(BFM Bourse) - La banque de La Défense a publié des résultats supérieurs aux attentes avec pour seul véritable point noir la performance de sa filiale de leasing automobile Ayvens. Mais le "risque France" empêche le titre de trop réagir.
Après BNP Paribas la veille, Société Générale publie à son tour ses résultats. Comme sa consoeur, la banque de La Défense reçoit un accueil tiède de la part de la Bourse, malgré des résultats nettement supérieurs aux attentes.
L'action Société Générale prend 1,7% ce jeudi vers 13h30, évoluant dans un relatif anonymat (le CAC 40 prend 1% au même moment).
L'établissement rouge et noir a pourtant rendu une copie jugée bonne par les analytes.
Au troisième trimestre, Société Générale a généré un produit net bancaire (équivalent du chiffre d'affaires chez les banques) de 7,17 milliards d'euros en hausse de 8,4% en données comparables, et supérieur de 5% au consensus (la prévision moyenne des analystes) tandis que les frais de gestion se sont avérés supérieurs de 3% aux attentes, à 4,1 milliards d'euros.
Le résultat brut d'exploitation s'est établi à 3,08 milliards d'euros et le coût du risque (les provisions mis de côté par la banque pour faire face aux risques d'impayé) s'est établi à 1,9 milliard d'euros, 16% au-dessus des attentes.
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Les activités de marché et la banque de détail brillent
Par division, Société Générale a enregistré une solide performance dans ses activités de marché, et plus précisément dans les métiers actions, comme BNP Paribas.
Le produit net bancaire de la division "marché et services aux investisseurs", a ainsi bondi de 17% à 1,86 milliard d'euros, tirés par les métiers actions qui affichent des revenus de 1,2 milliard d'euros en hausse de 46% et supérieurs de 38% au consensus. "Ce trimestre a été soutenu par une très forte dynamique sur l’ensemble des activités et des régions", a commenté la banque.
Pour Jefferies, le point clef de la publication reste toutefois la performance de la banque de détail en France qui a été portée par des coûts serrés. Le bénéfice net de cette division a ainsi dépassé de 6% le consensus.
Les revenus nets d'intérêt (l'argent que dégage une banque sur les crédits diminué de la rémunération qu'elle verse sur certains dépôts et livrets comme le livret A) de la banque de détail en France ont progressé de 12,7% sur un an.
Boursobank montre par ailleurs ses muscles. La banque en ligne de Société Générale compte désormais 9,4 millions de clients et affiche sur le trimestre un bénéfice net de 101 millions d'euros, portant le bénéfice des neuf premiers mois de 2026 à 277 millions d'euros. L'objectif annuel de 300 millions d'euros apparaît, dans cette optique, prudent.
Le point noir de cette publication demeure le leasing automobile, comme chez BNP Paribas (avec Arval). Ayvens, la puissante division de financement des flottes automobiles du groupe, a vu ses revenus chuter de 12,2% au troisième trimestre en raison de la faiblesse du marché de l'occasion. En conséquence, le bénéfice de la division "mobilité et services financiers" s'est avéré inférieur de 15% au consensus.
Le ratio de solvabilité CET 1 (qui rapporte les capitaux propres à l'encours pondéré des risques), indicateur scruté du marché, s'est par ailleurs inscrit à 13,4% en ligne avec les attentes du marché.
De "bons résultats"
Le groupe a réitéré ses objectifs pour 2026, notamment une hausse de ses revenus de 2%, une baisse de ses frais de gestion de 4% et une rentabilité des fonds propres tangibles (ROTE, une mesure du bénéfice net rapporté aux capitaux) d'environ 11%.
Société Générale "a continué à mettre en œuvre son plan de réduction des coûts, ce qui, conjugué aux solides performances" des activités de marché "et à la croissance des revenus nets d'intérêt de la banque de détail en France (malgré une faible croissance des prêts), place désormais le groupe en bonne voie pour dépasser l'objectif de ROTE fixé pour 2026 (malgré des vents contraires persistants dans les services de mobilité)", explique Royal Bank of Canada.
UBS évoque "de bons résultats pour une action fortement décotée" avec "un bilan en matière d'exécution qui continue d'être soigné".
Pourtant, donc, l'action Société Générale ne flambe pas. "Normalement avec de tels résultats on devrait avoir une hausse de 4%-5%. Mais il y a deux choses: d'abord la saison des résultats est difficile chez les banques européennes en général, avec des déceptions en Espagne", explique un analyste.
"Surtout il y a le risque pays de la France qui pèse et il est difficile pour les investisseurs mondiaux de revenir sur des actions françaises avec l'élargissement du spread (l'écart de rendement entre les titres de dette à 10 ans de l'Allemagne et de la France, NDLR) et les manifestations", ajoute-t-il.
"C'est un malentendu car les expositions des banques françaises à la dette souveraine française sont faibles."
Sur ce point, Société Générale s'est, comme BNP Paribas, la veille, efforcé de minimiser son exposition à la France.
Le groupe a ainsi indiqué n'avoir dans ses comptes que 22 milliards d'euros de dette française liée au secteur public, dont seulement 7,2 milliards d'euros d'obligations assimilables du Trésor (OAT), sachant que son bilan total s'élève autour de 1.500 milliards d'euros.
De plus sur ces 7,2 milliards d'euros d'OAT, seulement 5% sont valorisés aux prix de marché et sont donc susceptibles de générer des pertes comptables si les rendements obligataires montent.
Par ailleurs, la banque explique qu'une hausse sensible du "spread" de 100 points de base (1 point de pourcentage) ne diminue son ratio CET 1 que d'un seul point de base. Cette sensibilité s'avère à peu près en ligne avec celle de BNP (4 points de base pour un écartement de 100 points de base).
Notons toutefois que Société Générale n'a, elle, pas communiqué son exposition en termes de revenus à la France, qui est évaluée autour de 45% par les analystes.
Pour revenir aux résultats de la banque, certains analystes mettent en question la soutenabilité de la performance du groupe. Barclays pose cette question, jugeant que la performance de la société est surtout due aux métiers actions.
"Les critiques porteront à nouveau sur la 'qualité' des résultats, le consensus étant probablement réticent à extrapoler (entièrement) les résultats supérieurs aux prévisions" de certaines divisions, comme celles des métiers actions, avance Citi.
KBW estime de son côté que la publication comporte du bon et du moins bon, ce qui au final s'équilibre.
"L'impact positif de la nouvelle méthode comptable de BoursoBank en matière d’acquisition de nouveaux clients reste flou et pourrait avoir embelli les résultats. La hausse des coûts est préoccupante, tandis que les déblocages de crédit s’inscrivent mal dans un contexte macroéconomique qui se détériore et qu’une composition moins favorable des dépôts pourrait freiner la croissance du revenu net d’intérêts", développe l'intermédiaire financier.
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