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Cac 40 : La déroute électorale de Trump et des républicains aux États-Unis rend la Bourse de Paris euphorique, le CAC 40 bondit de près de 2%

Aujourd'hui à 17:43
Le CAC 40 bondit ce mercredi soir après la victoire démocrate

(BFM Bourse) - Le marché parisien a gagné près de 2% mercredi 4 novembre. Les investisseurs évaluent les conséquences économiques et financières de la large victoire des démocrates aux élections américaines de mi-mandat.

La Bourse de Paris a accueilli avec enthousiasme le sévère revers électoral subi par Donald Trump. À l’issue des élections de mi-mandat, les démocrates ont repris le contrôle des deux chambres du Congrès américain (la Chambre des représentants et le Sénat) dont la nouvelle composition entrera en fonction le 3 janvier prochain. À la clôture, l’indice CAC 40 a progressé de 1,96%, à 8.177,89 points.

"L’une des surprises de ces élections de mi-mandat américaines tient peut-être à la réaction de Donald Trump. Le président a en effet félicité les démocrates, déclarant qu’ils avaient fait du "bon travail". La victoire démocrate à la Chambre des représentants était largement anticipée ; le contrôle du Sénat restait plus incertain. C’est surtout l’ampleur de leurs succès, jusque dans des bastions républicains, qui marque ce scrutin", décrypte Olivier Malteste, directeur des investissements chez Yomoni.

"Les élections de mi-mandat ont débouché sur une vague démocrate plus forte que ce que les marchés anticipaient, et bien plus large qu’une sanction classique de mi-mandat. Les démocrates ont remporté environ 255 à 258 sièges à la Chambre et près de 55 sièges au Sénat, selon l’issue des scrutins restants, avec des victoires notables dans des bastions républicains tels que le Texas, le Kansas et la Caroline du Sud. Le Texas a élu son premier sénateur démocrate depuis 38 ans et son premier gouverneur démocrate depuis 36 ans, tandis que le Kansas a élu son premier sénateur démocrate depuis 94 ans. Ce résultat rappelle les grandes vagues de mi-mandat, en particulier celle de 2006, lorsque les démocrates avaient conquis les deux chambres au cours du second mandat de George W. Bush, détaille Jack Janasiewicz, Portfolio Manager & Strategist chez Natixis IM.

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La baisse des taux soutient l’appétit pour le risque

L'appétit pour le risque est alimenté par la chute des taux obligataires. Le rendement de l'obligation française à 10 ans recule à 4,827% tandis que celui des États-Unis se détend à 4,911%.

Ce repli s’explique par l’anticipation d’un blocage politique accru à Washington, susceptible de limiter l’adoption de nouvelles dépenses budgétaires d’ampleur.

"La question sera de savoir si cette nouvelle configuration débouchera sur une paralysie politique ou sur des compromis en matière de dépenses publiques et de politique économique. Un gouvernement divisé peut également constituer un facteur positif pour les marchés, en limitant les grandes surprises législatives et en favorisant la recherche de compromis", explique Andrew Lake, de Mirabaud Asset Management.

"Pour les obligations du Trésor américain, deux forces contradictoires sont à l’œuvre : d’un côté, une plus grande discipline budgétaire pourrait favoriser une baisse des rendements, de l’autre, les blocages politiques pourraient accroître l’incertitude budgétaire et exercer une pression à la hausse sur les taux", ajoute-t-il.

"S’il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives de ces premiers mouvements, les investisseurs semblent se concentrer sur ce qu’un raz-de-marée Démocrate pourrait signifier pour la politique, notamment des contraintes accrues sur les dépenses de défense et un risque réduit de négociations controversées sur le plafond de la dette", estime de son côté Michael Krautzberger, d'AllianzGI.

Des interrogations autour de l’intelligence artificielle

La victoire des démocrates au Congrès, ainsi que celle de Gina Hinojosa, élue gouverneure du Texas, État qui concentre un tiers des capacités des centres de données aux États-Unis, fait également craindre des répercussions négatives pour l'IA en Bourse.

"Il est indéniable que la prise de contrôle du Sénat par les démocrates, en particulier, va créer des obstacles majeurs à l’adoption de lois sur l’IA et les technologies à Washington au cours des deux prochaines années. Même si Trump opposera probablement son veto à toute loi draconienne en matière de sécurité ou de réglementation de l’IA, cela obligera le secteur technologique (les directeurs généraux des géants de la tech) à s’asseoir à la table des négociations pour tenter de trouver des compromis sur les projets de loi du Congrès relatifs à l’IA", redoute Dan Ives de Yorkville Ives.

"Les investisseurs espèrent en effet que le discours anti-IA n’était qu’une posture de campagne électorale et que les Démocrates se montreront plus pragmatiques une fois au pouvoir. Le programme de la nouvelle gouverneure du Texas n’est d’ailleurs pas favorable à un blocage total de la construction de data centers mais plutôt à la mise en place de règles garantissant les droits et limitant le surcoût pour les ménages", explique Nabil Milali, de Rotschild AM.

Par ailleurs, si Donald Trump voit ses pouvoirs être limités, ses marges de manœuvre restent conséquentes.

"Le président américain conserve un droit de veto qui devrait barrer la route à tout texte législatif avec lequel il serait en désaccord. Certes, Donald Trump a indiqué ces dernières heures sa volonté de collaborer avec les Démocrates mais la réalité politique et la pression que ne manquera pas d’exercer son parti devraient le dissuader d’accorder des victoires d’ampleur à ses adversaires politiques avant l’élection présidentielle de 2028", poursuit Nabil Milali.

"La situation actuelle devrait donc déboucher sur une impasse institutionnelle sans avancée majeure sur le plan fiscal, ce qui est de nature à limiter le creusement du déficit budgétaire et donc atténuer un des facteurs qui exercent des pressions haussières sur les taux souverains américains", ajoute-t-il.

"Les politiques douanières, d’immigration et réglementaires resteront largement sous l’impulsion de l’exécutif", tranche de son côté Allianz Trade.

Les banques se distinguent

La baisse des rendements obligataires provoque une chute du dollar. L'euro gagne ainsi 0,3% face au billet vert, à 1,1223 dollar.

Le pétrole chute. Le contrat de janvier sur le Brent de mer du Nord abandonne 5,9% à 97,49 dollars le baril tandis que celui de décembre sur le WTI lâche 5,2% à 91,08 dollars le baril.

Du côté des valeurs, nombre de titres évoluent en hausse en réaction à la victoire démocrate. Mais un secteur se distingue : les banques. À Paris, BNP Paribas 4,7% et Société Générale a pris 3,8%. Un analyste estime que la victoire des démocrates peut amener le marché à espérer un environnement moins inflationniste et donc plus porteur pour les banques.

Sur le front des publications, M6 a bondi de 12,1% après avoir publié une activité supérieure aux attentes au troisième trimestre.

Viridien contient son avance à 3,4% à la clôture du marché parisien. Le groupe parapétrolier a confirmé son objectif de génération de trésorerie pour 2026 après avoir publié des résultats trimestriels globalement conformes aux attentes et un cash-flow net supérieur aux prévisions.

Sabrina Sadgui - ©2026 BFM Bourse
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