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CAC 40

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Cac 40 : La Chine durcit le ton, Trump fulmine, et le CAC 40 clôture en pleine confusion

vendredi 23 août 2019 à 17h29
Le regain des tensions sino-américaines a précipité les indices en baisse

(BFM Bourse) - Eclipsant le discours de Jerome Powell à Jackson Hole, pourtant pressenti comme le point d'orgue de la semaine, le brusque regain de tensions sino-américaines avec de nouvelles taxes côté chinois et la multiplication des déclarations à l'emporte-pièce de Donald Trump ont pesé sur le moral des investisseurs vendredi, provoquant une rechute de 1,14% du marché parisien.

Alors que les opérateurs s'apprêtaient à prêter toute leur attention au discours très attendu du président de la Réserve fédérale américaine vendredi, dans le cadre du fameux symposium de Jackson Hole, la tendance légèrement positive sur le CAC 40 jusqu'en début d'après-midi s'est complètement inversée sous l'effet d'un durcissement inattendu de la position chinoise dans le conflit commercial qui oppose les deux premières puissances économiques de la planète. Le tout n'a pas manqué d'entraîner la fureur du président des Etats-Unis, qui en est à se demander qui de Jerome Powel (qu'il a nommé) ou de Xi Jinping (qu'il appelle parfois son "ami") est le plus grand adversaire de l'Amérique... L'indice phare du marché parisien a clôturé en recul de 1,14% à 5326,87 points, limitant à +0,49% sa performance sur la semaine.

Au cours de cette séance surréaliste, le baromètre du marché parisien qui évoluait en modeste progression jusque là a accusé le coup de la parution vers 14h00 d'un article de l'agence Bloomberg rapportant que la Chine allait mettre en place de nouvelles taxes douanières sur des produits américains. Vers 14h30, l'indice tricolore refluait de 0,59% à 5356,39 points.

Selon un communiqué du ministère chinois des Finances, la Chine a décidé d'augmenter dès septembre les droits de douane sur 5000 produits américains représentant l'équivalent de 75 milliards de dollars, et de réinstaurer une taxe de 25% sur les voitures importées des Etats-Unis à compter du 15 décembre.

Cette reprise des hostilités entre la Chine et les Etats-Unis a pris de court les investisseurs, qui avaient jusqu'ici les yeux rivés sur le symposium de Jackson Hole et le discours du président de la Réserve fédérale Jerome Powell, à partir de 16h00.

L'escalade des tensions menace l'économie mondiale, et la réélection de Trump

Pressé par une partie des acteurs de la finance et par le président des Etats-Unis lui-même d'ouvrir encore plus grand le robinet du crédit, le patron de la Réserve fédérale a exécuté un numéro d'équilibriste, en confirmant que la Fed était prête à agir le cas échéant, sans pour autant engager la banque centrale dans un cycle durable de baisse de taux. Aux yeux de Jerome Powell, que Trump avait préféré à une Janet Yellen nommée sous Obama, l’économie américaine est solide mais fait face à des risques significatifs. Par ailleurs, la Fed est prête à agir y compris pour prolonger un cycle d’expansion économique, mais la politique monétaire ne peut pas tout. En outre, l’institution doit s’efforcer de voir au-delà des phénomènes transitoires pour se focaliser sur ce qui pose un risque significatif à terme.

Difficile de tirer de ces remarques des conclusions quant à la trajectoire à venir des taux d'intérêts, ce qui n'a fait qu'accentuer l'agacement de Donald Trump. Alors qu'il appelait la Fed à enfin "montrer son bazar" (traduit par nous, en VO "Now the Fed can show their stuff!"), le président américain a regretté que la banque centrale n'ait "comme d'habitude, RIEN fait". "C'est incroyable qu'ils puissent "parler" sans savoir ou demander ce que je fais, ce qui sera bientôt annoncé. Nous avons un dollar très fort dollar et une Fed très faible. Je travaillerai "brillamment avec les deux, et les US iront très bien... Ma seule question est, qui est notre plus grand ennemi, Jay Powell ou le Président Xi?"

Pour mettre fin "au vastes montants d'argent faits et volés par la Chine aux Etats-Unis", "nos belles entreprises américains sont requises par la présente de commencer immédiatement à chercher des alternatives à la Chine, y compris en ramenant vos entreprises à la maison et en faisant vos produits aux Etats-Unis".

Outre-Atlantique, les principaux indices chutaient de de près de 2% à l'approche de la mi-séance US, même de 2,3% s'agissant du Nasdaq.

Plongeon du baril

Du côté des valeurs, comme à chaque fois qu'apparaissent des frictions entre les deux premières puissances économiques mondiales (toujours en quête depuis 2018 d'un éventuel accord), les secteurs de l'automobile et du luxe ont été fortement sanctionnés. Valeo a abandonné 3,8%, Faurecia 4% et Peugeot 1,8%. LVMH a de son côté cédé 1,55% et Kering 1,11%.

Les cours du baril ont également plongé dans la perspective de nouveaux freins au commerce mondial, ce qui risque de peser sur la demande d'or noir. Le baril de WTI flanchait de 3,25% à 55,55 dollars, tandis que le Brent reculait de 2,05% à 58,69 dollars. Un recul qui se répercute directement sur les valeurs du secteur à l'image de Vallourec (-4,3%) ou CGG (-3,8%), parmi les plus fortes baisses du SBF 120.

La biotech Adocia. a perdu 33%, la biotech lyonnaise devant renoncer à ses prétentions face à Lilly, un tribunal arbitral américain ayant rejeté ses demandes (mais aussi la contre-demande du groupe pharmaceutique US). Adocia demandait 1,3 milliard de dollars à la suite de l'abandon d'un partenariat de développement entre les deux sociétés...

L'euro retrouve la forme

Sur le marché des changes, l'euro profitait des pressions renaissantes sur le dollar, grimpant de 0,52% à 1,1139 dollar, un plus haut depuis une quinzaine de jours.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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