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SOCIETE GENERALE

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Societe generale : "les salariés restent les garants de l'indépendance de la sg"

vendredi 26 février 2010 à 12h30

(BFM Bourse) - Pas plus que les autres actionnaires de la Société Générale, les salariés et anciens salariés de banque n'ont été épargnés par la dévalorisation du cours de Bourse de la banque de La Défense depuis ses records de mai 2007 (au-delà de 158 euros !). Le cadre particulier de leur investissement est toutefois favorable au lissage de la performance, comme nous l'explique, Patrice Leclerc, président de l'ASSACT SG (association des actionnaires salariés et anciens salariés de la Société Générale), qui nous donne également son avis sur les enjeux du secteur.

Tradingsat.com : Être actionnaire, salarié ou non, de la SG n'est pas de tout repos depuis quelques années.

Patrice Leclerc : C'est vrai. Après une belle reprise en 2009, le cours de Bourse de la Générale vient de rechuter d'environ 20%, pénalisé, comme beaucoup de valeurs du secteur, par la conjoncture économique et les craintes réglementaires. Pour autant, la performance de l'investissement de salariés actionnaires depuis vingt ans reste appréciable. Bien sûr, la situation d'actionnaires entrés au plus haut en 2007 est plus difficile. Mais une performance boursière s'analyse sur le long terme. C'est d'autant plus vrai dans le cas des actionnaires salariés, qui sont obligés de garder leurs titres pendant un minimum de 5 ans.

Tradingsat.com : Dans quel cadre exactement les salariés de la banque peuvent ils acheter des actions de la SG ?

Patrice Leclerc : Le plan d'épargne entreprise (PEE) de la Générale a été mis en place il y a longtemps. C'est un plan très classique, sans effet de levier ou garantie de cours. Chacun décide volontairement d'investir ou de ne pas investir. L'entrée au capital par ce biais a lieu lors des augmentations de capital réservées au personnel. Il y en a une tous les ans à la Société Générale, aux alentours du mois de mai.

Tradingsat.com : Ces augmentations de capital se font généralement à un prix avantageux.

Patrice Leclerc : Le prix est certes intéressant dans la mesure où les augmentations de capital réservées se font avec une décote légale de 20%. Mais cette décote a une contrepartie qui est l'obligation de conserver les titres acquis pendant cinq ans. Cette contrainte justifie à elle seule une décote d'au moins 15% si l'on se réfère aux estimations des analystes financiers.

Tradingsat.com : Quelle est la politique de la Société Générale en matière d'abondement ?

Patrice Leclerc : L'aide financière qui complète les versements volontaires des salariés est fonction de la rémunération du salarié et de la durée de détention des actions. Le but est d'encourager les jeunes salariés dont le salaire est peu élevé à investir.

Tradingsat.com : Quelle est la proportion du capital détenu aujourd'hui par les salariés ?

Patrice Leclerc : Elle de l'ordre de 7% à 7,5%. Elle a déjà atteint des maximums de 8,5% à 9%, avant de reculer un petit peu avec la chute du cours de Bourse. Mais cette participation fait toujours du personnel le premier actionnaire de la Société Générale.

Tradingsat.com : Vous n'êtes cependant pas au conseil d'administration.

Patrice Leclerc : Nous avons assigné le président en référé pour contester cette injustice mais n'avons pas obtenu gain de cause. Selon toute vraisemblance nous devrions perdre notre pourvoi en cassation. Alors qu'il y a pourtant un consensus politique en France pour favoriser l'actionnariat salarié et la présence du personnel au conseil d'administration ! Laurent Fabius était ministre des Finances du gouvernement Jospin sous la présidence de Jacques Chirac lorsque la dernière loi sur le sujet a été votée. Pourtant l'actionnaire salarié de la Société Générale est toujours privé, non seulement du droit de désigner un administrateur au conseil, mais aussi du droit de choisir d'apporter ou non ses actions en cas d'OPA.

Tradingsat.com : Êtes-vous surpris et/ou inquiet des dernières dépréciations passées par la Société Générale ?

Patrice Leclerc : Surpris, pas vraiment. Le montant de produits toxiques évalué à l'origine par le FMI et celui déclaré par les banques du monde entier diffèrent depuis longtemps. Peut être le FMI était-il un peu pessimiste dans ses prévisions, mais ce qui est sûr, c'est que les banques n'avaient pas déclaré tous leurs actifs toxiques il y a deux ans. Le problème est de savoir combien il en reste aujourd'hui. Heureusement, les créances sur actifs toxiques seront remboursées à une certaine hauteur à l'échéance ; la perte ne sera pas totale.

