisme sur une possible issue négociée au conflit entre la Russie et l'Ukraine a comme à chaque fois entraîné un rééquilibrage en faveur des valeurs cycliques et notamment les plus exposée à la Russie. Renault (propriétaire de Lada) a longtemps occupé la première place de l'indice phare, gagnant jusqu'à près de 3%, mais a vu sa hausse s'atténuer à +0,9% en clôture, à 24,075 euros. Sanofi (+1,76% à 94,14 euros) a signé la meilleure performance du jour sur le CAC, alors que le groupe a dévoilé les modalités de l'introduction en Bourse de sa filiale Euroapi, un des leaders mondiaux de la fabrication de principes actifs.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé la séance de vendredi dans le vert, dans des marges étroites. Le Dow Jones a grappillé 0,40% à 34 818 points, le Nasdaq Composite 0,29% à 14 261 points et le S&P500 0,34% à 4 545 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1050$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 99,80$.
A suivre en priorité, à l'agenda ce lundi, l'indice Sentix de confiance des investisseurs en Zone Euro à 10h30, et les commandes à l'industrie aux États-Unis à 16h00.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Les 6 760 points, que nous identifiions jusqu'ici comme un plancher progressivement fragilisé, ont cédé, sur gap ample jeudi 24/02, ouvrant la voie à une nouvelle phase de marché. Rappelons que l'indice a tracé du 16 au 18 février une combinaison de bougies en trois corbeaux. Cette combinaison a dans la foulée été suivie d'une structure d'englobante baissière très significative, accompagnée de volumes loin d'être timides pour une séance rappelons-le, sans repères américains en raison d'un jour férié. La dernière phase de fragilisation du support précité aura donc été agressive. Le pullback de vendredi 25/02 aura été d'une précision chirurgicale. Une phase de haute volatilité s'est ainsi ouvert. Le marubozu d'école tracé mardi 01er/03 en est une première étape. Deuxième étape vendredi 04/03 avec une bougie de même type (ouverture sur les points hauts, clôture sur les points bas) dans des volumes encore plus nourris. Une nouvelle jambe baissière s'ouvrirait sous les 6 000 points, déjà rompus lundi 07/03, avant la formation d'un rebond de contestation. Nous avons assisté mercredi 09 mars à une première phase de rebond de contestation explosive, qui a rejeté l'indice sur sa moyenne mobile à 100 heures (en orange en vue horaire), courbe qui conserve un biais baissier marqué. Le gap de mercredi 16 mars ne constitue pas un signal de retour à l'achat, et la phase haute volatilité n'est par conséquent pas encore achevée. La configuration, sous forme de combinaison de bougies, en trois corbeaux noirs sur les trois dernières séances de la semaine 12, invite à la plus grande prudence. Comme le prouve le harami tracé immédiatement après une reconquête des 6 760 points, pour une seule clôture, celle du 29 mars.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons identifiés, notre opinion est neutre sur l'indice CAC 40 à court terme.
On prendra soin de noter qu'un franchissement des 6760.00 points raviverait la tension à l'achat. Tandis qu'une rupture des 6500.00 points relancerait la pression vendeuse.
Le conseil BFM Bourse
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