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Safran, ADP, Orange, Adidas ou encore Volkswagen… Voici les actions à privilégier en Bourse pour les douze prochains mois, selon Deutsche Bank

Aujourd'hui à 07:00
Safran fait partie de la sélection de Deutsche Bank

(BFM Bourse) - La banque allemande affiche une sélection de 23 actions européennes sur lesquelles miser pour les douze mois à venir. Parmi celles-ci figurent quatre groupes français, notamment l'opérateur télécoms Orange et le groupe aéronautique Safran.

C'est évidemment la grande question que posent en permanence tous les investisseurs du plus grand gérant d'actifs à la veuve de Carpentras : sur quelles actions faut-il miser ?

Les grands bureaux d'études, chargés d'émettre des recommandations, mettent régulièrement à jour leurs sélections de titres à privilégier, appelées "top picks". Deutsche Bank a ainsi rafraîchi sa liste jeudi 1er octobre.

La sélection de la société regroupe 23 titres dans une vingtaine de secteurs qu'il faut privilégier sur les douze prochains mois. La banque allemande a procédé à quelques changements, remplaçant par exemple Barclays par ING du côté des banques, IAG (Iberia, British Airways) par Groupe ADP dans le transport, ou encore le britannique Bunzl par Spie dans les services aux entreprises.

Un secteur reste toutefois orphelin : les "staples" (les biens de consommation courants, qui réunissent des groupes aussi divers que L'Oréal ou Pernod Ricard). La banque allemande n'a aucun "top pick" dans ce compartiment.

Nous proposons de revenir sur les quatre groupes français et quelques autres actions (la liste complète figure au bas de cet article) compris dans la liste de Deutsche Bank.

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>Safran toujours plus haut

Le motoriste et équipementier aéronautique reste une valeur de grande qualité à la Bourse de Paris. L'équipementier et motoriste aéronautique a, au fil des années, livré des résultats immaculés, reflétant la qualité de l'exécution de l'actuelle et précédente direction de la société.

Le groupe tire notamment parti des services d'après-vente (révision, maintenance, réparation et ventes de pièces détachées) sur les moteurs civils, des activités très bien margées.

Safran est, sur ce point, porté par CFM International, sa coentreprise avec l'américain GE Aerospace. CFM produit le CFM56, le moteur le plus vendu au monde, et le LEAP, qui équipe les monocouloirs de nouvelle génération d'Airbus (A320neo) et Boeing (737 Max).

La position de marché dominante de cette société dans les monocouloirs offre un gisement de croissance robuste pour les activités d'après-vente. Selon des données communiquées fin 2024 par Safran, 23.000 moteurs CFM56-5B-7B étaient en service. Et 70% n'avaient effectué aucune visite en atelier.

"Nous estimons que Safran présente une thèse d'investissement très intéressante, alliant une forte dynamique sur le marché de l'après-vente civile, une meilleure exécution des livraisons, une génération de trésorerie solide et un profil de croissance structurellement plus attractif dans la défense", développe Deutsche Bank.

La banque allemande s'attend à ce que le groupe aéronautique relève une nouvelle fois ses objectifs à l'horizon 2028 lors de la publication de ses résultats annuels en février prochain.

"Rien n'indique que la croissance devrait ralentir à moyen terme : le volume d'activité lié aux moteurs devrait rester élevé jusqu'en 2028, GE Aero prévoyant une hausse de 10% des démontages programmés de moteurs en 2027", avance Deutsche Bank.

Spie paré pour consolider ses marchés

Spie, grand spécialiste du génie mécanique et des services multi-techniques (installation et rénovation d'infrastructures énergétiques, climatisation, ascenseurs) reste un candidat au CAC 40 avec une capitalisation boursière tutoyant les 7 milliards d'euros.

Spie a notamment bénéficié l'an passé des annonces autour du plan de relance massive de l'Allemagne dans les infrastructures. Le pays d'outre-Rhin est devenu l'an passé le premier marché de la société devant la France, représentant 35% de ses revenus et 36% de son résultat opérationnel ajusté retraité de certains éléments (Ebita), contre 32% et 30% respectivement pour l'Hexagone.