Tradingsat.com : Beaucoup de choses ont changé à la Société Générale depuis deux ans.

Patrice Leclerc : C'est vrai. Tous les supérieurs de Jérôme Kerviel ont notamment quitté l'entreprise, y compris l'ancien PDG, Daniel Bouton. D'autre part, les procédures ont été revues de fond en comble ce qui est une bonne chose. Mais que la banque ait ou non le droit d'engager les dépôts de la clientèle dans des activités spéculatives, cela reste pour moi une énigme qu'un simple trader ait pu le faire à l'insu de la direction générale.

Tradingsat.com : Que vous inspirent les dernières rumeurs évoquant un rapprochement entre les BFI de Crédit agricole et Société Générale ?

Patrice Leclerc : Il est tout à fait possible de coopérer avec un autre établissement et/ou de partager de lourds investissements avec lui sans intention de fusionner. Il y a de nombreuses années par exemple, la SG et BNP ont créé une « usine informatique » commune de gestion des prêts immobiliers. En ce qui concerne la Société Générale et le Crédit Agricole, la coopération est allée assez loin avec la création de deux filiales communes : Newhedge dans le courtage, et Amundi dans la gestion d'actifs. Par contre, l'intérêt de fusionner les activités de BFI ne me paraît pas évident. Sur le plan capitalistique, dans l'absolu, je ne verrais pas d'inconvénient à ce que le Crédit Agricole vienne renforcer le tour table de la Société Générale, mais en prenant une participation limitée, de 3 à 4% par exemple.

Tradingsat.com : Le personnel salarié reste-t-il attaché à l'indépendance de la Société Générale ?

Patrice Leclerc : Absolument. Du fait de leur importance au capital, les actionnaires salariés et anciens salariés restent d'ailleurs les garants de cette indépendance. Cela dit, si elle est bien implantée en Afrique, dans le bassin méditerrannée et dans les pays de l'Est, la Société Générale n'est peut être aussi présente qu'il le faudrait dans certains pays d'Europe Occidentale. Se rapprocher, voire fusionner avec un établissement complémentaire, dont la culture est proche, peut se concevoir. Mais ce partenaire ne peut être ni le Crédit Agricole, ni BNP Paribas, et je ne vois pas bien qui pourrait remplir les critères parmi les banques américaines ou européennes. Seul Dexia pourrait constituer un candidat intéressant. Quoi qu'il en soit, la prise de conscience qu'il n'est pas forcément judicieux de vouloir créer de trop grosses banques est l'une des conséquences positives de la crise à mon sens.

Tradingsat.com : Que pensez-vous des réformes engagées pour mieux réguler le secteur bancaire ?

Patrice Leclerc : A titre personnel, je soutiens totalement les propositions faites par l'ancien président de la Fed Paul Volcker, aujourd'hui conseiller économique du président américain Barack Obama. Par exemple, le fait d'interdire les interventions sur les marchés pour compte propre. Je l'avais d'ailleurs demandé en 2008 lors de l'assemblée générale qui avait suivi l'affaire Kerviel. J'adhère également à la proposition de ne pas autoriser les banques à financer les hedge funds. A quoi servira en effet d'interdire aux banques de spéculer pour compte propre si on leur permet de prêter de l'argent à des fonds spéculatifs ?

Tradingsat.com : Quel modèle de banque préconiseriez-vous pour l'après crise ?

Patrice Leclerc : La crise est la conséquence d'une situation absurde. Certaines banques ont spéculé à grande échelle avec des fonds essentiellement constitués par les dépôts de particuliers, et que les Etats ont dû sauver in fine. Or, le bon sens préconiserait qu'il n'y ait que deux types d'établissements financiers. D'un côté les banques qui jouent un rôle de service public, c'est-à-dire qui financent les entreprises, les particuliers, autrement dit les banques indispensables au fonctionnellement de l'économie, et dont les dépôts garantis par l'Etat en cas de problème. De l'autre, il y aurait des banques dont le capital serait entièrement apporté par des investisseurs prêts à spéculer, mais qui, en cas de mauvais placement les acculant à la faillite, ne seraient pas sauvées par l'Etat. Ce distingo me paraît crucial pour éviter que les dépôts des salariés modestes soient recyclés par les banques et se retrouvent dans les bilans des hedge funds !

Propos recueillis par François Berthon

Propos recueillis par - ©2021 BFM Bourse
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