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BNP PARIBAS ACT.A

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Bnp paribas act.a : Au pied du podium du palmarès du CAC 40 en 2026 (+27%), BNP Paribas va encore améliorer sa rentabilité en 2030 et rendre plus de cash à ses actionnaires

Aujourd'hui à 12:12
BNP Paribas monte en Bourse

(BFM Bourse) - À l'occasion d'une conférence organisée par Bank of America, la banque de la rue d'Antin a confirmé ses objectifs à l'horizon 2028 et a indiqué vouloir améliorer son ratio de rentabilité de capitaux propres tangibles en 2030, tout en précisant que le retour à l'actionnaire sera accéléré. Un nouveau plan stratégique sera dévoilé début 2027.

Pour le moment, le millésime boursier 2026 de BNP Paribas s'avère enviable. Le groupe de la rue d'Antin s'adjuge 26,87% depuis le 1er janvier, la meilleure performance parmi les banques du CAC 40, et la quatrième hausse plus forte hausse de l'ensemble de l'indice parisien, derrière STMicroelectronics (+107,3%), Arcelormittal (+63,62%) et Totalenergies (+40,98%).

La banque dirigée par Jean-Laurent Bonnafé surperforme par ailleurs l'indice paneuropéen sectoriel Stoxx Europe 600 Banks (+19,7%).

Pourtant, BNP Paribas n'apparaissait pas franchement comme une bonne pioche en Bourse, il y a encore quelques mois.

La banque française avait vu son horizon boursier être fortement assombri par le litige soudanais. Un jury populaire de New York avait condamné BNP Paribas à verser 20,75 millions à trois réfugiés jugeant la banque complice d'exactions au Soudan.

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Litige soudanais et dette souveraine française

La Bourse a paniqué, non pas en raison du verdict à proprement parler mais des estimations de plusieurs milliards de dollars (jusqu'à 10 milliards selon Bloomberg) du coût d'un potentiel accord transactionnel ("settlement") avec d'autres plaignants. Au-delà des trois personnes indemnisées, le nombre de réfugiés pouvant ester en justice a été estimé autour de 23.000 par les avocats des plaignants.

BNP Paribas a fermement contesté le jugement, le qualifiant de "manifestement erroné", et a décidé de faire appel. L'établissement n'a passé aucune provision sur ce dossier, assure que ses arguments sont soutenus par le gouvernement suisse (dont le droit régit l'affaire), le gouvernement américain et de nombreux juristes.

Encore fin août, la banque affirmait aborder avec confiance "la perspective de présenter sa position devant la Cour d'appel'".

En raison toutefois de l'incertitude provoquée par ce dossier, nombre d'analystes ont abaissé leurs recommandations et le cours de Bourse de la société a souffert. Au point que sa valorisation est, au début d'année, passée sous sa valeur comptable de ses fonds propres (ce qui n'est le cas de quasiment aucune banque cotée en Europe) et que le groupe était, selon les dires de JPMorgan en janvier, "la banque la moins chère d'Europe" en Bourse.

Par ailleurs, le risque politique reste un facteur de stress pour les banques françaises quand bien même leur exposition à la dette française reste limitée.

La semaine dernière Barclays rapportait que Lars Marchenil, le directeur financier de la banque, assurait que les engagements de BNP Paribas sur la dette souveraine français représentait moins de 20 milliards d'euros quand le bilan de l'établissement dépasse 3.000 milliards.

Revanche bourisère

Malgré ces obstacles, BNP Paribas a pris sa revanche boursière, grâce tout simplement à la force de ses fondamentaux. La banque a par exemple répondu aux craintes du marché qui la jugeait sous-capitalisé, en atteignant avec dix-huit mois d'avance son objectif de ration CET 1 (qui rapporté les fonds propres à l'encours pondéré des risques et reste un indicateur de référence dans le secteur bancaire) avec 18 mois d'avance, fin juin.

En juillet, Royal Bank of Canada écrivait que la banque "construit" son bilan et son argumentaire d'investissement auprès du marché, l'exécution devant achever de la solidifier.

"BNP a tenu ses engagements en matière d'amélioration du ratio CET 1. Son action a été récompensées pour cela", écrivait l'établissement canadien.

"À mesure que le poids du litige (soudanais, NDLR) s'allège et que BNP continue d'améliorer sa rentabilité grâce à une gestion rigoureuse des coûts et des capitaux, nous estimons qu'il existe du champ pour que le titre continue de s'apprécier", poursuivait Royal Bank of Canada.

La banque a d'ailleurs réussi son rendez-vous avec le marché, en juillet lors de la publication de ses derniers résultats trimestriels.

"BNP Paribas a enregistré de solides performances au deuxième trimestre 2026, ce qui renforce notre conviction quant à une trajectoire de rentabilité en amélioration", tranchait Bank of America.

"BNP Paribas a mis en place une banque universelle intégrée véritablement paneuropéenne, dotée d'un modèle évolutif qui se transforme en un moteur de croissance exponentielle", signalait encore la banque américaine.

Objectifs 2028 confirmés

La banque a donné, ce mercredi 23 septembre, quelques petites indications au marché sur la suite de sa feuille de route.

À l'occasion d'une conférence organisée par Bank of America, BNP Paribas a confirmé l'ensemble de ses objectifs pour 2028. L'établissement a déclaré, dans un communiqué, être en "bonne voie" pour atteindre sa cible d'une progression à deux chiffres du bénéfice par action par an de plus de 10% sur 2025-2028.

La banque confirme également vouloir atteindre un coefficient d'exploitation (qui rapporte les coûts aux revenus) de moins de 56% (contre environ 60% cette année) et un ratio ROTE, qui rapporte le bénéfice net aux fonds propres retraité de certains éléments et constitue le grand indicateur de rentabilité du secteur bancaire, de plus de 13% (contre 12% en 2026).

Surtout, dans sa présentation, la banque française a donné de tous petits indices à l'horizon 2030. Le groupe précise que son ROTE augmentera encore d'ici à cette date et que le coefficient d'exploitation diminuerait.

"Au-delà de 2028, BNP Paribas dispose d’ores et déjà de leviers pour poursuivre l'amélioration de sa profitabilité. En particulier, le plan de transformation des fonctions support du groupe permettra d'accélérer encore les gains d'efficacité grâce à la simplification de son architecture technologique, à l'industrialisation de ses processus et au déploiement à grande échelle de l'intelligence artificielle", explique la société.

"Le groupe anticipe que les gains d'efficacité soutiendront la croissance de ses résultats, renforceront sa génération de capital et permettront d'accroître le retour aux actionnaires", poursuit BNP Paribas.

L'entreprise annonce que son plan stratégique sera présenté le 2 février prochain.

À la Bourse de Paris, l'action BNP Pairbas prend 0,4% arpès la publication de ces informations.

Si BNP Paribas n'a donc donné aucune indication chiffrée au marché, Bank of America estimait en juillet que le group pourrait atteindre en 2030 un ROTE de plus de 15%, réduire son coefficient d'exploitation à moins de 52% et afficher une croissance de son bénéfice par action de 15% par an sur la période 2026-2030.

Royal Bank of Canada tale de son côté sur un ROTE d'environ 15% et sur un coefficient d'exploitation d'environ 50%.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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