(BFM Bourse) - L'indice parisien évolue proche de l'équilibre dans l'après-midi de ce mardi 24 février, alors que les craintes sur les disruptions causées par l'IA ont été ravivées par une fiction publiée par un petit cabinet de recherche.
L'intelligence artificielle demeure un grand facteur de stress du marché. Si Wall Street plie, le CAC 40 reste, lui, à peine éclaboussé.
L'indice phare de la Bourse de Paris recule de 0,05% à 8.493,08 points ce mardi 24 février.
La veille, Wall Street a tangué, le S&P 500 perdant 1% et le Nasdaq Composite 1,1%.
Plusieurs valeurs technologiques ont été plombées à New York par un post sur substack publiée par le cabinet d'analyse financière Citrini Research. Cette note ne constitue pas une prévision mais plutôt une sorte d'essai futuriste qui imagine l'économie en 2028 à l'heure où l'intelligence artificielle s'est fortement développée.
Le cabinet évoque une économie américaine où le chômage dépasse 10% et où le S&P 500 chute de plus de 38% par rapport à ses sommets historiques qui auraient été atteints en octobre 2026. La faute à l'IA qui a certes amélioré la productivité mais au prix de lourdes destructions de postes chez les cols blancs.
"PIB fantôme"
"Lorsque des fissures ont commencé à apparaître dans l'économie de consommation, les experts économiques ont popularisé l'expression 'PIB fantôme' : une production qui apparaît dans les comptes nationaux mais qui ne circule jamais dans l'économie réelle", peut-on lire dans ce post.
Plusieurs sociétés, notamment de logiciels, citées dans cette prédiction ont souffert. Pourtant, Citrini Research explique que sa note a davantage valeur de mise en garde que de prophétie.
"La note m'avait été transmise une dizaine de fois à la fin de la semaine dernière et était omniprésente sur mes réseaux sociaux. J'ai donc été surpris de la voir citée comme catalyseur de la soudaine vague de ventes qui a déferlé sur (la Bourse de) Londres en milieu d'après-midi", a constaté de son côté Jim Reid, stratégiste chez Deutsche Bank.
"L'argument (de la note Substack) repose davantage sur le récit et l'émotion que sur des preuves tangibles", ajoute-t-il encore.
"La note substack n'a fait que réaffirmer ce que tout le monde sait déjà, mais préfère oublier pendant les rallyes boursiers : l'intelligence artificielle n'est pas seulement un facteur d'amélioration des marges pour les mégacaps, c'est un facteur de compression des marges pour tous ceux qui se trouvent directement sur la voie de l'automatisation", estime pour sa part Stephen Innes de Spi AM.
À la Bourse de Paris, quelques valeurs identifiées comme des "perdantes de l'IA" sont en baisse mais pas très prononcées. Sopra Steria recule de 2,7% et Capgemini abandonne 2,4%.
Forvia reprend 5,7% après avoir publié une génération de trésorerie supérieure aux attentes au titre de 2025 et annoncé la cession de sa division d'équipements intérieurs.
Edenred prend 3,7% alors que le groupe a livré des résultats annuels supérieurs aux attentes.
Sur les autres marchés, l'euro est stable face au dollar à 1,1780 dollar. Le pétrole avance. Le contrat d'avril sur le Brent de mer du Nord avance de 0,5% à 71,46 dollars le baril tandis que celui de même échéance sur le WTI s'adjuge 0,7% à 66,75 dollars le baril.
