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Societe generale : L'aversion au risque des marchés pourrait se prolonger en 2012

L'aversion au risque des marchés pourrait se prolonger en 2012L'aversion au risque des marchés pourrait se prolonger en 2012

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - Les stratégistes taux de la Société générale estiment que, faute d'une "frappe nucléaire" des autorités monétaires et d'un renforcement de la discipline budgétaire dans les pays de la zone euro, la forte aversion pour les actifs risqués qui secoue actuellement les marchés pourrait se prolonger en 2012.

"Les souverains et les banques n'ont pas d'autre choix que de réduire la taille de leurs bilans. La consanguinité entre les secteurs public et financier et la course à l'échalote entre l'économie et les mesures de redressement budgétaires forment un cocktail dangereux. La rigueur n'est plus suffisante pour mettre fin à la crise", explique Vincent Chaigneau, responsable de la stratégie taux chez Société générale.

"La crise a gagné les classes d'actifs plus sûres et pris la forme d'une crise de liquidité", ajoute-t-il dans les perspectives 2012 de la banque publiées jeudi. "La stabilité ne reviendra pas d'elle-même."

Selon lui, la monétisation par la Banque centrale européenne (BCE) de la dette des pays de la zone euro en difficulté est probablement le facteur susceptible de déclencher un changement du sentiment des marchés. "Sauf si les marchés se rapprochent davantage encore d'un trou noir, cela ne devrait pas se produire avant la fin du premier trimestre", ajoute-t-il.

Dans l'attente de nouvelles mesures de maîtrise des finances publiques et d'une action "nucléaire" de la BCE, sous forme de rachats massifs de dette souveraine, à l'instar de ce qui se pratique aux Etats-Unis et au Royaume Uni, la Société générale conseille de rester acheteur des valeurs refuges comme le Bund allemand à 10 ans, le T-Note américain à 10 ans ou le Gilt britannique.

"LA COULEUR DE L'ARGENT DE LA BCE"

Vincent Chaigneau préfère les Gilts et les Treasuries et voit le rendement à 10 ans américain tomber dans la zone de 1,5% (contre 1,89% ce jeudi) au premier trimestre 2012.

"Nous ne changerons pas notre position d'aversion au risque tant que nous ne verrons pas la couleur de l'argent de la BCE", dit-il en écartant le scénario du pire: l'absence d'une action de la BCE. Dans cette hypothèse d'une telle action, le rendement du Bund devrait se tendre sensiblement au 2e trimestre 2002 après avoir atteint de nouveaux plus bas au premier.

Il ajoute toutefois que les taux devraient rester à des niveaux historiquement bas tout au long de l'année 2012, le double désendettement des Etats et des banques devant peser sur l'économie de la zone euro.

Déjà pénalisées par la crise de la dette souveraine, les banques souffriront en outre de la dégradation de la conjoncture. "Les bilans des banques européennes ne sont pas une plaisanterie. Ils représentent plus de 3,5 fois le PIB de la zone euro (contre moins d'une fois aux Etats-Unis)", souligne Vincent Chaigneau.

Pour parvenir au nouveau ratio de fonds propres durs (9%) exigé par les autorités de régulation, les banques vont préférer la vente d'actifs. Les recapitalisations ne se traduiront pas par l'octroi de nouveaux crédits à l'économie tant que les bilans ne seront pas assainis.

Les effets désastreux de la crise de la dette en zone euro sur les banques conduisent les stratégistes crédit de Société générale à sous-pondérer, comme cette année, les dettes senior et hybrides (T1 et LT2) des établissements financiers qui ont beaucoup souffert au second semestre 2011, les émissions ayant été quasi-nulles depuis juillet.

FORTE BAISSE ATTENDUE DES ÉMISSIONS CORPORATE

Dans leur Perspectives 2012 publiées également jeudi, ils surpondèrent l'année prochaine le crédit corporate non financier, une classe d'actifs qui a surperformé largement les actions en 2011.

Pour leur financement à long terme, les banques ont dû avoir recours aux obligations sécurisées (covered). Ces instruments, adossés à des créances de bonne qualité et bénéficiant de notes allant jusqu'au "AAA", ont permis aux établissements, notamment ceux des pays du noyau dur de l'euro, de se financer à de bonnes conditions tout en offrant aux investisseurs la sécurité qu'ils recherchent.

Les stratégistes crédit de SG prévoient un montant d'émission de covered bonds en 2012 de 185 milliards d'euros, équivalent aux émissions réalisées depuis janvier 2011 au 22 novembre. Ils tablent sur des émissions de dette senior de 50 milliards d'euros contre 121 milliards en 2011, et sur 5 milliards de dette hybrides (contre 9,0 milliards d'euros en 2011, assureurs compris).

Ils tablent également sur une baisse des émissions des entreprises non financières, à 90 milliards d'euros (contre 112 milliards au 22 novembre), dont 70 milliards dans la catégorie investissement (IG), le montant le plus bas depuis 2002, et 20 milliards dans la catégorie haut rendement (high yield).

Les remboursements en 2012 seront les moins élevés depuis 2002 pour les entreprises non financières notées IG (de "BBB-" à "AAA") qui devraient conserver une attitude défensive face à un marché chahuté par la crise des souverains, ajoutent=ils.

Le spread de crédit des non financières (ou prime payée par les entreprises) sur le marché cash mesuré par l'indice IBoxx devrait se resserrer et passer de 250 points de base en début d'année à 205 pdb en décembre 2012.

L'IBoxx HY est attendu à 650 pdb fin 2012 contre 839 début janvier.

Edité par Marc Angrand

Copyright © 2011 Thomson Reuters


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