(BFM Bourse) - Si la hausse des taux de la BCE n'a pas surpris par son ampleur (+50 pdb hier à l'issue du Conseil des Gouverneurs), la tonalité du discours et la révision des prévisions économiques, notamment en matière d'inflation, a jeté un froid sur les marchés, faisant perdre pied au DAX et au CAC 40 (-3,09% à 6 522 points), lesté par les valeurs de croissance, sur le luxe ou la technologie. STMicroelectronics a plongé de 4,88% à 35,41 euros, Hermès de 5,01% à 1 499 euros, Kering de 5,57% à 495 euros, et Wordline de 6,77% à 38,14 euros.
La pente haussière du loyer de la monnaie unique devrait se poursuivre lors des prochains moins. Balayée donc, l'idée d'une pause dans l'ascension, pour la puissante Institution de Francfort, qui comme le souligne Wilfrid Galand, Directeur Stratégiste chez Montpensier Finance, "à la différence de son homologue américaine, [...] a la garde d'une Union Monétaire de pays souverains et dont les caractéristiques financières sont de plus en plus divergentes."
"La BCE indique ainsi que son principal outil de pilotage des conditions monétaires et financières dans la zone euro va changer : l’accent sera mis dès l’année prochaine sur les retraits de liquidité via la réduction significative de la taille de son bilan au rythme de15 mds par mois", note Etienne de Marsac, Responsable de la Gestion chez Sunny AM. "Le programme de « Quantitative Tightening » est enfin lancé en zone euro, et les marchés financiers européens entrent en terre inconnue…"
La BCE a révisé ses projections économiques, notamment en termes d’inflation, tablant sur un taux pour la zone euro de 8,4% en 2022, 6,3% en 2023 puis 3,4% en 2024 et enfin 2,3% en 2025.
Au chapitre statistique, les opérateurs ont dû composer avec des indicateurs macroéconomiques américains majeurs montrant, dans l'ensemble, des signaux négatifs (ventes au détail, Philly Fed, Empire State Index), dans un marché de l'emploi dont les signes de tensions persistent (inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage).
De l'autre côté de l'Atlantique, les dégagements ont été copieux également le Dow Jones perdant 2,25% à 33 202 points et le Nasdaq Composite de 3,23% à 10 810 points. Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, s'est contracté de 2,49% à 3 895 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,0650$. Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 76.60$.
A suivre en priorité à l'agenda macroéconomique ce vendredi, une batterie d'indicateurs d'activité en 1ères estimations pour le mois en cours (PMI). La composante allemande sera publié à 09h30, la française un peu plus tôt à 09h15.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
L'indice tricolore a tracé en une séance l'intégralité de l'amplitude de la figure de consolidation au-dessus des 6 550 points, dont l'intégrité a été menacée. La clôture jeudi s'est faite très proche des points bas de séance, et la puissance des volumes est venu apporter du crédit à l'option d'une rupture, à terme de ce seuil.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 6740.00 points.
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