(BFM Bourse) - La major pétrolière a livré des résultats trimestriels en très nette hausse au titre des trois premiers mois de l'année, grâce à la hausse des prix de marché.
Le débat sur les "super-profits", qui avait agité la classe politique en 2022 et conduit l'exécutif à mettre en place des taxes temporaires, va-t-il resurgir de plus belle?
Totalenergies a en tout cas publié, ce mercredi 29 avril, des comptes trimestriels en nette amélioration, tirés par la hausse des cours des hydrocarbures, elle-même due à l'éclatement du conflit en Iran, fin février.
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De janvier à mars, la société a dégagé un bénéfice net consolidé de 5,8 milliards de dollars (soit 5 milliards d'euros), en hausse de 51% sur un an.
Le résultat net ajusté, s'est lui établi à 5,4 milliards de dollars en progression de 29%. Par rapport au résultat net consolidé, le résultat net ajusté exclut certains éléments non récurrents, comme des variations de juste valeur.
Par exemple, en 2022, lorsque Totalenergies avait inscrit une provision de 4,1 milliards de dollars sur certains actifs russes en raison de la guerre en Ukraine, cette charge avait affecté le résultat net mais pas le résultat net ajusté.
La veille son rival britannique BP avait vu son bénéfice net être multiplié par plus de cinq à 3,84 milliards de dollars.
La major pétrolière a tiré parti de l'augmentation des cours du brut. Au premier trimestre 2026, le baril de Brent a affiché un prix moyen de 81,1 dollars, contre 75,7 dollars un an plus tôt.
Le conflit en Iran, une nouvelle donne
Cette progression est évidemment liée à la guerre en Iran. En raison de ce conflit, plusieurs infrastructures pétrolières et gazières de la région ont subi des dommages. Le redémarrage complet de ces sites devrait prendre plusieurs mois.
Par ailleurs, le trafic dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite l'équivalent de 20% de la consommation de pétrole et de gaz naturel liquéfié, est à l'arrêt quasi-total depuis fin février. En conséquence, le baril de Brent s'est envolé, passant d'environ 73 dollars fin février, à environ 110 dollars à l'heure actuelle.
Ces évolutions portent nécessairement les majors pétrolières. Leurs prix de marché grimpent en flèche alors que les coûts de production et d'extraction ne progressent pas énormément, l'industrie pétrolière restant une industrie de coûts fixes.
"Totalenergies a pleinement profité des avantages de la hausse des prix du pétrole brut, ainsi que d'une solide performance commerciale", a écrit dans une récente note Barclays.
Selon Morgan Stanley, la guerre en Iran pourrait avoir un impact de long terme à la hausse sur les prix de l'or noir.
"Il est peu probable que le marché pétrolier revienne à la situation qui prévalait avant le récent conflit", écrivait la banque américaine en mars.
"Quelle que soit la tournure que prendront les événements à partir de maintenant, les quatre dernières semaines ont modifié la façon dont les investisseurs doivent envisager le détroit d'Ormuz, les capacités de production de réserve et l'importance d'un approvisionnement pétrolier sûr", poursuit Morgan Stanley.
Un dividende remonté
Pour revenir à Totalenergies, outre son bénéfice net, la société a dégagé un résultat opérationnel de 6,3 milliards de dollars, en hausse de 31%.
Le groupe a par ailleurs généré un flux de trésorerie opérationnel hors variation du besoin en fonds de roulement de 8,6 milliards de dollars.
Totalenergies a dépassé les attentes. D'après un consensus cité par Royal Bank of Canada, les analystes tablaient sur un résultat net ajusté de 5,2 milliards de dollars et une génération de trésorerie opérationnelle hors variation du besoin en fonds de roulement de 8,5 milliards de dollars.
Le ratio d'endettement de l'entreprise, qui rapporte la dette aux capitaux propres de l'entreprise, a augmenté pour atteindre 15,5% contre 14,3% un an plus tôt.
"Au niveau des divisions, Totalenergies a légèrement dépassé les prévisions du consensus dans toutes les divisions, l'écart le plus important étant observé dans le secteur aval, grâce à une 'très bonne performance' des activités de négoce pétrolier en mars", remarque Royal Bank of Canada.
Fort de ces résultats, Totalenergies a décidé de distribuer un dividende de 90 centimes par action au titre du premier trimestre, en hausse de 5,9% sur un an (et sur un trimestre).
Le groupe a également annoncé 1,5 milliard de dollars de rachats d'actions pour le deuxième trimestre, le maximum que s'accorde la major pétrolière dans l'environnement de marché actuel.
Pour Barclays, l'entreprise a réalisé "toutes les bonnes choses". "Nous nous attendons à une réaction positive aux résultats, le bénéfice dépassant d'environ 5% les prévisions du consensus et de 10 % nos estimations, l'impact de la crise au Moyen-Orient étant largement compensé par l'amélioration de la conjoncture économique et les solides performances opérationnelles enregistrées ailleurs", développe la banque britannique.
À la Bourse de Paris, l'action Totalenergies prend 1% à 79,05 euros.
En mars dernier, la société, a annoncé avoir interrompu les opérations sur l'équivalent de 15% de sa production totale au Moyen-Orient en raison du conflit, ces arrêts étant localisés au Qatar, en Irak et aux Émirats arabes unis.
Cependant l'entreprise explique que sa production au Moyen-Orient génère moins de cash que celle en dehors de cette région, en raison d'une taxation plus élevée. Si bien que les 15% évoqués plus haut ne représentent que 10% de son flux de trésorerie opérationnel.
"En 2026, la croissance de notre production à valeur ajoutée devrait provenir en grande majorité de l'extérieur du Moyen-Orient, ce qui signifie qu'une hausse du prix du pétrole compensera largement la baisse de la production au Moyen-Orient : une augmentation de 8 dollars le baril du prix du Brent suffirait à compenser le flux de trésorerie d'exploitation (CFFO) prévu pour 2026 provenant de nos actifs offshore en Irak, au Qatar et aux Émirats arabes unis, à un prix de 60 dollars le baril", indiquait alors Totalenergies.
Autrement dit, l'envolée des cours du baril a largement compensé la perte de production de Totalenergies au Moyen-Orient.
Barclays estime qu'environ 27% de la production aval d'hydrocarbures du groupe est exposée au Moyen-Orient (Irak, Qatar et Oman).
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