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SOCIETE GENERALE

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Societe generale : «Il y a un 'côté panique'»… Stellantis, Carrefour, URW, Société Générale, Airbus, LVMH, ces actions dans le viseur de la Bourse après le week-end de violences en France

Aujourd'hui à 13:04
Les banques chutent

(BFM Bourse) - Plusieurs actions de différents secteurs se retrouvent sous pression après les violences survenues lors de ce week-end.

Grandement à la traîne des autres places mondiales, la Bourse de Paris n'avait vraiment pas besoin de cela. Son indice phare, le CAC 40, abandonne 1,4% ce lundi, à 7.847,26 points, lesté par les violences survenues durant ce week-end, notamment durant le samedi 17 octobre.

Environ 3.000 commerces ont été touchés, selon le ministre du Commerce et des PME, Serge Papin, et les scènes de pillage et de vitrines brisées ont inondé les réseaux sociaux et les télévisions du monde entier.

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Ce qui pousse les investisseurs à se délester encore davantage des actifs (actions et obligations) tricolores. "Toutes les actions liées au risque français se font taper dessus", résume un analyste. Ce alors que ces mêmes actifs pâtissent depuis plusieurs semaines des incertitudes autour du projet de loi de finances pour 2027 et des élections de l'an prochain (législatives et présidentielle).

La dette tricolore se retrouve sous tension. L'écart ("spread") entre le taux du titre de la dette française à 10 ans et celui de même maturité de l'Allemagne, thermomètre du stress de marché, se tend de 0,07 point de pourcentage à 1,44 point de pourcentage.

"Avec la France déjà confrontée à un contexte budgétaire difficile et l'élection de 2027 qui approche, le week-end ajoute une couche supplémentaire de risque politique pour les marchés", commente Deutsche Bank.

Du coté des valeurs plusieurs titres et secteur se retrouvent sous pression. Tour d'horizon.

L'automobile en queue de peloton, l'aéronautique souffre

Stellantis accuse la plus forte baisse du CAC 40 (-4,5%), tandis que Renault abandonne (1,3%). Le fabricant de pneumatiques Michelin est également mal orienté (-2,7%).

"Il n'y a pas à chercher loin. Les évènements de ce week-end font peur et cela détruit l'image de confiance sur le budget de la France avec des craintes de répercussion sur la demande automobile. Les gens s'inquiètent", explique un analyte.

Les groupes de défense et d'aéronautique Thales (-2,3%) et Airbus (-2,9%) souffrent également.

"Thales est plus particulièrement pénalisé par les tensions sur la dette française et le risque sur le budget français et donc par ricochet sur le budget de la défense. Pour Airbus, le marché peut craindre à tort ou à raison que les tensions sociales pénalisent la production et les livraisons d'avions civils", développe un analyste du secteur.

Par ailleurs, la fin de semaine dernière avait été bonne pour les groupes de défense, donc il peut y avoir des prises de bénéfices. Plus largement, il y a un côté panique sur les valeurs françaises", complète-t-il.

> Le luxe et le tourisme face aux craintes sur le tourisme

Sur le compartiment du luxe, LVMH perd 2,3% et Kering 1,6%, alors que les investisseurs s'inquiètent de moindres flux touristiques en France. Pour ces mêmes raisons, le groupe hôtelier Accor abandonne 3,5%.

"Ce qui s'est passé ce week-end n'est pas anecdotique pour le secteur du luxe. Il y a évidemment un impact direct avec les magasins saccagés et les répercussions sur le trafic en boutique", souligne Charles-Louis Scotti, responsable de la recherche actions luxe chez Kepler Cheuvreux.

"Mais l'impact le plus important reste indirect : quand les touristes voient les images de ce week-end, cela les décourage de venir en France. Si les violences se limitent à un week-end, les répercussions resteront gérables. Mais si elles s'installent dans le temps, cela risque d'être beaucoup plus problématique et de peser sur les ventes des touristes réalisées en France en fin d'année, qui est une période importante", ajoute l'analyste.

L'expert rappelle que la France représente entre 6% et 8% du chiffre d'affaires des groupes de luxe dont environ la moitié correspond aux achats des touristes.

"Par ailleurs, Paris est dans le top 7 des villes en termes de contribution aux ventes de luxe dans le monde, et 60% des revenus du secteur en France sont réalisés dans la capitale", complète-t-il.

"Le secteur souffrait déjà depuis 2025 de la faiblesse du tourisme chinois, puis, cette année, de celui lié à la clientèle du Moyen-Orient. Il ne faudrait pas que le tourisme intra-européen ou américain souffre à son tour", conclut Charles-Louis Scotti.

