(BFM Bourse) - Tout le secteur entier grimpe en Bourse, ce mercredi 4 novembre, alors que la victoire des démocrates laisse espérer un environnement moins inflationniste qui soutiendrait la conjoncture et donc le crédit.
La "vague bleue" n'effraie pas les marchés, bien au contraire. Ce mardi 4 novembre, le CAC 40 grimpe de 1,6% tandis que le S&P 500 à Wall Street est attendu en hausse de 0,9%, après que les démocrates ont signé une large victoire des élections de mi-mandat.
Le camp démocrate a repris les deux chambres du Congrès, le Sénat comme la Chambre des représentants. À compter du 3 janvier, le Grand Old Party, c'est-à-dire les républicains, aura perdu la majorité et les pouvoirs de Donald Trump seront réduits.
Cette cohabitation entre pouvoir exécutif républicain et pouvoir législatif démocrate laisse espérer aux investisseurs une plus forte discipline budgétaire via des blocages politiques. Ce qui tire vers le bas les rendements obligataires et propulse les marchés actions.
"S’il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives de ces premiers mouvements, les investisseurs semblent se concentrer sur ce qu’un raz-de-marée démocrate pourrait signifier pour la politique, notamment des contraintes accrues sur les dépenses de défense et un risque réduit de négociations controversées sur le plafond de la dette", estime de son côté Michael Krautzberger, d'AllianzGI.
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Carton des banques
Du côté des valeurs, nombre de titres évoluent en hausse en réaction à la victoire démocrate. Mais un secteur se distingue : les banques européennes.
À Paris, BNP Paribas prend 5,1%, Société Générale 4,8% et Crédit Agricole SA avance de 3,6%. À Londres, HSBC gagne 4,7% tandis qu'à Madrid, Santander avance de 5,5% et qu'à Francfort, Deutsche Bank prend 5,9%.
"Clairement la hausse du secteur vient des 'midterms' (élections de mi-mandat, NDL), peut-être parce que le maché s'attend à un changement sur la question des droits de douane américains", suppute un analyste.
"Je pense plutôt qu'il s'agit d'une question de changement de point de vue sur l'inflation. La victoire des démocrates laisse espérer de moindres pressions inflationnistes et donc un environnement stagflationniste (une croissance anémique couplée à une inflation galopante, NDLR) moins pénalisant pour les sociétés, la consommation et donc le crédit par les banques", poursuit-il.
"Les investisseurs ont réduit leur exposition au risque sur les actions des banques avant les élections de mi-mandat, malgré des fondamentaux solides. Les incertitudes ayant désormais disparu, nous assistons aujourd’hui à un fort rebond de soulagement", a déclaré à Bloomberg Ulrich Urbahn, responsable de la stratégie et de la recherche multi-actifs chez Berenberg. "Il s’agit d’un épisode typique où on vend la rumeur pour acheter la nouvelle", ajoute-t-il.
Également interrogé par l'agence de presse américaine, Geoff Yu, stratégiste chez BNY, estime que la baisse des rendements obligataires peut également soutenir le compartiment.
"De manière générale, on considère que si les conditions financières deviennent moins restrictives et que la croissance se généralise, cela est favorable au secteur financier", juge-t-il.
Par ailleurs, le "spread", c'est-à-dire l'écart des taux des obligations à 10 ans entre la France et l'Allemagne, se contracte nettement, de quatre points de pourcentage, ce qui peut soutenir les banques françaises. L'analyste précédemment cité considère que cela peut expliquer une partie de la surperformance des banques françaises.
Le spread en question
Les établissements tricolores ont, en effet, été pénalisés par le creusement de ce "spread" ces derniers mois, lui-même causé par les incertitudes politiques et budgétaires.
"Même si les banques françaises abordent cette nouvelle crise politique dans une position bien plus solide qu’en juin 2024, avec des bilans plus robustes et une rentabilité accrue, elles restent sensibles à la santé financière de leur souverain en difficulté, à savoir le gouvernement français", tranche le bureau d'études indépendant Alphavalue.
Lors de la dernière saison des résultats, les banques françaises ont été plombées par ce climat d'incertitudes malgré des comptes plutôt satisfaisants.
"D'abord la saison des résultats est difficile chez les banques européennes en général, avec des déceptions en Espagne", expliquait un analyste.
"Surtout il y a le risque pays de la France qui pèse et il est difficile pour les investisseurs mondiaux de revenir sur des actions françaises avec l'élargissement du spread (l'écart de rendement entre les titres de dette à 10 ans de l'Allemagne et de la France, NDLR) et les manifestations", ajoutait-il.
"C'est un malentendu car les expositions des banques françaises à la dette souveraine française sont faibles", concluait cet expert.
Les banques se sont d'ailleurs attachées à relativiser leur exposition à la dette souveraine tricolore.
BNP Paribas expliquait que dans son bilan d'environ 3.000 milliards d'euros, les obligations de dette souveraines françaises ne représentent que 19 milliards d'euros dont seulement 3 milliards d'euros sont comptabilisés en valeur de marché et sont donc susceptibles d'entraîner des pertes avec des variations de taux.
BNP Paribas indiquait aussi qu'un élargissement du "spread" entre l'Allemagne et la France à 10 ans de 50 points de base (0,5 point de pourcentage) ne réduit son ratio CET 1 que de deux points de base, soit une sensibilité faible.
Pour Société Générale, cette exposition à la dette souveraine se chiffre à 7,2 milliards d'euros d'obligations assimilables du Trésor (OAT), sachant que son bilan total s'élève autour de 1.500 milliards d'euros. De plus sur ces 7,2 milliards d'euros d'OAT, seulement 5% sont valorisés aux prix de marché et sont donc susceptibles de générer des pertes comptables si les rendements obligataires montent.
Par ailleurs, la banque explique qu'une hausse sensible du "spread" de 100 points de base (1 point de pourcentage) ne diminue son ratio CET 1 que d'un seul point de base.
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