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Le CAC 40 (+0,20% à 8 211 points) n'aura grappillé qu'un tout petit peu de terrain, après l'enlèvement de Nicolas Maduro par les forces armées américaines. Un événement qui, s'il n'aura pas provoqué de flambée des cours du brut, montre une nouvelle facette de l'impérialisme trumpien. Tout sauf un hasard du calendrier, le Président américain a répété dans la foulée ses revendications territoriales sur le Groenland, territoire administré par le Danemark, dont il a "besoin", pour la "sécurité nationale" des Etats-Unis.
Les États-Unis ont en effet mené dans la nuit de vendredi à samedi une série d'attaques aériennes sur le Venezuela, capturé puis emmené en territoire américain le dirigeant Nicolas Maduro. Le dirigeant tyrannique était présenté lundi devant une juridiction américaine, en dehors de tout cadre juridique international.
"L’action militaire américaine de ce samedi n’est pas sans précédent, et il est peu probable qu’elle reflète un changement fondamental de la politique étrangère des États-Unis", jugent Stephen Dover, Directeur du Franklin Templeton Institute et Larry Hatheway, responsable des investissements du Franklin Templeton Institute.
"À elle seule, elle ne peut pas débloquer les vastes réserves de pétrole brut du Venezuela. Pour cela, une stabilité politique durable est nécessaire. En conséquence, la réaction initiale des marchés actions, obligataires et des matières premières à l’intervention militaire devrait être limitée. Cependant, cette démonstration de force renforcera, dans de nombreux pays, la perception de la nécessité d’accroître les dépenses de sécurité nationale."
Sur le front statistique, la semaine commençait tranquillement avec la publication d'un baromètre d'activité industrielle américain (PMI ISM) et les publications se densifieront progressivement avec de nombreux repères sur l'emploi, avec en point d'orgue statistique le rapport NFP (Non Farm Payrolls), pour le mois de décembre 2025.
"L'emploi américain pour décembre va être le principal point d'attention, alors que la Réserve Fédérale américaine (Fed) a signalé une approche prudente concernant la baisse des taux lors de sa dernière réunion", a commenté Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.
Pour rappel, le contenu du rapport de novembre a provoqué un soulagement, venant apaiser les craintes récentes. Si le taux de chômage progresse à 4,6% de la population active, les créations de postes dans le secteur privé s'avèrent rassurantes, à 64 000. Et surtout, la progression des salaires horaires reste très contenue, à +0,1%, en deçà du consensus. L'emploi américain ralentit, donc, mais sans brutalité.
"Même si des incertitudes subsistent sur l'ampleur des baisses à venir, il est probable que deux nouvelles baisses de taux pour un total de 50 points de base aient lieu au cours du premier semestre. Cela porterait le taux directeur entre 3,00% et 3,25%. C'est en ligne avec le consensus. L'évolution par la suite va dépendre, outre des habituelles statistiques économiques, de la capacité du remplaçant de J. Powell à prendre son envol par rapport à Donald Trump", a poursuivi le dirigeant en gestion d'actifs.
Côté valeurs, le secteur de la défense s'est distingué tout particulièrement, soutenu par la démonstration de force américaine au Venezuela et l'annonce de contrats. En Europe, les groupes d'outre-Rhin Rheinmetall - qui profite d'ailleurs d'une extension de contrat avec l'armée allemande - a gagné 9,2%, Hensoldt et Renk (+8%). À Paris, Thales a grimpé de 4,7% et Dassault Aviation de 4,41% tandis qu'Exail Technologies, qui a remporté un contrat majeur pour ses drones sous-marins, a flambé de 14,9%.
De l'autre côté de l'Atlantique, le Dow Jones, soutenu par Chevron (+5,10%), a gagné 1,23% tandis que le Nasdaq Composite grappillait 0,69%. Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a gagné 0,64% à 6 902 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1730$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 58,00$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 4,18%.
Le spread France / Allemagne, écart entre l'obligation souveraine française et son homologue référente allemande à 10 ans, vaut 71,10 points de base.
> Quant au VIX, il valait 14,90 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce mardi, à suivre en priorité les données finales des baromètres d'activité dans les services ISM à 10h00.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Avec 3 gaps de poursuite pour autant de séances, du 10 au 12 novembre, l'indice CAC a su amorcé une reprise "en V" sur sa moyenne mobile à 50 jours (en orange). Cette reprise a pour l'instant défini l'amplitude d'une nouvelle base de travail. Ce sont désormais les 8 260 points, testés 5 fois, qui sont sous pression. Dans l'immédiat, la base de travail reste celle des 8 000 / 8 260 points, théâtre d'une probable accumulation d'énergie.
Mais le support intermédiaire des 8 000 points est désormais lourdement fragilisé, notamment en raison du gap du 18 novembre. D'autant que la bougie d'école en englobante baissière sur NVidia le 20 novembre à elle seule a un effet sur le moral du marché dans son ensemble. La réaction de l'indice après le comblement complet du gap précité envoie un signal peu engageant, à court terme en tous cas.
Dans l'immédiat, l'indice reste dans une zone de congestion, entre les 8000 points, et les récents sommets historiques à 8 314 points. Les 8 100 points ont constitué le barycentre des oscillations en encéphalogramme plat pour la fin de l'année 2025.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons identifiés, notre opinion est neutre sur l'indice CAC 40 à court terme.
On prendra soin de noter qu'un franchissement des 8260.00 points raviverait la tension à l'achat. Tandis qu'une rupture des 7940.00 points relancerait la pression vendeuse.
Le conseil BFM Bourse
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