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Renault : Les constructeurs auto comme Renault et Stellantis font face en Bourse à "une tempête parfaite", prévient Morgan Stanley, qui juge que les attentes du marché sont "dans le déni"

Aujourd'hui à 16:01
L'industrie automobile est sous pression

(BFM Bourse) - La banque américaine a publié une note dans laquelle elle explique que le conflit en Iran pèsera sur la demande alors que la concurrence des acteurs chinois s'intensifie.

L'automobile risque encore de souffrir davantage en Bourse. Morgan Stanley émet, en tout cas, un sérieux avertissement dans ce sens ce lundi 30 mars.

Dans une note consacrée aux constructeurs européens, l'établissement écrit que 2026 "s'assombrit" pour le secteur, alors que les groupes font déjà face à des niveaux de marges historiquement bas, couplés à des niveaux d'investissements importants.

La banque a abaissé l'ensemble de ses prévisions de résultats, jugeant que le consensus (la prévision moyenne des analystes) reste "dans le déni".

Morgan Stanley a, par exemple, réduit son objectif de cours à 7 euros contre 6,5 euros auparavant sur Stellantis tout en restant à "pondération en ligne", tandis que la banque a réduit sur Renault sa cible à 29 euros contre 33 précédemment avec un conseil à "sous-pondérer", équivalent de vendre. La banque a également abaissé en moyenne de 39% les prévisions de bénéfices par action des constructeurs européens qu'elle suit.

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Vers des abaissements d'objectifs

Morgan Stanley pense que la situation au Moyen-Orient constitue une pierre de plus dans le jardin du secteur. La banque américaine évalue l'exposition de Renault à 6% des volumes à la région "Afrique-Moyen Orient", tandis que Stellantis (3%) et Porsche (2%) suivent.

"Le conflit avec l'Iran entraîne une volatilité des coûts des intrants (pétrole, aluminium, électricité et nombreux autres prix des matières premières), ce qui accroît la complexité et les coûts logistiques, et fait baisser les ventes dans la région et à l'échelle mondiale (confiance des consommateurs, pouvoir d'achat)", développe Morgan Stanley.

La banque estime plus particulièrement que le conflit en Iran pourrait dégrader les conditions économiques et la demande de nouveaux véhicules. En raison des hausses des taux d'intérêts ou des coûts de carburant, le nombre de semaines de travail nécessaires pour acquérir un nouveau véhicule en Europe pourrait passer de 18 à 19 semaines, anticipe Morgan Stanley. Ce alors que ce chiffre était parti pour tomber à 16-17 semaines avant l'éclatement de la guerre an Moyen-Orient.

"Nous envisageons toujours un large éventail de scénarios plausibles, en fonction de la durée du conflit et de l'impact du prix du Brent sur le PIB mondial et l'inflation, mais nous pensons que cela entraînera une révision à la baisse des prévisions pour l'exercice 2026 dès la publication des résultats du premier trimestre, ce qui affectera tous les constructeurs de l'Union européenne", prédit Morgan Stanley.

Autrement dit, le marché doit s'attendre à des abaissements d'objectifs dans les prochaines semaines.

Par exemple, pour Renault, Morgan Stanley s'attend à ce que le groupe au losange sabre ses ambitions. Le constructeur anticipe un taux de marge opérationnelle autour de 5,5% et un flux de trésorerie autour de 1 milliard d'euros pour 2026. La banque pense que le constructeur abaissera ses perspectives, pour arriver à une fourchette de 5 à 5,5% pour la marge, et de 500 millions à 1 milliard d'euros pour la trésorerie.

Pour Stellantis, Morgan Stanley estime que le constructeur changera ses indications pour passer d'une progression de revenus "mid-single digit" (4 à 6%) en 2026, à un intervalle de 0 à 5%.

La concurrence chinoise comme grande menace

Le risque iranien place, surtout, l'ensemble des groupes européens face à une "tempête parfaite", car, dans le même temps, la concurrence chinoise s'intensifie, avertit Morgan Stanley.

L'établissement américain explique qu'il s'agit même de sa "principale préoccupation". La banque qualifie "d'effrayante" cette montée en puissance des groupes chinois.

Le marché chinois a fini de croître et les acteurs locaux ont déjà doublé depuis 2019 leurs parts de marchés au détriment des groupes allemands et américains. Les constructeurs chinois sont en conséquence obligés de chercher des gisements de croissance à l'export pour trouver des débouchés à leurs surcapacités industrielles.

"Les exportations automobiles chinoises continuent de s'accélérer, dépassant chaque mois les records précédents, et atteignant désormais un niveau qui favorise une forte augmentation des investissements des constructeurs automobiles chinois dans le commerce de détail et l'industrie à travers le monde", fait valoir Morgan Stanley.

L'établissement pense que les groupes chinois atteindront cette année une part de marché de plus de 10% en Europe contre un peu plus de 8% en 2025, de plus de 16% dans la zone "Afrique Moyen-Orient" et de près de 14% en Amérique latine.

"Les constructeurs chinois bénéficient d'un certain nombre d'avantages structurels (coûts, technologie, rapidité de mise sur le marché) et ont creusé des écarts de compétitivité qui seront difficiles à combler à l'avenir", prévient la banque.

"C'est la principale raison pour laquelle nous avons contesté par le passé, et continuons de contester aujourd'hui, les prévisions du consensus d'une normalisation rapide des investissements chez les équipementiers européens. En théorie, les investissements auraient déjà dû baisser, à la suite de la diminution des flux de trésorerie d'exploitation, mais les entreprises européennes doivent faire le nécessaire pour réduire l'écart en matière de pipeline de produits, de coûts et de rapidité de mise sur le marché, d'une manière ou d'une autre (investissements, coentreprises, fusions-acquisitions)", développe l'établissement.

Les lancements de produits des constructeurs européens peuvent ralentir ou même contrecarrer cette tendance de pertes de marché en réduisant temporairement les écarts avec les groupes chinois en termes de produits et de coûts. Mais la banque considère que cela ne durera pas car la rentabilité des groupes européens se retrouvera sous pression et limitera leur capacité à investir.

Dans ce contexte, Morgan Stanley recommande deux actions à "surpondérer" (équivalent d'acheter), à savoir BMW et Mercedes-Benz, jugeant que les groupes premium sont mieux protégés face à cette tempête.

Pour Stellantis, la banque considère que la valorisation s'avère dépréciée alors que le groupe recommence à gagner des parts de marchés aux États-Unis. Elle adopte ainsi un conseil équivalent à "neutre" sur le titre, même si la société a vu ses résultats fondre.

Pour Renault, Morgan Stanley juge que le consensus est trop optimiste, extrapolant la bonne dynamique récente de la société en terme de parts de marché. Ce "alors que le 'pipeline' (les lancements, NDLR) de nouveaux produits de Renault s'essouffle et que l'entreprise doit faire face à une concurrence croissante de la part des constructeurs chinois, mais aussi désormais de ses concurrents traditionnels, notamment Volkswagen", avance la banque.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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