Deutsche Bank loue la capacité du groupe à opérer des petites acquisitions créatrices de valeurs (environ 90 depuis 2013) tout en convertissant plus de 100% de ses bénéfices en flux de trésorerie.

L'établissement s'attend à ce que le groupe renforce sa position de marché. "Spie est le plus grand prestataire européen spécialisé exclusivement dans les services multitechniques.

L'entreprise occupe les places 1 à 4 sur ses cinq principaux marchés, mais sa part de marché la plus élevée au niveau national n'atteint que 6%, ce qui laisse une marge de manœuvre considérable pour consolider des marchés fragmentés", explique la banque allemande.

Ce alors que sa croissance en données comparables se situe justement dans une phase d'accélération, passant de 0,9% au premier trimestre 2026 à 3,3% au deuxième.

"Les normes d'efficacité énergétique et le déploiement de la fibre optique devraient soutenir l'ambition de la direction visant une croissance organique de 3% à 4% à moyen terme", écrit Deutsche Bank.

Orange tirera partie de la consolidation du marché en France

L'action Orange a clairement été portée par les spéculations puis la concrétisation du projet de rachat de SFR par les trois autres groupes télécoms du marché français.

Cette consolidation du secteur devrait permettre aux trois opérateurs restants de générer d'importantes synergies. Citi calculait un total de 800 millions d'euros à 1,6 milliard d'euros par an, dont 200 à 400 millions d'euros reviendraient à Orange. Ce sans appliquer les mesures de "réparation de marché", c'est-à-dire des promotions moins élevées et des prix moins bas, expliquait la banque américaine.

Deutsche Bank formule des projections comparables, s'attendant à ce que le marché français pâtisse moins de promotions, avec des synergies représentant l'équivalent d'un euro par action Orange (le titre se situe actuellement autour de 14 euros).

La banque allemande s'attend également à ce que le groupe améliore ses performances et génère des synergies en Espagne via sa filiale MasOrange, un opérateur de téléphonie mobile que le groupe détient à 100% depuis juin, après avoir racheté 50% à la société d'investissement britannique Lorca.

Par ailleurs, la banque fait valoir que l'action s'avère bon marché au regard du rendement de son dividende, de 5,6% contre 4,6% pour les télécoms. Ce alors que son flux de trésorerie devrait augmenter de 10% par an, permettant de rendre des liquidités à ses actionnaires.

ADP sera propulsé par la nouvelle régulation

Le cas d'Aéroports de Paris est toujours compliqué. Le destin boursier de l'exploitant aéroportuaire est très lié à la régulation et plus précisément au Contrat de régulation économique (CRE).

Ce contrat est un grand cahier des charges qui définit sur le périmètre régulé des aéroports parisiens (pour simplifier, les activités hors immobilier, services et boutiques) les investissements que doit réaliser la société et l'évolution des redevances aéroportuaires, sur la base des prévisions de trafic.

Un taux de rentabilité, appelé coût moyen pondéré du capital (CMPC), est déterminé pour garantir que les investissements de la société soient rémunérés équitablement, via donc les hausses des redevances que les compagnies aériennes acquittent à ADP. Ce CMPC a énormément d'importance auprès des investisseurs.

En décembre, ADP a présenté ses propositions pour le CRE 2027-2034, le premier depuis bien longtemps. En raison de la pandémie de coronavirus, le CRE 2021-2025 n'avait pu être établi.

Le groupe a proposé un certain nombre d'engagements et de paramètres dans le cadre de ce CRE. ADP entend surtout augmenter ses redevances en retenant une évolution moyenne sur la période égale à l'inflation annuelle (l'indice des prix à la consommation harmonisés) augmentée de 2,6 points de pourcentage. Et, in fine, le coût moyen pondéré du capital s'établissait à 5,9% en moyenne sur la période.

Cet été, la société a annoncé avoir trouvé un accord avec l'État qui a quasiment préservé ce CMPC, à un taux de 5,8%.

Deutsche Bank se montre optimiste sur l'adoption de ce CRE et considère qu'il devrait permettre de débloquer un "rerating", c'est-à-dire une appréciation des multiples boursiers du groupe, car les risques réglementaires disparaîtraient.

