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BNP PARIBAS ACT.A

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Bnp paribas act.a : "Un manque d'enthousiasme"… Pourquoi, malgré des résultats supérieurs aux attentes et des rachats d'actions d'1,3 milliard d'euros, la copie de BNP Paribas n'emballe guère la Bourse

Aujourd'hui à 15:33
BNP laisse le marché de marbre

(BFM Bourse) - La banque de la rue d'Antin a publié des résultats globalement supérieurs aux attentes. Mais Arval, sa filiale spécialisée dans le leasing automobile, a souffert et l'horizon de la banque reste obstrué.

Comme souvent, BNP Paribas est la première des trois banques françaises cotées à rendre sa copie en cette saison des résultats. Ces publications surviennent à un moment bien compliqué pour les établissements tricolores.

Leurs cours de Bourse ont plié sous le poids du risque politique en France, de la remontée des rendements obligataires de la dette tricolore et de l'écartement du "spread" (l'écart de taux à 10 ans entre le titre de dette français et celui de l'Allemagne).

"Même si les banques françaises abordent cette nouvelle crise politique dans une position bien plus solide qu’en juin 2024, avec des bilans plus robustes et une rentabilité accrue, elles restent sensibles à la santé financière de leur souverain en difficulté, à savoir le gouvernement français", tranche le bureau d'études indépendant Alphavalue.

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Un bénéfice net un peu gonflé

"Alors que les marchés craignent que l'incertitude politique ne pèse sur la demande de crédit et l'activité économique, les investisseurs doivent garder à l'esprit que la France représente moins de 50% du revenu 2025 des banques françaises cotées en bourse, dont les résultats sont par ailleurs bien diversifiés par secteur d'activité", écrit pour sa part Jefferies.

BNP Paribas n'a pas fait figure d'exception chez les banques françaises. L'action de la banque de la rue d'Antin chute ainsi de 13% sur un mois, soit nettement plus que le CAC 40 sur la même période (-2,2%).

Les résultats du troisième trimestre publiés ce mercredi ne changeront pas la donne. Le groupe a dévoilé des comptes globalement supérieurs aux attentes, portés par sa banque de financement et d'investissement (BFI). Mais le titre réagit peu (-0,3% en milieu d'après-midi ce mercredi). La faute à l'incertitude politique évoquée précédemment ainsi qu'à queques anicroches dans le détail des résultats.

Sur la période allant de juillet à fin septembre, BNP Paribas a généré un produit net bancaire (équivalent du chiffre d'affaires chez les banques) de 13,76 milliards d'euros, en hausse de 9,5% sur un an et dépassant de 2% le consensus (la prévision moyenne des analystes). Les frais de gestion se sont avérés en ligne avec les attentes, à 8 milliards d'euros.

Le résultat brut d'exploitation a dépassé les attentes de 3% et le bénéfice net s'est inscrit à 3,46 milliards d'euros, soit 6% de plus que le consensus.

"BNP Paribas a publié de solides résultats pour le troisième trimestre 2026", considère Bank of America.

Ce n'est pas forcément l'avis de Barclays. Dans une note intitulée "manque d'enthousiasme", l'établissement britannique fait valoir que le bénéfice net est gonflé par une plus-value de 81 millions d'euros liée à une cession de sa filiale d'assurance belge Ageas ainsi que par des coûts de restructurations inférieurs aux attentes de 114 millions d'euros. Autrement dit, la performance du groupe bancaire est un tantinet trompeuse.

La pérennité de la performance des métiers actions en question

"Par ailleurs, ce résultat supérieur aux prévisions s'explique principalement par le pôle 'Equities & Prime', comme cela avait déjà été largement télégraphié", signale encore Barclays.

Ce pôle recouvre les métiers de marchés actions (recherche financière, dérivés actions, opérations d'actions au comptant) et les services aux institutionnels (compensation, conservation, prêt de titres).

Au troisième trimestre, ses revenus ont bondi de 50% à 1,46 milliard d'euros, dépassant de 27% le consensus. Cette performance a permis à la BFI d'afficher un bénéfice avant impôts de 2,25 milliards d'euros, 9% supérieur aux attentes.

"La BFI a été la principale source de bonne surprise", écrit Jefferies.

A contrario, la division "CPBS (commercial, personal banking and services") qui rassemble la banque de détail en France et à l'étranger ainsi que les services financiers spécialisés (crédit à la consommation, leasing automobile) a vu son bénéfice avant impôts manquer le consensus de 9%.

Dans la banque de détail, tous les pays principaux (France, Italie, Belgique, Luxembourg) ont déçu. À noter qu'en France, les revenus nets d'intérêt, c'est-à-dire l'argent que la banque a dégagé sur ses crédits diminués de la rémunération de certains dépôts comme le livret A, ont progressé de 13,5% sur un an.

Le gros raté vient surtout d'Arval, la filiale de BNP spécialisée dans le financement longue durée des flottes automobiles, dont les revenus et le bénéfice avant impôt ont été inférieurs de respectivement 23% et 92% aux attentes.

"La tendance sous-jacente du chiffre d'affaires d'Arval est assez décevante, la hausse des prix des véhicules d'occasion venant contrecarrer une croissance de 6% de la flotte", observe Jefferies.

"Nous nous attendons à ce que la pérennité des résultats du pôle 'actions' fasse l'objet de débats et à ce que les performances d'Arval au sein de CPBS suscitent une certaine déception", tranche, pour sa part, Citi à la lueur de ces résultats.

BNP Paribas a par ailleurs fait état d'un ratio CET 1 (un ratio de solvabilité qui rapporte les capitaux à l'encours pondéré des risques et reste très surveillé du marché) de 12,9% en ligne avec les attentes.

Une exposition à la France relativisée

Comme le remarque Royal Bank of Canada, BNP Paribas a pris soin, dans la présentation de ses résultats, de relativiser au maximum son exposition à la dette française.

La banque explique que dans son bilan d'environ 3.000 milliards d'euros, les obligations de dette souveraines françaises ne représentent que 19 milliards d'euros dont seulement 3 milliards d'euros sont comptabilisés en valeur de marché et sont donc susceptibles d'entraîner des pertes avec des variations de taux.

BNP Paribas a également indiqué qu'un élargissement du "spread" entre l'Allemagne et la France à 10 ans de 50 points de base (0,5 point de pourcentage) ne réduit son ratio CET 1 que de deux points de base, soit une sensibilité faible.

Enfin, l'établissement avance que l'Hexagone ne représente que 10% de son bénéfice avant impôt (en 2025) contre encore 20% en 2026.

BNP Paribas a confirmé l'ensemble de ses objectifs pour cette année, avec un ratio CET 1 attendu à 13%, un retour des capitaux tangibles (une mesure du bénéfice rapporté aux fonds propres) de 12% et un coefficient d'exploitation (les coûts rapportés aux revenus) d'environ 60%.

Surtout, le groupe a annoncé qu'il lancerait le mois prochain un programme de rachats d'actions de 1,3 milliard d'euros en novembre. Jefferies qualifie cette annonce de "bienvenue" tandis que Royal Bank of Canada juge que ce programme suggère "de la confiance de BNP dans ses perspectives".

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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