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Safran : Devrait bénéficier d'un bon « news flow »

Devrait bénéficier d'un bon « news flow »Devrait bénéficier d'un bon « news flow »

(Tradingsat.com) - Le champion 2007 remet son titre en jeu ! Sébastien Korchia, gérant de MAM Entreprises Familiales, élu meilleur fonds sur un an dans la catégorie actions françaises par La VF Europerformance, fait également beaucoup mieux que le marché depuis le début de l'année 2008. Il nous livre ses prévisions.

Tradingsat.com : Selon Jean-Claude Trichet, le pire de la crise financière reste à venir. Comment accueillez-vous ces propos peu rassurants ?

Sébastien Korchia : Le président de la BCE dispose de davantage d'informations que les hommes de marché quant à l'étendue des dégâts. Je constate de mon côté que l'actualité amène régulièrement son lot de (mauvaises) surprises. Il y a quelques jours, UBS a commencé à déprécier des ARS (Auction-Rate Securities), alors que ces instruments de crédits étaient jusqu'à présent jugés très peu risqués. Le cercle vicieux ne semble pas encore enrayé. Depuis plusieurs mois, les estimations de dépréciations liées à la crise des subprimes font l'objet de réévaluations successives, tandis que la dégradation de la conjoncture augmente inévitablement le risque de dépréciations supplémentaires.

Tradingsat.com : Craignez-vous des réactions en chaîne dignes de la grande dépression, que la Fed américaine et les autres banques centrales ne pourraient empêcher ?

Sébastien Korchia : Jusqu'à présent (et c'est notamment ce qui rend le parallèle avec 1929 inapproprié), la Réserve fédérale américaine a parfaitement joué son rôle de prêteur en dernier ressort. De même que la BCE. Combinées au pouvoir politique, les actions des banques centrales visent à isoler et éteindre les foyers de risques. La nationalisation de la banque britannique Northern Rock en février dernier, ou le rachat de Bear Stearns par JPMorgan avec l'aide de la Fed en sont la preuve. L'administration Bush finalise actuellement un plan destiné à aider des milliers de propriétaires menacés de saisie aux Etats-Unis. Personne n'ayant intérêt à voir le château de cartes s'effondrer, il est probable que les banques centrales et les pouvoirs politiques américains joueront tant que nécessaire leur rôle de garants.

Tradingsat.com : Lauréat des Palmes La VF, vous tirez plutôt bien votre épingle du jeu dans ce contexte.

Sébastien Korchia : Le classement établi par La VF Europerformance mesure en fait le meilleur couple rendement/risque, c'est à dire la meilleure performance associée à la plus faible volatilité, une méthodologie qui a permis au fonds MAM Entreprises Familiales de gagner plusieurs places au classement pour finir premier.

Tradingsat.com : Au vu de la régularité des performances du fonds, peut-on parler d'une « méthode Sébastien Korchia » ?

Sébastien Korchia : Ce n'est pas une méthode, mais je m'efforce d'adapter ma stratégie à chaque environnement de marché. Sans m'enfermer dans un schéma de pensée, j'ai un biais naturel tendant à privilégier une approche de gestion « value ». Inadaptée en période de croissance, cette méthode devrait retrouver ses lettres de noblesses, les opportunités d'achat d'actions sous-valorisées étant plus nombreuses qu'il y a neuf mois.

Tradingsat.com : Regardez-vous en particulier certains indicateurs ou certains ratios avant d'acheter une valeur ?

Sébastien Korchia : L'inconvénient de beaucoup de ratios est qu'ils se rapportent, soit à une situation passée, soit à des anticipations futures qui peuvent être erronées. C'est pourquoi j'apprécie le PEG, qui s'obtient en divisant le PER par le taux de croissance du bénéfice par action. Un PEG faible signifie que le marché se refuse à payer une forte croissance supposée. Si cette forte croissance se réalise, tant mieux, sinon la déception est déjà intégrée. Le PEG intègre mieux la méfiance sur la croissance des bénéfices par action des sociétés, les analystes n'ayant peut être pas procédé à tous les ajustements à la baisse nécessaires.

