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CAC 40

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CAC 40 : Un canard sans tête

mercredi 15 avril 2020 à 08h33

(BFM Bourse) - Comme un canard sans tête, le CAC 40, attendu en hausse à l'ouverture dans le sillage de Wall Street, continue d'avancer, alors même qu'il existe de trop nombreuses inconnues aux conséquences à court, moyen, et long terme, de la pandémie en cours sur l'économie mondiale.

"En raison de la pandémie, l'économie mondiale devrait connaître une forte contraction de 3 % en 2020, soit un recul bien plus marqué que lors de la crise financière de 2008-09", s'avançait le FMI (Fonds Monétaire International) mardi. "Selon un scénario de référence fondé sur l'hypothèse d'une atténuation de la pandémie au cours du deuxième semestre de 2020 et d'un relâchement progressif des efforts d'endiguement, l'économie mondiale devrait croître de 5,8 % en 2021, à mesure que l'activité économique se normalisera, grâce au soutien des pouvoirs publics."

Par ailleurs, la Maison Blanche envoie sans sommation deux sujets à même de provoquer des sueurs froides à court terme sur les marchés:

1) Trump veut décider seul du calendrier et des conditions de sortie du confinement... L'impétueux et déroutant locataire de la Maison Blanche, a annoncé en effet vouloir se rendre seul maître des horloges pour le dé-confinement et le redémarrage complet des capacités de production, alors que pour rappel, le confinement avait été mis en place Etat par Etat.

2) Le Président américain gèle sa contribution (450 Millions de Dollars annuels) à l'Organisation Mondiale de la Santé, en accusant ouvertement l'Institution internationale d'avoir caché le début de l'épidémie en Chine au tournant de l'année.

"Le président américain semble vouloir trouver un responsable dans sa gestion de la crise tardive mais cette décision, alors que le monde subit la pire crise sanitaire en 100 ans, est loin d’être la bonne solution sortir rapidement de cette épidémie et redonner confiance à la population", abonde Vincent Boy (IG France).

Le bilan du coronavirus Covid19 est désormais, à l'échelle mondiale, de près de 2 000 000 de cas confirmés, et de plus de 126 000 morts, selon les données compilées par l'Université Johns Hopkins. Si le nombre de nouveaux cas quotidiens en Chine chute et que le taux d'utilisation des capacités de production reprend pleinement le chemin de la hausse, la propagation incontrôlable du virus à l'échelle de la planète rend encore indéchiffrable les conséquences sur l'activité économique. Les quatre principales puissances économiques de la Zone Euro (Allemagne, France, Italie, Espagne) sont particulièrement touchées. En particulier, 21 067 décès sont à déplorer en Italie, et 18 255 en Espagne.

L'épicentre se positionne désormais sur les Etats-Unis, où près de 610 000 cas sont confirmés. Plus de 26 000 décès ont été recensés sur le sol américain, dont 8 000 pour la seule ville de New York. L'inquiétude est d'autant plus forte que le système de santé, observé à l'aune de la puissance économique des Etats-Unis, est finalement fragile.

Un point sur le pétrole, après un nouveau sommet extraordinaire de l'OPEP élargi ce weekend. Alors que les accords de réduction du production s'obtiennent à l'arrachée, c'est au tour des Etats-Unis et du Canada s'accepter une réduction substantielle de la production sur mai, et juin, de l'ordre de 20 Millions de barils jour. Dès le 1er mai, l'ensemble des membres du cartel élargi vont réduire leur production de 10 millions de baril jour.

"Les cours du pétrole n’ont en revanche pas avancé davantage à la suite de cette annonce car l’impact sur la demande pourrait atteindre 30 millions de barils par jour, ce qui rend la baisse inefficace pour équilibrer le marché dans son ensemble", a commenté Vincent Boy, analyste de marché chez IG France.

