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TOTALENERGIES

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Totalenergies : Air France-KLM flambe de 14%, Société Générale de 10%, Totalenergies plonge de 6%... Le cessez-le-feu au Moyen-Orient fait valser les valeurs à la Bourse de Paris

Aujourd'hui à 11:50
Société Générale fait partie des plus fortes hausses

(BFM Bourse) - La trêve prolongée de deux semaines par le président américain Donald Trump et la réouverture espérée du détroit d'Ormuz provoquent des réactions très marquées à la Bourse de Paris, l'aérien étant, par exemple, soulagé. Totalenergies est de son côté pénalisé par la baisse du brut.

Le CAC 40 retrouve des couleurs. L'indice phare de la Bourse de Paris s'adjuge 4,2% vers 12h, ce mardi 8 avril, après que Donald Trump a annoncé une extension de deux semaines du cessez-le feu contre l'Iran.

Téhéran a de son côté fait savoir qu'il cesserait ses attaques si ce cessez-le-feu était respecté et que le trafic dans le détroit d'Ormuz était progressivement rouvert.

Le passage en sécurité dans ce canal stratégique (l'équivalent de 20% de la consommation mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié y circule quotidiennement) sera possible, a déclaré sur X le ministre des Affaires étrangères iranien, Seyed Abbas Araghchi.

En conséquence le pétrole plonge, le contrat de juin sur le Brent de mer du Nord chutant de 13,4%.

L'appétit pour le risque revient sur le marché, et de nombreuses valeurs décollent. Tour d'horizon des plus importantes réactions par secteur.

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>Soulagement du côté des groupes aériens

Air France-KLM bondit de 13,9%, Lufthansa grimpe de 9%, IAG, la maison-mère d'Iberia et British Airways, prend 9% également.

L'ensemble de ces groupes aériens sont portés par le reflux prononcé des cours du pétrole, synonyme d'une facture carburant moins salée que redouté. D'après l'Association internationale du transport aérien (Iata), le carburant représente généralement entre 25 et 30% des dépenses d'une compagnie aérienne.

Selon les résultats annuels d'Air France-KLM, cette facture a représenté en 2025 un montant total de 6,9 milliards d'euros pour l'entreprise de transport aérien franco-néerlandais.

Dans son dernier document d'enregistrement universel, le groupe chiffrait qu'une hausse moyenne de 10 dollars du prix du baril de Brent conduirait à un alourdissement de cette facture de 487 millions de dollars (après couverture) et une baisse de même ampleur à une économie de 432 millions de dollars.

Les actions du secteur avaient été d'autant plus malmenées par la hausse des cours du pétrole que les prix du "jet fuel", c'est-à-dire le kérosène, un produit raffiné, ont bondi encore plus vite que ceux de l'or noir. Selon les données de l'Iata, les cours du "jet fuel" avaient grimpé de 132,1% sur un an lors de la semaine close le 2 avril, contre une progression de 88,3% pour le Brent.

Cette hausse des prix s'explique par les coûts de raffinage mais également par le fait que le kérosène ne constitue pas une priorité pour les raffineurs, ne représentant que 9% de la production de produits raffinés, selon l'Association du transport aérien international (IATA).

"Au lieu de cela, les raffineries optimisent leur gamme de produits en se concentrant sur les produits les plus demandés et les plus rentables, tels que le diesel et l'essence", souligne l'association.

"Malgré une politique de couverture progressive relativement protectrice, la simple intensité de la flambée des prix au comptant et certains détournements de route inévitables (entraînant une consommation accrue de carburant) vont inévitablement réduire les marges", prévenait Yi Zhong, analyste chez le bureau d'études indépendant Alphavalue, dans une note consacrée à Air France-KLM.

Barclays estimait toutefois qu'une accalmie sur le conflit en Iran pourrait faire redécoller assez vite le secteur.

"Nous pensons que le prix du kérosène devrait chuter fortement lorsque la campagne aérienne au-dessus de l'Iran ralentira ou cessera. L'allègement des pressions sur la chaîne d'approvisionnement en gaz et en pétrole dans le Golfe devrait améliorer la production d'électricité au Moyen-Orient et réduire la demande croissante de diesel, qui est à l'origine de la hausse des prix du kérosène", développait la banque britannique dans une récente note.

