Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

Sortie d'un indice européen phare, nouvel abaissement d'objectifs… Volkswagen enquille les revers, son action plonge de 28% cette année

Aujourd'hui à 15:49
Volkswagen souffre

(BFM Bourse) - Le constructeur automobile allemand a lancé un avertissement sur résultats vendredi et a quitté l'Eurostoxx 50 ce lundi, ce qui traduit les difficultés du groupe qui a acté une lourde restructuration de 100.000 postes.

Volkswagen reste la figure de proue des difficultés du secteur automobile européen. En proie à un marché chinois en plein ralentissement, à une concurrence accrue des constructeurs asiatiques en Europe et à d'importantes surcapacités, le groupe allemand voit son action plonger de 28% cette année.

"Volkswagen affiche des progrès opérationnels, mais les difficultés structurelles persistent. Les marques haut de gamme du groupe, Porsche et Audi, sont confrontées à des défis de taille sur des marchés clés, notamment en Chine et aux États-Unis, où des difficultés structurelles telles que l'intensification de la concurrence et les droits de douane persistent, sans perspective de résolution à court terme", explique le bureau d'études indépendant Alphavalue.

"En Chine, Volkswagen conserve une position solide sur le segment des véhicules à moteur à combustion interne, mais accuse un retard dans celui des véhicules électriques, principal moteur de croissance du marché", poursuit-il.

>> Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading

"Zukunftsplan"

Début septembre, le groupe de Wolfsburg a annoncé une vaste restructuration via son plan "Zukunftsplan 30" ("le plan de l'avenir", en allemand) qui doit dégager environ 30 milliards d'euros d'économies au prix de 50.000 suppressions de postes additionnelles (100.000 au total en comptant les 50.000 déjà actées dans des programmes décidés en 2024-2025) d'ici à 2030.

Ce plan a toutefois été bien perçu par le marché car approuvé à l'unanimité par le conseil de surveillance du groupe où figure pourtant des représentants des salariés et de la région allemande de Basse-Saxe.

"Soyons clairs: l'accord conclu aujourd'hui ne résout pas du jour au lendemain les défis auxquels Volkswagen est confrontée. Il marque simplement le début d'une nouvelle phase, et sa mise en œuvre reste essentielle. Il dissipe toutefois ce qui constituait sans doute la principale préoccupation des investisseurs : savoir si l'entreprise est encore capable de prendre les décisions difficiles nécessaires pour y faire face", juge Deutsche Bank.

"La direction de Volkswagen tente de trouver un équilibre délicat: d'un côté, rassurer les investisseurs, et de l'autre, faire comprendre à ses salariés que la situation est critique et que des réductions douloureuses de capacité, impliquant d'importantes fermetures d'usines, sont inévitables. C'est un exercice presque impossible à mener à bien", observe Bernstein.

En attendant que le groupe démontre qu'il réussit efficacement à mettre en musique son ambitieux plan, les plaies restent ouvertes et bien visibles.

Ce lundi, l'action du constructeur automobile est officiellement sortie de l'Euro Stoxx 50, l'indice paneuropéen regroupant les plus importantes actions de la zone euro. L'annonce avait été effectuée le 1er septembre dernier par le fournisseur d'indices Stoxx Ltd, soit donc avant le plan de restructuration. Il n'en reste pas moins que ce déclassement symbolise la chute du groupe, dont l'action dévisse de 71% sur cinq ans, avec une capitalisation boursière (la valeur de la totalité de ses actions) passant de 120 milliards d'euros à 38 milliards.

Par ailleurs Volkswagen a passé un nouvel avertissement sur résultats, vendredi soir, abaissant ses projections annuelles pour la deuxième fois après un premier "profit warning" en juillet. Vendredi, le groupe a indiqué viser des revenus de 315 milliards d'euros, traduisant une baisse de 1,5%, le milieu de la fourchette précédemment indiquée qui allait de -3% à 0%.

Des éléments exceptionnels

Surtout, la société a sabré sa projection de marge opérationnelle pour la ramener à 1% contre une précédente prévision allant de 4% à 5,5%.

Le constructeur a invoqué, notamment, la détérioration du marché chinois - les immatriculations ont encore plongé de 23,6% en août sur un an – et "une évolution accélérée de la demande en faveur des véhicules électriques à batterie". Rappelons que les véhicules électriques sont moins bien margés que les voitures hybrides et à motorisation thermique.

"Cela se traduira par des résultats inférieurs aux prévisions initiales, notamment pour les marques Audi et Volkswagen", ajoute la société.

Dans les faits, le gros de cette révision (8 milliards d'euros sur 10 milliards d'euros de charges sur le résultat opérationnel) s'explique en réalité par des éléments exceptionnels, à savoir des coûts de restructuration, des dépréciations sur la participation (environ 75%) du groupe au capital de Porsche ainsi que sur des actifs en Chine et sur un site allemand.

Deutsche Bank relativise, signalant que le groupe a confirmé ses objectifs de génération de cash (entre 3 milliards et 6 milliards d'euros) et de position de liquidité (32 milliards à 34 milliards).

"Des charges de 10 milliards d'euros, ça fait de l'effet. Mais ce qui compte pour les actionnaires, c'est que les marges sous-jacentes (hors éléments exceptionnels, NDLR) se maintiennent autour de 4 % et que la capacité à générer de la trésorerie reste intacte", écrit la banque allemande.

À Francfort, l'action Volkswagen ne perd, certes, que 0,8% en milieu d'après-midi. Mais le titre avait déjà beaucoup souffert vendredi (-8,4%) lors d'une séance où l'ensemble de l'automobile avait pris le bouillon (Stellantis avait perdu 5,4% et Renault 5,3%). Citi note ainsi que ce repli de vendredi "couvre" l'avertissement annoncé.

Et cet abaissement de perspectives fait quand même mauvais genre en termes de visibilité pour le marché.

"Même si nous n’hésiterions pas à affirmer que les performances opérationnelles de VW pour l’exercice 2026 restent 'admirables', il n’en reste pas moins que nous voici à nouveau confrontés (…) à un nouvel avertissement sur les résultats de Volkswagen", tranche Citi.

"Les investisseurs souhaiteraient bénéficier d’un flux d’informations positives, cohérent et prévisible. Les constructeurs automobiles européens semblent continuer à décevoir ces attentes", poursuit la banque.

"Nous préférerions que les équipes de direction prévoient des marges de sécurité (macroéconomiques) plus importantes dans leurs prévisions pour l’exercice 2027, afin de garantir que les objectifs futurs puissent être atteints, quel que soit leur niveau, et d’aider les investisseurs à se concentrer sur les performances opérationnelles sous-jacentes contrôlables plutôt que sur des charges exceptionnelles futures imprévisibles, mais peut-être inévitables", regrette encore Citi.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
Forum suspendu temporairement
Portefeuille Trading
+314.30 % vs +63.91 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour