(BFM Bourse) - Le CAC 40 (+1,51% à 5 762 points vendredi) a achevé un mois de septembre éprouvant, qui l'aura vu rompre sans ménagement le seuil symbolique des 6 000 points, sur fond de durcissement du ton belliqueux des grandes banques centrales, de craintes d'une entrée imminente en récession des principaux pôles économiques de la planète, et d'un accroissement des tensions géopolitiques. Sur l'ensemble du mois, les pertes sur l'indice phare parisien se chiffrent à près de 6%, dans des volumes en accélération. Parmis les principales victimes sur le compartiment A de la cote parisienne, les actions des équipementiers automobiles, à l'image de Faurecia (-23,19%), Valeo (-18,55%), ou Plastic Omnium (-27,78%).
Le risque de capitulation ne peut être écartée, et ce alors même que se profile une saison des résultat à haut risque. "Les banques centrales ont rappelé aux investisseurs que l’inflation était leur priorité numéro une. Malgré la dégradation des principaux indicateurs économiques, la Fed a laissé entendre que son point d’inflexion était loin d’être atteint. Le sentiment haussier observé durant l’été s’est rapidement dissipé et la volatilité a fait son retour sur les marchés", résume Vincent Manuel, Chief Investment Officer, Indosuez Wealth Management.
Au chapitre statistique, la perspective d'une politique monétaire restrictive pour les prochains mois est renforcée par la publication, vendredi, de l'inflation PCE (Personal consumption expenditures price index), la mesure de prédilection de la Fed dans son appréciation de l'inflation. Or les prix ont encore une fois surpassé les valeurs attendues en moyenne par les économistes et analystes interrogés.
Les tensions sur les taux vont immanquablement et - n'est-ce pas le but quasi avoué ? - peser sur la croissance. Mais dans quelle ampleur ? "Il s'agit d'une inconnue majeure" pour Jean-Marie MERCADAL, Directeur Général Délégué en charge des gestions et Eric BERTRAND, Directeur Général Délégué et Directeur des Gestions OFI AM. "Il y a actuellement un décalage entre la solidité des marchés du travail, avec des taux de chômage plutôt bas, et la détérioration rapide des indicateurs avancés de la conjoncture. Plusieurs explications peuvent être avancées : les entreprises ont jusqu'à présent des situations financières plutôt saines, si bien qu'elles ne licencient pas en raison de la difficulté ensuite à trouver de la main-d'œuvre qualifiée. Cette pénurie, qui engendre des hausses de salaires, constitue d'ailleurs l'une des préoccupations majeures de la Fed."
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont une nouvelle fois terminé dans le rouge vendredi, pour une clôture sur les points bas hebdomadaires. Pour la dernière séance de la semaine, le Dow Jones a perdu 1,71% à 28 725 points, et le Nasdaq Composite 1,51% à 10 575 points. Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, s'est contracté de 1,51% à 3 585 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 0,9810$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 81.80$.
A suivre en priorité à l'agenda statistique ce lundi, une batterie d'indicateurs d'activité industrielle PMI en Zone Euro, ainsi que le PMI manufacturier ISM américain à 16h00.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Les 6 000 points symboliques ont été rompus dans des conditions validantes de volumes et de volatilité, et la nouvelle zone de travail identifiée entre 5 785 et 6 000 points aura été traversée d'un seul trait la semaine passée. A ce stade, la possibilité d'une réaction technique va prendre corps. Il nous manquait la matérialisation des conditions de sa mise en place.
Nous évoquions lundi matin la possibilité d'une bougie en harami ou accélération baissière vive dès le début de séance. C'est en réalité en "marteau inversé" qui vient nous donner un signal de même nature. Malheureusement elle n'a pas été validée par la bougie suivante, rouge et sans aucune ombre basse. Seule la capacité à clôturer au dessus des points hauts du 26 septembre renforcerait l'idée du développement rapide d'un rebond technique. Nous n'y sommes pas encore.
C'est maintenant l'observation des gaps (commun, d'essoufflement), qui va être primordiale pour "timer", le cas échéant, la naissance d'un court mouvement de capitulation. Il est l'heure, plus que jamais, d'identifier les dossiers (à fort Bêta) qui rebondiront le plus après cette capitulation.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 5785.00 points.
Le conseil BFM Bourse
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