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Entre doutes sur l'IA, cherté chronique des cours du brut, et marchés obligataires souverains sous haute tension, le marché parisien est resté sous pression mardi, se contractant de 0,38% à 7 838 points, loin cependant de ses points bas de séance. La Bourse continue de souffrir de la situation sécuritaire après un weekend d'émeutes urbaines au point que certaines sociétés à l'instar de Carrefour se voient obliger de sabrer ses objectifs.
Au cours du weekend des 17 et 18 octobre dans nombre de villes françaises, des violences et des pillages ont éclaté en marge de manifestations où se mêlaient revendications des lycéens et mécontentement face au coût de la vie. En réponse à l'escalade des tensions, le gouvernement a instauré dès lundi des couvre-feux localisés et partiels dans certaines zones urbaines.
Ces événements écornent davantage une image déjà dégradée de la France sur les marchés financiers internationaux. Miroir de cette méfiance, l'OAT 10 valait 4,94%, à proximité donc d'un seuil hautement symbolique, celui des 5%. Outre-Rhin, le Bund d'échéance égale se traitait à 3,42%, ce qui donnait un spread à 152 points de base.
"Une hausse durable des rendements renchérirait progressivement les nouvelles émissions et le refinancement des emprunts arrivant à échéance. Elle pourrait aussi réduire les marges de manœuvre budgétaires disponibles pour financer des mesures de soutien au pouvoir d'achat ou les services publics", a poursuivi le spécialiste.
Hier sur le front statistique, les opérateurs ont pris connaissance de l'indice ZEW de confiance dans l'économie allemande, ressorti en baisse un peu plus forte qu'anticipé par le marché, à 28,1 points contre 34,7 points en septembre.
"L'économie allemande sort lentement de la stagnation, mais la reprise n'est pas encore autonome. La consommation privée et l'investissement demeurent faibles en raison des prix élevés de l'énergie : ceux-ci pèsent sur les revenus réels, renchérissent les coûts de production et maintiennent l'inflation à un niveau élevé plus longtemps", commente le professeur Achim Wambach, président de l'institut éponyme.
Côté valeurs, valeurs, les dossiers estampillés IA, comme Rexel (-4,1%) Mersen (-4,05%), Soitec (-3,7%), Schneider Electric (-3,3%) Legrand (-3,05%), et STMicroelectronics (-0,5%) ont été à la peine mardi, pénalisées par la poursuite des doutes sur les perspectives boursières de l'intelligence artificielle. Exception notable, OVH, le spécialiste du cloud et des centres de données, a gagné 18% dans la foulée de sa très bonne copie trimestrielle.
Des perspectives qui ont bridé outre Atlantique le Nasdaq Composite (-0,02%) tandis que le Dow Jones, riche en valeurs bancaires et industrielles, gagnait 1,02%. Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a grignoté 0,28% à 7 712 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin,
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1225$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 99,00$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 5,13%.
> Quant au VIX, il valait 17,31 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce mercredi, à suivre en priorité les stocks de brut aux Etats-Unis, à 16h30.
A suivre ce mercredi la réaction du marché à la publication trimestrielle d'Essilor Luxottica, poids lourd et fleuron européen de l'optique ophtalmique. "L’Asie-Pacifique reste locomotive du groupe. Avec +15,7 %, la région surperforme largement l’Amérique du Nord (+4,7 %), pourtant le premier marché du groupe. L’intégration de Top Charoen fait presque doubler le parc de magasins de la zone, de 1 682 à 3 632. Il faudra donc distinguer, à l’avenir, la croissance organique de l’effet de périmètre"; note Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l'analyse des marchés pour etoro.
"En définitive, le trimestre rassure sur la solidité de l'activité de fond, mais il pose une question de fond, une fois l'effet des lunettes connectées et des acquisitions normalisées, quel sera le rythme de croissance structurel du groupe ?"
A suivre également Michelin ce mercredi, le Clermontois confirmant ses objectifs 2026.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
L'indice phare tricolore a rompu la base, en toute fin du mois de septembre, d'une formation classique en triangle baissier, dans une libération d'énergie importante. Cette libération a connu confirmation dès la séance suivante, dans une volatilité et des volumes importants, donnant du sens au mouvement.
La moyenne mobile à 20 jours (en bleu foncé) constitue un niveau de résistance dynamique majeur. Les consolidations, comme autant de tentatives maladroites de stopper l'hémorragie, sont courtes.
L'indice vient de sortir par le bas d'un biseau (wedge) de consolidation.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 8118.00 points.
Le conseil BFM Bourse
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