"Nous estimons que le CRE devrait apporter la clarté réglementaire indispensable pour la période 2026-2034". La banque apprécie que ce contrat inclut à la fois - en l'état - une protection contre l'inflation et contre le risque de nouvelles taxes.

Volkswagen pour rebondir

Volkswagen constitue l'exemple même d'un secteur automobile européen malmené par un torrent de vents défavorables.

En proie à un marché chinois en plein ralentissement, à une concurrence accrue des constructeurs asiatiques en Europe et à d'importantes surcapacités, le groupe allemand voit son action plonger de 35% cette année. Le groupe de Wolfsburg pâtit notamment d'un retard en Chine sur les véhicules électriques, vecteur de croissance du marché.

Début septembre, le groupe de Wolfsburg a annoncé une vaste restructuration via son plan "Zukunftsplan 30" ("le plan de l'avenir", en allemand) qui doit dégager environ 30 milliards d'euros d'économies au prix de 50.000 suppressions de postes additionnelles (100.000 au total en comptant les 50.000 déjà actées dans des programmes décidés en 2024-2025) d'ici à 2030.

Ce plan a toutefois été bien perçu par le marché car approuvé à l'unanimité par le conseil de surveillance du groupe où figure pourtant des représentants des salariés et de la région allemande de Basse-Saxe.

Pour Deutsche Bank, l'approbation de ce plan "'fait évoluer le débat: la question n'est plus de savoir si Volkswagen peut changer, mais si la direction est capable de mettre en œuvre ces changements ?'". La banque considère que le groupe se trouve à un point d'inflexion.

Deutsche Bank cite les leviers d'amélioration de la performance en Chine. L'augmentation de la production locale devrait "permettre d'améliorer la compétitivité en termes de coûts et d'accélérer les processus, tandis que la Chine s'affirme comme une base technologique et d'exportation de plus en plus solide pour les pays du Sud".

"Nous pensons que Volkswagen surperformera en Bourse malgré les difficultés rencontrées par le secteur. Les arguments en faveur d'un investissement reposent à la fois sur une restructuration de plus en plus poussée, la localisation (de la production, NDLR) en Chine, d'importants leviers de réduction des coûts et d'amélioration des flux de trésorerie, ainsi qu'un solide portefeuille d'actifs", développe plus largement Deutsche Bank.

Adidas pour poursuivre son offensive gagnante

Encore à la peine il y a quatre ans, Adidas a connu une véritable renaissance sous la houlette de son directeur général, le Norvégien Bjorn Gulden, transfuge de Puma arrivé en 2023.

La société a tiré parti de ses produits phares (les chaussures Samba, Gazelle) et a taillé des croupières à son grand rival Nike.

"La marque a renforcé son ancrage auprès des consommateurs locaux, a gagné du terrain face à ses principaux concurrents et a continué à investir dans ses racines sportives", juge le bureau d'études indépendant Alphavalue.

"Au cours des trois dernières années, depuis l'arrivée du nouveau directeur général, l'accent a été davantage mis sur toute une gamme de sports, sur la recherche et le développement de nouvelles technologies et sur les gammes de chaussures", apprécie pour sa part Deutsche Bank.

La banque allemande s'attend à ce que le groupe continue de reprendre des parts de marché dans le running grâce par exemple à ses collaborations avec les athlètes de haut niveau, la barre des 2h sur marathon ayant récemment été franchie par des coureurs avec des chaussures de la marque.

Pour l'établissement, Adidas est "une marque d'articles de sport en plein essor, affichant une forte croissance de ses ventes et des performances supérieures à celles du marché, grâce à un solide portefeuille de nouveaux produits en cours de développement".

Les autres actions de la sélection de Deutsche Bank

Sysenqo (chimie) Thyssenkrupp (sidérurgie), Entain (pari en ligne), BAT (tabac), Coca-Cola Hellenic (embouteillage), Novonesis (production d'enzymes), ICG (gestion d'actifs), ING (banque), Merlin Properties (immobilier et infrastructures), Lonza (chimie et pharmacie), UCB (pharmacie), Heidelberg (ciment), Siemens Energie (énergie) SAP (logiciels), Scout24 (ventes de véhicules d'occasion en ligne), Technoprobe (semi-conducteurs), RWE (production d'électricité).

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