(BFM Bourse) - La banque a abaissé son conseil sur le groupe d'aéronautique, passant d'"acheter" à "conserver". Jefferies pointe un environnement plus défavorable sur les devises et s'inquiète des risques sur la montée en puissance de la production de la société.
L'optimisme sur Airbus - qui a tendance à prévaloir chez les analystes et les investisseurs - a du plomb dans l'aile depuis plusieurs séances.
Le 28 janvier dernier, l'action a perdu 2,2%, le titre réagissant à la conférence "pré-clôture" (c'est-à-dire avant la publication des résultats trimestriels) organisée par les relations investisseurs de la société.
Selon Royal Bank of Canada, l'avionneur a, lors de cette conférence, "adopté un ton prudent", évoquant notamment de moindres absorptions de coûts fixes ainsi que la constitution de stocks qui pèseront sur la génération de trésorerie.
La grande question reste toutefois de savoir quel objectif de livraisons d'avions donnera Airbus pour 2026, estime Bank of America. Le groupe dévoilera cette cible lors de la publication de ses résultats annuels, le 19 février prochain.
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Une cible de livraisons qui pourrait décevoir
Vendredi, Bloomberg a rapporté que la société n'avait toujours pas décidé de cette cible et ce, à moins de trois semaines de l'échéance.
La faute, selon des sources proches interrogées par l'agence, à des discussions qui traînent avec le motoriste Pratt Whitney (division de RTX) sur le nombre de moteurs qui sera fourni en 2026 et 2027.
Pratt & Whitney produit environ 40% des moteurs de la famille A320 neo, le blockbuster d'Airbus, le reste étant fourni par CFM International, coentreprise entre GE Aerospace et Safran.
Contactés par BFM Bourse, plusieurs porte-parole d'Airbus n'étaient pas disponibles dans l'immédiat pour apporter un commentaire.
Jefferies a, pour sa part, abandonné son conseil à l'achat sur Airbus dans une note publiée vendredi soir, passant à "conserver". L'intermédiaire financier a ajusté sa cible à 215 euros contre 230 euros.
À la Bourse de Paris, Airbus cède 0,02% en milieu d'après-midi.
L'intermédiaire financier voit les livraisons de moteurs à Airbus de CFM International et de RTX progresser de 11% en 2026 mais pas plus. "Nous sommes préoccupés par le fait que les livraisons de moteurs resteront un facteur limitant" de la production du groupe.
Pour cette raison, Jefferies explique que l'avionneur risque de formuler un objectif de livraisons d'avions décevant pour 2026, sous les 900 unités. La banque retient 880 avions comme potentielle cible.
L'intermédiaire financier pointe, plus largement, des "défis" sur la montée en cadence de la production du groupe et des risques d'exécutions.
Autre élément qui motive l'abaissement de recommandation de Jefferies: la faiblesse du dollar. L'intermédiaire financier intègre un impact de 450 millions d'euros d'effets de changes négatifs pour 2026 au niveau du résultat opérationnel ajusté du groupe.
Selon Jefferies, environ 75% des revenus de la société sont libellés en dollars, même si une très grande partie de ces revenus fait l'objet de couvertures de changes.
Airbus est, par exemple, exposé au risque de translation, c'est-à-dire que les revenus générés en dollars, une fois convertis en euros, sont plus bas.
Dans la même note, Jefferies a relevé sa recommandation à l'achat sur Thales. L'intermédiaire financier pense que la société devrait enregistrer une accélération de ses prises de commandes, notamment dans le spatial, ainsi qu'une reprise dans ses activités de cybersécurité. L'action Thales prend 0,5% vers 15h20.
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