>L'aéronautique retrouve des couleurs

La plus forte progression sur le CAC 40 est signée par l'équipementier et motoriste Safran (+11,4%) tandis qu'Airbus surperforme également (+7%).

Le conflit en Iran a malmené le secteur aéronautique pour plusieurs raisons. Tout d'abord la guerre a provoqué une baisse du trafic aérien, le Moyen-Orient représentant environ 10% du trafic total, selon Jefferies.

Cette chute des cycles de vol des avions augure d'une demande moins élevée pour les services d'après-vente (maintenance, réparation, révision de pièces détachées). Or, les équipementiers et motoristes, comme Safran, mais aussi l'allemand MTU Aero et le britannique Rolls Royce tirent le gros de leur rentabilité de ces services.

Par ailleurs, la hausse des cours du pétrole et donc de la facture carburant risque de fragiliser les finances des compagnies aériennes avec potentiellement des décisions sur les visites dans les ateliers d'après-vente ou sur des investissements.

"La rentabilité des compagnies aériennes devrait être soumise à une pression croissante en raison de la forte hausse des prix du kérosène ; toutefois, si la crise perdure, la disponibilité du kérosène pourrait devenir un sujet de préoccupation au même titre que son prix", avançait ainsi Bank of America.

En conséquence, la trêve de deux semaines sur le conflit au Moyen-Orient est positive pour le secteur.

"Cette accalmie devrait être bien accueillie par les marchés, on devrait notamment observer un soulagement chez les valeurs aéronautiques civiles", a écrit Jefferies dans une note publiée ce mercredi.

>Les banques remontent la pente

Les établissements bancaires sont bien présents parmi les plus fortes hausses. Société Générale reprend 10,1%, BNP Paribas 7,8% et Crédit Agricole SA 6,5%.

Le compartiment n'est pas le plus directement concerné par le conflit au Moyen-Orient. Barclays notait que seules deux banques européennes affichaient une exposition aux pays du Moyen-Orient supérieure à 1% de leurs revenus totaux, à savoir Standard Chartered (8%) et HSBC (4%).

Mais en raison de son caractère cyclique et de sa forte progression boursière sur les deux dernières années, le secteur bancaire avait pris le bouillon comme l'ensemble du marché, après l'éclatement de la guerre au Moyen-Orient.

Des répercussions de second ordre peuvent également survenir. Barclays listait de possibles pressions sur les volumes de prêts en raison de l'incertitude économique avec également des risques sur la qualité de crédit. Plus généralement, les craintes d'une "stagflation", c'est-à-dire un scénario où les économies développées feraient face à une croissance atone couplée à une inflation galopante, ont pesé sur le secteur.

"Si le conflit actuel venait à se résoudre rapidement, l'histoire suggère un redressement généralisé des valeurs à la traîne. Compte tenu également des positions actuelles, les actions (bancaires) européennes pourraient s'avérer intéressantes dans ce scénario", jugeait lundi Citi.

>Le luxe se réveille

Hermès prend 7,7%, LVMH gagne 6,9% et Kering 6,5%. Alors que le secteur peut paraître résilient de prime abord, il a bu la tasse avec le conflit au Moyen-Orient, une région qui pèse pour 6% des ventes mondiales de produits de luxe, selon Bernstein.

"Le Moyen-Orient a été la région qui a connu la croissance la plus rapide au cours de l'exercice 2025, avec une croissance organique (hors effet de changes et de périmètre, NDLR) de +6/8% dans un secteur stable. Cela s'explique à la fois par l'hyper-tourisme, mais surtout par la force des particuliers fortunés locaux", soulignait récemment l'intermédiaire financier.

Non seulement la guerre dans la région a évidemment supprimé une partie des ventes au Moyen-Orient, mais la baisse du trafic aérien a obéré les dépenses de la clientèle du Golfe en Europe, a fortiori en France. Pour cette raison, dans une note consacrée à Hermès, Barclays estime que les revenus du sellier-maroquinier dans l'Hexagone afficheront un repli (-1,5% en données comparables) au premier trimestre.