> Carrefour en première ligne

L'action Carrefour perd 2,05% après avoir perdu jusqu'à 3,2% en début de matinée. Le PDG du groupe, Alexandre Bompard, a déclaré dimanche sur BFMTV que les dégâts pour son groupe se chiffraient en "dizaine de millions d'euros" sans en dire davantage.

"La question du côté des investisseurs est 'cela est significatif mais qu'est-ce que cela recoupe?' car cela peut recouvrir beaucoup de choses différentes comme des matériaux détruits, des investissements pour reconstruire, des ventes perdues. Par ailleurs, une majorité écrasante des magasins de proximité, ceux touchés par les émeutes, sont gérés en franchise. Donc le coût n'est pas forcément supporté par Carrefour directement même s'ils doivent bien à un moment soutenir leurs franchisés", explique un analyste.

"Toutefois, leur part de marché en région parisienne est très élevée, aux côtés de Casino, donc leurs magasins sont ciblés", complète-t-il.

"Nous pensons que les manifestations en France vont probablement peser à court terme sur le cours de l'action de Carrefour, avec 50 magasins visés par des émeutiers samedi (le groupe compte 6.600 magasins en France) et des coûts de réparation estimés à environ 10 millions d'euros", écrit pour sa part Citi. "Lors des périodes précédentes de manifestations en France, l'action Carrefour a sous-performé par rapport à ses homologues européens de la distribution de -1 % à -7%", ajoute la banque américaine.

> Les banques continuent de plonger

Premières victimes de l'ensemble des incertitudes entourant la France que ce soit au niveau politique ou budgétaire, les banques font encore grise mine. Société Générale perd 2,7%, BNP Paribas 2,4% et Crédit Agricole SA 2,3%.

Plusieurs spécialistes du secteur lient leur repli aux tensions sur les obligations françaises et au "spread" avec l'Allemagne qui pèsent sur la confiance des investisseurs à l'égard du secteur, ce que l'on appelle le "sentiment de marché".

"Pourtant le risque sur la dette souveraine française pour les banques française c'est pas grand-chose. Une banque comme BNP Paribas explique qu'un écart de 100 points de base (1 point de pourcentage) sur le spread a un impact de seulement quelques points de base sur son ratio CET 1 (un ratio de solvabilité très suivi par les investisseurs et qui se chiffre autour de 13% chez BNP, NDLR)", explique un analyste.

Mi-septembre, Barclays rapportait que Lars Marchenil, le directeur financier de la banque, assurait que les engagements de BNP Paribas sur la dette souveraine française représentait moins de 20 milliards d'euros quand le bilan de l'établissement dépasse 3.000 milliards d'euros. Selon des chiffres de la Banque de France cités par David Benamou, directeur des investissements chez Axiom AI, l'exposition totale des banques françaises à la dette des administrations publiques françaises s'élevait à 314 milliards d'euros en août 2026 alors que leurs bilans cumulaient 9.537 milliards d'euros, soit donc un peu plus de 3% du total.

UBS rapportait que, du point de vue des investisseurs, le calendrier politique en France crée une incertitude trop longue sur le secteur pour se positionner sur les banques tricolores. Ce alors que d'autres banques européennes bénéficient de l'actuelle remontée des taux d'intérêt.

Les exploitants de centres commerciaux, Vinci et Eiffage dans le dur

Autre secteur sous pression: les opérateurs de concessions autoroutières et groupes de BTP Vinci et Eiffage, qui abandonnent 2,1% et 2%.

Pour ces deux groupes, les autoroutes représentent le gros de la rentabilité. Pour Eiffage, les concessions (ultra-dominées par les autoroutes) constituent 66% du résultat opérationnel courant, tandis que chez Vinci, elles pèsent pour un peu moins de 35,4% du résultat brut d'exploitation.

Or, "ces activités se modélisent à partir les taux obligataires, donc la remontée des obligations françaises pèsent", explique un analyste. Par ailleurs, le Rassemblement national (RN) a par le passé déclaré vouloir renationaliser les sociétés concessionnaires d'autoroutes (SCA), même si le parti d'extrême-droite n'a plus évoqué cette mesure depuis un certain moment.

Un autre groupe de valeurs est dans le dur: les exploitants de centres commerciaux. Unibail-Rodamco-Westfield (URW) perd 1,9% mais a, durant la matinée, accusé le plus fort repli du CAC 40 avec une baisse de 3,3%, et Klépierre recule de 2%.

"Forcément, les exploitants de centres commerciaux sont sans surprise particulièrement exposés avec une présence physique et potentiellement des dégâts, les images du week-end ne sont pas porteuses", estime un spécialiste des foncières cotées. URW opère notamment le centre commercial des Halles à Paris, situé au beau milieu de Paris.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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