(BFM Bourse) - L'ambiance reste lourde sur le marché parisien, en pleine digestion (difficile) du dernier rapport fédéral sur l'emploi américain, qui, loin d'être mauvais en soi, a milité pour une poursuite sans pause de la politique monétaire belliqueuse de la Fed. L'indice CAC 40 a perdu lundi 0,45% à 5 840 points, dans une séance où les repères à Wall Street faisaient un peu moins sens qu'à l'accoutumée, en raison d'un jour férié (Columbus Day), chômé pour l'essentiel des activités économiques du pays, mais pas à la Bourse de NY.
Pour rappel en ce qui concernent les principaux enseignements de ce NFP (Non Farm Payrolls) publié vendredi, la dynamique de hausse des salaires ne s'est pas emballée (+0,3% en rythme mensuel en septembre), mais la hausse des créations de postes dans le secteur privé (hors secteur agricole) a surpris par son rythme, à +263 000. Le taux de chômage - ce n'était pas non plus dans les plans de la Fed- s'est vivement contracté à 3.5% de la population active, contre un consensus à 3.7%. La variation de l'emploi salarié non agricole total pour juillet a été révisée à la hausse de 11 000, passant de +526 000 à +537 000, et la variation pour août est restée à +315 000. Après révision, les gains d'emploi en juillet et en août combinés étaient de 11 000 plus élevés que précédemment signalés.
"Une fois de plus les nouvelles positives sur le front économique aux Etats-Unis ont dissipé l’euphorie de début de semaine pour laisser place à une forte tension sur les taux souverains. Encore une fois, en cette période bien singulière, « good news is bad news »", décrypte Thomas Giudici, co-responsable de la gestion obligataire chez Auris Gestion.
Hier, les risques de plus en plus grands de voir les principaux pôles économiques en Zone Euro passer par la case récession ont pénalisé l'appétit pour le risque, surtout avec la publication d'un indice Sentix de confiance des investisseurs au plus bas depuis mai 2020... L'indicateur à valeur de baromètre s'est enfoncé à -38,3, manquant des attentes pourtant pessimistes, au plus bas depuis juin 2020. "Les incertitudes persistantes sur la situation du gaz et de l'énergie en hiver n'ont pas diminué en raison de l'attaque des pipelines Nordstream. En plus des soucis économiques, il y a maintenant aussi une probabilité croissante d'une escalade du conflit militaire en Ukraine. Globalement, il y a peu de raisons d'espérer", peut-on lire sur le froid et laconique commentaire accompagnant la publication du cabinet spécialiste de finance comportementale.
Côté valeurs, l'action Renault a conservé son avance (+2,4%), réagissant à des informations de presse selon lesquelles le constructeur automobile français serait en discussions avec son partenaire Nissan au sujet de la restructuration de leur alliance. Casino a terminé en baisse de 3,10% alors que Standard & Poor's a dégradé ce week-end la notation de crédit long terme du distributeur stéphanois. L'agence de notation pointe notamment les difficultés de Casino à honorer ses engagements financiers, sur fond d'une détérioration des conditions de refinancement.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont une nouvelle fois clôturé dans le rouge, dans des volumes toutefois relativement timides. Si le Dow Jones ne s'est que très légèrement contracté (-0,32% à 29 202 points), le Nasdaq Composite, à dominante technologique, a perdu 1,04% à 10 542 points. Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a perdu 0,75% à 3 612 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 0,9690$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 90.70$.
A suivre en priorité à l'agenda statistique ce mardi, la production industrielle italienne à 10h00, et l'indice NFIB des petites entreprises américaines à 12h00. Le prochain grand rendez-vous cette semaine est à cocher pour demain avec les Minutes de la Fed, traditionnel compte-rendu étayé de la dernière réunion FOMC. L'occasion pour le marché de jauger la volonté de la puissante Institution monétaire de poursuivre sur la voie de la fermeté...
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
La réaction de contestation amorcée le 30 septembre a vidé son réservoir d'énergie, le harami du 05 octobre ayant été confirmé par une clôture vendredi sur le niveau d'ouverture du 04 octobre.
Nous évoquions hier un "danger", à ce stade, celui de l'ouverture sous le gap du 04 octobre, isolant graphiquement quatre séances, sous réserve de préservation du gap en clôture ce lundi. Or l'indice est venu en séance combler intégralement son gap d'ouverture. Aucun reliquat du gap du 04 octobre n'est par ailleurs visible. Ces éléments militent pour une poursuite, dans une volatilité décroissante, d'une baisse en direction des 5 640 points, à l'issue de quoi une courte réaction est possible.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 6000.00 points.
Le conseil BFM Bourse
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