>L'automobile repart de l'avant

Parmi les plus fortes hausses du CAC 40, les constructeurs automobiles Renault (+7%) et Stellantis (+7,7%) sont bien positionnés. Hors CAC 40, les équipementiers automobiles Forvia (+9,3%) et Valeo (+7%) sont, eux aussi, bien orientés.

Une accalmie au Moyen-Orient viendrait apporter une petite éclaircie sur un secteur à la peine. La semaine dernière, Morgan Stanley jugeait que la guerre, en s'ajoutant à l'intensification de la concurrence des groupes chinois, avait créé "une tempête parfaite" pour les groupes automobiles en Bourse.

"Le conflit avec l'Iran entraîne une volatilité des coûts des intrants (pétrole, aluminium, électricité et nombreux autres prix des matières premières), ce qui accroît la complexité et les coûts logistiques, et fait baisser les ventes dans la région et à l'échelle mondiale (confiance des consommateurs, pouvoir d'achat)", résumait l'établissement américain.

"La hausse des prix du pétrole s'accompagne souvent de tensions géopolitiques ou entraîne un ralentissement économique général, deux facteurs susceptibles d'ébranler la confiance des consommateurs et de retarder les achats importants, comme ceux de voitures", jugeait pour sa part Bernstein.

Par ailleurs, le conflit est susceptible de renforcer l'attrait des véhicules électriques, motorisation sur laquelle les groupes chinois ont un train d'avance. In fine, les constructeurs chinois pourraient renforcer leur avantage concurrentiel et tailler encore plus de croupières aux groupes européens sur le Vieux continent. Ce alors que les analystes redoutent cette offensive.

"Les constructeurs chinois bénéficient d'un certain nombre d'avantages structurels (coûts, technologie, rapidité de mise sur le marché) et ont creusé des écarts de compétitivité qui seront difficiles à combler à l'avenir", prévient Morgan Stanley.

>Totalenergies chute en Bourse

Reflet de la chute des cours du pétrole, Totalenergies souffre et abandonne 5,5% accusant de très loin la plus forte baisse du CAC 40.

Le recul des prix de marché est synonyme de ventes moins élevées en valeur pour les majors qui avaient été portées précédemment par le bond des cours de l'or noir.

Ces évolutions soutiennent nécessairement en Bourse les majors pétrolières. Leurs prix de marché grimpent en flèche alors que les coûts de production et d'extraction ne progressent pas énormément, l'industrie pétrolière restant une industrie de coûts fixes.

Pour autant, les spécialistes de marché estiment que les perspectives de long terme se sont améliorées pour les groupes pétroliers, quand bien même le conflit cesserait.

"Il est peu probable que le marché pétrolier revienne à la situation qui prévalait avant le récent conflit", jugeait récemment Morgan Stanley.

"Quelle que soit la tournure que prendront les événements à partir de maintenant, les quatre dernières semaines ont modifié la façon dont les investisseurs doivent envisager le détroit d'Ormuz, les capacités de production de réserve et l'importance d'un approvisionnement pétrolier sûr", poursuivait Morgan Stanley.

Rappelons au passage que Totalenergies a interrompu les opérations sur l'équivalent de 15% de sa production totale, ces arrêts étant localisés au Qatar, en Irak et aux Émirats arabes unis.

Cependant, l'entreprise explique que sa production au Moyen-Orient génère moins de cash que celle en dehors de cette région, en raison d'une taxation plus élevée. Si bien que les 15% évoqués plus haut ne représentent que 10% de son flux de trésorerie opérationnel.

"En 2026, la croissance de notre production à valeur ajoutée devrait provenir en grande majorité de l'extérieur du Moyen-Orient, ce qui signifie qu'une hausse du prix du pétrole compensera largement la baisse de la production au Moyen-Orient : une augmentation de 8 dollars le baril du prix du Brent suffirait à compenser le flux de trésorerie d'exploitation (CFFO) prévu pour 2026 provenant de nos actifs offshore en Irak, au Qatar et aux Émirats arabes unis, à un prix de 60 dollars le baril", développe Totalenergies.

Autrement dit, l'envolée des cours du baril (en hausse de plus 25 dollars environ pour le Brent) a largement compensé la perte de production de Totalenergies au Moyen-Orient.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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