(BFM Bourse) - Le conflit en Iran a déclenché un mouvement d'aversion au risque qui a pénalisé les titres des banques européennes. Mais, dans une note, Barclays relativise les répercussions pour le secteur et reste positive sur les banques européennes. Un constat partagé par Citi, qui comme sa consoeur britannique, privilégie notamment Société Générale.
Les banques, perçues comme un secteur cyclique par essence, n'ont pas échappé à la tempête provoquée par l'éclatement du conflit au Moyen-Orient. L'indice sectoriel paneuropéen Euro Stoxx Banks perd 10,3% depuis le début de l'année et a clairement décroché début mars, lorsque l'intervention américano-israélienne contre l'Iran a débuté.
Les banques sont traditionnellement pénalisées par l'aversion au risque qui frappe le marché lorsqu'un choc pétrolier se produit. Rappelons que le baril de Brent a pris près de 40% (*) depuis l'éclatement de la guerre.
Dans une note rédigée le 5 mars, Bank of America identifiait les 25 actions du Stoxx Europe 600 qui historiquement souffrent le plus en cas de choc pétrolier. Les banques représentaient plus d'un tiers de ces titres (8), avec HSBC, Lloyds ou encore Société Générale.
Faut-il redouter que le conflit au Moyen-Orient vienne casser le rallye des banques européennes, un compartiment qui avait le vent en poupe l'an passé (l'Euro Stoxx Banks a gagné 76,7% en 2025)?
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Un impact direct limité
Dans une note publiée la semaine dernière, Barclays se montre constructive et relativise les impacts sur les banques européennes.
L'établissement remarque, certes, que le conflit en Iran a affecté les actions du secteur. Toutefois, Barclays écrit que les impacts directs de cette guerre sont limités.
Sur l'ensemble de sa couverture, seules deux banques européennes affichent une exposition aux pays du Moyen-Orient supérieure à 1% de leurs revenus totaux, à savoir Standard Chartered (8%) et HSBC (4%).
Et même pour ces deux établissements, Barclays considère qu'il faudrait que le conflit dépasse le cadre régional pour poser des risques significatifs, notamment parce que ces sociétés ont un 'mix" de clientèle orienté vers des groupes de qualité, comme des fonds souverains ou des institutions financières.
Barclays évoque également les effets de second ordre pour le secteur. L'établissement liste de possibles pressions sur les volumes de prêts en raison de l'incertitude économique avec également des risques sur la qualité de crédit.
Barclays toujours positive
Mais le conflit entraîne également des répercussions potentiellement positives. La volatilité sur les différentes classes d'actifs (comme les actions) engendrée par la guerre peut être porteuse pour les activités de trading et de marché des banques.
"Si l'on examine plutôt les répercussions potentielles sur les résultats, la hausse des prix des matières premières, de l'inflation et des taux pourrait même faire augmenter les bénéfices des banques dans un premier temps grâce à la hausse du revenu net d'intérêt", poursuit Barclays.
Les revenus nets d'intérêts correspondent, dans la banque de détail, aux revenus que dégagent les banques sur les prêts diminués de la rémunération des dépôts ou livrets. Cette partie de l'activité des établissements est évidemment dépendante de l'évolution des taux d'intérêt.
"Pour les banques exposées au secteur pétrolier, la hausse des prix pourrait être favorable aux prêts et aux commissions liés à ce secteur", estime encore Barclays. Cette dernière n'attend pas d'impact majeure sur les activités liées aux fusions-acquisitions.
Barclays conclut que les banques avec une importante exposition domestique et liée à la banque de détail pourraient surperformer en Bourse à court terme car elles sont moins exposées au risque géopolitique et sont moins susceptibles d'être affectées par les ramifications de second et de troisième ordre.
"Nous restons positif sur les banques européennes", conclut Barclays.
La banque privilégie des groupes qui ont des perspectives de croissance de bénéfice par action importantes et, dans certains cas, de levier internes pour améliorer leurs performances (par exemple en maîtrisant les coûts). Barclays cite Société Générale, Santander, Lloyds, ABN Amro, BPER Banca et Deutsche Bank.
Citi voit les banques franchir le "mur d'inquiétudes"
À côté de Barclays, Citi a également publié une note la semaine dernière témoignant de sa confiance dans le secteur. L'établissement américain estime que le "le rallye a encore de quoi se poursuivre" pour les banques européennes.
Depuis le début de l'année, le compartiment a du faire face à "'un mur d'inquiétudes' comprenant les baisses de taux de la Banque centrale européenne, les droits de douane et les préoccupations géopolitiques".
Pour autant, les banques européennes continuent de bénéficier de hausse des consensus (les prévisions moyenne des analystes), ce qui signifie que le marché se montre plus optimiste sur leurs fondamentaux, écrit Citi. Ce au contraire de la plupart des autres secteurs.
"Les résultats du quatrième trimestre 2025 ont confirmé cette tendance, 61% des banques ayant dépassé les consensus de bénéfices (contre 49% pour l'ensemble du marché)", fait valoir la banque américaine.
Par ailleurs, "si les multiples de valorisation ne semblent plus aussi attractifs qu'auparavant, ils ne paraissent pas non plus excessivement élevés", poursuit l'intermédiaire financier. Les banques européennes s'échangent en moyenne environ 1,7 fois leur actif net tangible, c'est-à-dire pour simplifier leur valeur comptable. Or ce ratio est proche de 2,5 pour leurs homologues américaines.
Parmi les éléments positifs pour le secteur cette année, Citi cite les politiques budgétaires expansionnistes en Europe (notamment en Allemagne), la croissance des revenus tirés des commissions, la résilience des revenus net d'intérêts qui devraient maintenant rebondir, ou encore les options sur les coûts permis par le développement des outils d'intelligence artificielle.
En face, les éléments négatifs sont moins nombreux, Citi retenant les risques géopolitiques ou encore la compétition internationale posée par la volonté de l'administration Trump de déréguler le secteur.
Les groupes préférés de Citi pour continuer à jouer la reprise des banques européennes sont HSBC, Natwest et Société Générale.
KBW, a de son côté écrit la semaine dernière que les cours des banques se sont retrouvés sous pression en raison de craintes d'une baisse de leurs tarifs provoqués par l'IA et des risques macroéconomiques liés à l'Iran.
L'intermédiaire financier juge que les banques européennes évoluent actuellement à des multiples boursiers "trop bon marché". Notamment au regard "de leur importance relative dans les prochaines mesures prises par l'Europe (à savoir investir dans la défense, l'IA, l'énergie et le logement)".
"L'Europe a besoin de ses banques, tout comme les investisseurs : nous réitérons notre position de surpondération (équivalent d'acheter) sur le secteur", tranche KBW.
(*) Variation arrêtée à la clôture de vendredi
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