Au chapitre statistique, outre Atlantique, les prix à l'import pour mars, en rythme mensuel, ont baissé très lourdement (-2.3%), toutefois moins qu'anticipé (-3.1%).

Côté valeurs, on retrouvait une concentration de valeurs à réputation défensive au sein des plus fortes hausses du compartiment A, à l'image d' Eutelsat Comm. (+4,17% à 10,00 euros), Danone (+4,54% à 61,26 euros), Air Liquide (+5,28% à 124,70 euros), ou encore SESG (+8,93% à 5,83 euros).

Il fallait une nouvelle fois se tourner du côté du Compartiment C et Growth (ex-Alternext) pour retrouver les plus grosses flambées de la cote: Biophytis (+244,16% à 2,65 euros), Genoway (+177% à 5,54 euros), Intrasense (+92,75% à 1,515 euro), Carbios (+67,25% à 16,34 euros), Diagnostic Médical (+42,94% à 2,33 euros), ou Gensight Biologics (+35,77% à 3,34 euros).

Eurobio Scientific a pour sa part gagné encore 13,41% à 18,60 euros, à la faveur de solides résultats annuels et de promesses de lendemains encore meilleurs avec le développement de l'activité lié au Covid-19.

De l'autre côté de l'Atlantique, après une première séance de la semaine, lundi, en ordre dispersé, les principaux indices de la cote américaine ont amplifié leur mouvement de rebond mardi, à l'image du Dow Jones (+2,39% à 23 949 points) ou du Nasdaq Composite (+3,95% à 8 515 points). Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a gagné 3,06% à 2 846. Le tout sur fond d'espoir d'un assouplissement des mesures de confinement outre Atlantique, et avec un bon accueil réservé au début du bal des trimestriels des grands groupes, en particulier sur le secteur bancaire, avec JP Morgan (+3,92%).

Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traite à un niveau proche des 1.0960$. Le baril de WTI, un baromètre de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 20,50$.

À l'agenda statistique ce mercredi, à suivre en priorité l'indice des prix à la consommation en France en données finales à 08h45 et outre Atlantique, l'indice manufacturier Empire State (14h30), les ventes au détail (14h30), le rapport fédéral mensuel sur l'industrie (15h15), les stocks des grossistes (16h30), les stocks de pétrole (16h30) et le Livre Beige de la Fed (20h00).

ELEMENTS GRAPHIQUES CLES

Attention au bull trap, ce signal traitre qui fait miroiter des gains importants, alors que l'analyse froide de la situation dans sa globalité met en évidence une configuration profondément dégradée. Cette situation de bull trap se met souvent en place après un repli (ici 27 mars - 03 avril), consécutif à un mouvement de réaction contestataire (ici 19 - 26 mars).

Inverse du bear trap, le bull trap (ou piège à la hausse) est un phénomène classique en finance de marché comportementale: l'acheteur, appâté une première fois, l'est une seconde fois avec le sentiment de faire une affaire encore meilleure avec un point d'entrée jugé bon. Dès lors, la volatilité à la hausse progresse, et l'investisseur est de plus en plus persuadé d'avoir flairé la bonne affaire, sans se poser aucune question sur la justification de la hausse. Si le mouvement haussier ne prend pas corps, le piège se referme.

Avis neutre à l'échelle de la séance à venir.

PREVISION

Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons identifiés, notre opinion est neutre sur l'indice CAC 40 à court terme.

On prendra soin de noter qu'un franchissement des 5000.00 points raviverait la tension à l'achat. Tandis qu'une rupture des 4117.00 points relancerait la pression vendeuse.

Le conseilLogo TradingSat

CAC 40
Neutre
Résistance(s) :
5000.00 / 5081.00 / 5509.00
Support(s) :
4117.00 / 3684.00 / 3500.00

Graphique en données horaires

CAC 40 : Un canard sans tête (©ProRealTime.com)

Graphique en données quotidiennes

CAC 40 : Un canard sans tête (©ProRealTime.com)
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