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SCHNEIDER ELECTRIC

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Schneider electric : La bise continue de souffler sur l'IA en Bourse... Un fournisseur de puissance de calcul coréen s'effondre de 32% pour ses débuts à Séoul, Schneider et STMicro chutent à Paris

Aujourd'hui à 12:08
La Bourse de Séoul a encore chuté

(BFM Bourse) - Elice Inc, un groupe opérant des modules de centre de données a sombré pour son premier jour de cotation, illustrant les doutes actuels des investisseurs sur les perspectives de l'intelligence artificielle. Ces inquiétudes se propagent quelque peu aux autres valeurs IA, Schneider Electric et Legrand accusant les plus fortes baisses du CAC 40.

Nouvelle journée calamiteuse pour les "valeurs IA". À la Bourse de Paris, les spécialistes des équipements électriques Schneider Electric et Legrand, dont la croissance a été portée par leurs produits à destinations des data centers (armoires racks, systèmes de refroidissements, onduleurs…), perdent respectivement 3,5% et 3,3% accusant les plus fors replis du CAC 40.

Les groupes de semi-conducteurs STMicroelectronics et Soitec, qui ont vu leurs cours de Bourse exploser grâce à leurs technologies destinées aux connexions des centres de données, abandonnent respectivement 3% et 5%.

La Bourse de Séoul, dont plus de la moitié de la capitalisation se concentre sur deux groupes de puces mémoire, à savoir Samsung Electronics (-3%) et SKHynix (-4,2%), a, elle, abandonné 3,7% ce mardi.

Le "trade IA" - c'est-à-dire le positionnement sur les actions portés par l'intelligence artificielle - a du plomb dans l'aile depuis plusieurs séances.

Les inquiétudes des investisseurs se cristallisent plus particulièrement sur un pan de valeurs IA appelées "neocloud".

Il s'agit d'entreprises spécialisées dans la location de puissance de calcul pour l'intelligence artificielle. Contrairement aux géants du cloud comme Amazon ou Microsoft, ces sociétés investissent massivement, souvent à crédit, dans des centres de données équipés de puissantes puces électroniques, avant de louer leurs capacités de calcul aux développeurs d'IA.

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Or, ces néoucloud ont recouru à l'endettement pour investir dans ces infrastructures. La récente remontée des taux d'intérêt les a grandement fragilisés. Le plus important d'entre eux, CoreWeave, a vu les rendements de ses obligations flamber sur le marché secondaire (celui où les investisseurs s'échangent la dette entre eux), autour de 15%, tandis que son action a plongé de 30% sur un mois.

Encore ce mardi, les craintes autour de l'intelligence artificielle sont alimentées par les difficultés d'un "neocloud" à savoir Elice Inc, un groupe coréen qui s'est introduit à la Bourse de Séoul ce même jour. Avec à la clef une lourde sanction boursière, le titre clôturant en baisse de plus de 32%.

Fondée en 2015 par trois étudiants dans le cadre de leur programme doctoral, Elice a développé une plateforme de centre de données modulaire avec des systèmes d'alimentation à haute densité et un refroidissement liquide avancé conçue pour des clusters de puces IA haute performance, explique Bloomberg.

Le groupe coréen a dégagé sur les six premiers mois de 2026 des revenus de 34,4 milliards de wons (23,1 millions d'euros) en hausse de 200% sur un an pour un bénéfice opérationnel de 10,3 milliards de wons.

Le plongeon boursier d'Elice "pèse également sur le moral des investisseurs, ce qui montre que la situation des entreprises du secteur du néocloud n'est pas encore tout à fait revenue à la normale", a déclaré à Bloomberg Kazuyuki Muramatsu de Nagomi Capital.

Une demande incertaine

Les néocloud restent des sociétés aux finances très fragiles. Les "neocloud appliquent un modèle économique à forte intensité capitalistique. L'entreprise met d'abord en place une infrastructure d'IA, puis cherche à rentabiliser ces investissements grâce à des contrats clients pluriannuels. Une grande partie de cette expansion est financée par l'endettement, notamment par des emprunts à taux variable. Si les coûts d'emprunt augmentent, l'impact des taux d'intérêt variables est immédiat", rappelle UBS.

Ce alors que l'essor de l'IA à coups de centaines de milliards de dollars fait face à des nombreux obstacles ainsi tandis que les perspectives de monétisation demeurent incertaines. Selon une étude de Bernstein citée par Franklin Templeton, seulement 35% des projets de centres de données annoncés aux États-Unis doivent être considérés comme crédibles.

"La hausse des taux d’intérêt et l’affaiblissement de la confiance des investisseurs compliquent le financement pour les développeurs d’infrastructures d’IA, tandis que les contraintes en matière d’électricité, les retards de construction et l’opposition (politique) locale constituent des obstacles supplémentaires", développe Franklin Templeton.

"Bien que cela ne signifie pas pour autant que le cycle d’investissement dans l’IA soit en train de s’inverser, cela introduit néanmoins un nouveau risque tant pour la croissance que pour les marchés financiers", ajoute-t-il.

"Un problème qui vient de sauter aux yeux du marché c'est que l'on a aucune idée de ce que seront les besoins de puissance de calcul de l'IA à l'avenir", a prévenu sur BFM Business, Christian Parisot, économiste et conseiller auprès d'Aurel BGC.

Ce dernier explique également que les innovations technologiques dans les puces mémoires se succèdent et s'accélèrent au point qu'il devient difficile de valoriser des groupes spécialisés dans ce domaine comme SK Hynix et Samsung Electronics.

Un distingo à effectuer

Une distiction importante mérite, toutefois, d'être opérée. La plupart des "hyperscalers" comme Microsoft ou Amazon affichent un endettement faible et ont ainsi les reins suffisamment solides traverser sans encombre cette période d'investissements incertains. Pas les néoclouds.

"Microsoft, Alphabet et Amazon peuvent financer leurs investissements grâce à des activités existantes extrêmement rentables, à d’importantes liquidités et à un accès privilégié aux marchés obligataires. CoreWeave doit, au contraire, financer une expansion industrielle très rapide avec des ressources financières beaucoup plus limitées. Le besoin de puissance informatique peut être identique, mais le risque financier supporté par les actionnaires et les créanciers ne l’est absolument pas", rappelle John Plassard de Cité Gestion.

"Les 'néoclouds' et les 'hyperscalers' ont des modèles de croissance très différents. Les néoclouds sont des fournisseurs d’infrastructures proposant un produit unique, axés sur l’IA et spécialisés dans la location de capacité de calcul GPU. Ils nécessitent donc généralement un investissement initial important avant que les revenus contractuels ne se traduisent par des flux de trésorerie", rappelle de son côté UBS.

De leur côté, les hyperscalers "font de plus en plus appel aux marchés de la dette pour financer le développement de leurs capacités d’IA, leurs plateformes cloud polyvalentes offrent une large gamme de services et des sources de revenus plus diversifiées", poursuit la banque suisse.

"Nous estimons que le coût de la dette des hyperscalers reste également gérable, entre 6,5 % et 7 %, d’autant plus que le rendement du capital investi dans leurs nouveaux centres de données est d’environ 25% ou plus", anticipe l'établissement helvétique.

UBS considère en conséquence que les pressions autour des néoclouds ne malmènent pas le cycle d'investissement dans l'IA.

"Les risques liés au financement et à la mise en œuvre s'accentuent, mais les derniers résultats du secteur des semi-conducteurs et les tarifs de location des GPU (les processeurs graphiques, NDLR) indiquent que la demande en puissance de calcul pour l'IA reste solide", rassure l'établissement suisse.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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