(BFM Bourse) - Sur fond de détente des rendements des obligations souveraines, avec l'espoir d'un ralentissement du rythme de resserrement monétaire de la Fed, le CAC 40 est parvenu à gagner 1,59% à 6 131 points. Le marché aura été porté principalement par les valeurs à fort Bêta actuel, sur l'énergie ou l'automobile au sens large, équipementiers y compris. Engie a gagné 3,78% à 12,682 euros, Schlumberger 4,52% à 52,0 euros, Faurecia 4,67% à 13,91 euros, et Michelin 5,39% à 24,915 euros.
Les investisseurs s'accrochent à une information du Wall Street Journal selon laquelle certains membres de la Réserve fédérale ne seraient pas contre l'idée de ralentir le rythme de son resserrement monétaire à partir de décembre avant de stopper les hausses de taux directeurs au début de l'an prochain. Toujours selon cet article, l’institution se dirigerait vers un relèvement de ses taux de 0,75 point de pourcentage, lors de sa prochaine réunion début novembre.
"Les membres de la Fed laissaient entendre que les prochaines hausses de taux seraient moins importantes que les précédentes et laissaient la porte ouverte à une hausse de 25 à 50 pdb en décembre. Or, à l’occasion du dernier FOMC, et selon le dernier dot plot publié en septembre, les hausses de taux cumulées d’ici la fin de l’année étaient attendues entre 100 et 125 pdb." relève Vincent BOY, analyste de marché IG France... Par conséquent, une grande volatilité va rester d'actualité.
Côté européen, les investisseurs vont se tourner vers l'issue, au cœur de la semaine, d'un nouveau Conseil des Gouverneurs.
"La BCE devrait relever ses taux directeurs de 75 points de base lors de sa réunion du 27 octobre et s'engager à les resserrer davantage au cours des prochains mois", anticipe Frederik Ducrozet, Head of Macroeconomic Research chez Pictet Wealth Management, qui ne s'attend pas à "des clarifications sur ce qu'elle considère comme le "taux neutre", mais un consensus croissant semble être en faveur d'un taux de dépôt à 2 % d'ici la fin de l'année (ce qui implique une hausse de 50 points de base en décembre), avec une réévaluation des perspectives économiques et d'inflation au début de 2023."
Au chapitre statistique, les investisseurs ont pris connaissance lundi de précieux indicateurs d'activité: les PMI (Purchasing Manager's Index), pour les services et l'industrie, en 1ère estimation pour le mois en cours. Retenons que la déception est vive sur la composante industrielle allemande, à -45,6, au plus bas depuis juin 2020... L'indice PMI Flash de la production manufacturière dans la zone euro se replie à 44,2 (46,3 en septembre). Soit un "plus bas" de 29 mois.
Chris Williamson, Chief Business Economist à S&P Global Market Intelligence, a commenté les derniers chiffres de l'enquête PMI Flash : "Bien que le ralentissement économique actuel résulte principalement de la hausse du coût de la vie, les inquiétudes se focalisent avant tout sur la crise énergétique et font chuter les niveaux d'activité, notamment dans les secteurs grands consommateurs d'énergie. Parallèlement, les tensions inflationnistes restent très élevées, les baisses des prix des matières premières induites par l'amélioration des chaînes d'approvisionnement ayant été contrebalancées par la hausse du coût de l'énergie et de la main d'œuvre ainsi que par la dépréciation de l'euro."
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé la séance de lundi en territoire vert, à l'image du Dow Jones +1,34% à 31 499 points ou du Nasdaq Composite (+0,86% à 10 952 points). Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a gagné 1,19% à 3 797 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 0,9870$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 84.70$.
A suivre en priorité à l'agenda statistique ce mardi, outre Atlantique, l'indice de Conference Board de confiance des consommateurs à 16h00 (Heure de Paris).
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
L'indice phare parisien sur actions continue la formation d'un biseau ample, dont une sortie par le bas (pas encore d'actualité) rimerait avec reprise du courant baissier dans une volatilité importante. La bonne tenue à ce stade des valeurs à fort Bêta actuel, conjuguée aux volumes de transactions, laisse le champ ouvert à une courte période d'équilibre des forces en présence.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons identifiés, notre opinion est neutre sur l'indice CAC 40 à court terme.
On prendra soin de noter qu'un franchissement des 6142.00 points raviverait la tension à l'achat. Tandis qu'une rupture des 6000.00 points relancerait la pression vendeuse.
Le conseil BFM Bourse
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