Tradingsat.com : Quels choix de gestion vous ont permis de battre le marché depuis son retournement à l'été 2007 ?

Sébastien Korchia : Les conditions sur les marchés de crédit se dégradaient, risquant de limiter le champ d'action des fonds de LBO qui étaient alors l'un des principaux moteurs de la hausse des marchés. J'ai donc créé une importante poche de liquidité à la fin du premier semestre 2007. Dans le même temps, j'ai réduit la part des investissements en petites et moyennes valeurs. Au fur et à mesure que le marché confirmait qu'il entrait en consolidation, le portefeuille est devenu de plus en plus défensif, recentré sur des valeurs sans problème d'endettement, offrant du rendement, à l'écart de la crise des subprime, et peu exposées aux matières premières. J'ai aussi commencé à augmenter le nombre d'opérations de trading, avec des allers-retours rapides.

Tradingsat.com : Le début d'année 2008 est-il différent ?

Sébastien Korchia : Le timing et la rapidité de la chute du mois de janvier m'ont un petit peu surpris. Mais le fonds ne baisse plus depuis mi-février. Il recule de 10.3% sur les trois premiers mois, beaucoup moins que son indice de référence, le SBF 250, qui perd 16%. La stratégie est identique : forte position en cash, trading actif sur les marchés, et choix défensifs de valeurs. Appliquée à mes autres fonds, cette politique donne également de bons résultats. MAM Profil Dynamique, MAM Profil Equilibre et MAM Europe Rendement limitent leur baisse à respectivement de 10.47%, 5.06% et 12.07%.

J'ajuste la stratégie depuis dix jours. Sans redevenir acheteur, je suis moins agressivement défensif. A court terme, le marché semble vouloir encaisser mieux les mauvaises nouvelles. Traditionnellement, la période qui va de la fin mars à fin avril s'inscrit plutôt en contradiction avec le début d'année. A brève échéance, cet effet de saisonnalité peut permettre au marché de remonter dans une zone proche des 5000 pts, peut-être aussi dans la perspective du versement prochain de copieux dividendes.

Tradingsat.com : A-t-on touché le plus bas ?

Sébastien Korchia : Le marché a autant de chance de finir l'année à 5200 qu'à 4000 pts. Il y a des arguments, comme la faiblesse des valorisations, le niveau élevé de la prime de risque, qui militent pour une bonne résistance de l'indice. Mais la poursuite d'un flux de mauvaises nouvelles macro et microéconomique peut tout remettre en cause. Nous disposons d'un mois, un mois et demi, de forte volatilité avec quelques pourcents à reprendre. Au delà, je pourrais privilégier un petit biais baissier, que je validerai ou non plus tard. Il n'est pas possible de faire des scénarios trop longtemps à l'avance. Mais je remarque qu'à aucun moment, le marché n'a capitulé dans la baisse. Il n'y a pas eu de panique à mon sens, c'est à dire de situation où tout le monde vend et où plus personne n'achète. Or pour qu'un vrai rebond intervienne après une crise comme celle là, il faut une purge.

Tradingsat.com : Est-il trop tôt pour se positionner sur certaines valeurs dans une optique de long terme ?

Sébastien Korchia : Les niveaux de valorisation sont intéressants au regard de la conjoncture actuelle. Mais le seront-ils demain dans une conjoncture dégradée ? Du fait de cette incertitude, l'acheteur doit avoir la capacité psychologique de résister le cas échéant à une jambe de baisse supplémentaire au second semestre. Il faut accepter l'idée que des titres sur lesquels on sera gagnant après-demain ne seront peut être pas très beau à voir demain, c'est à dire dans six mois. D'où l'intérêt de conserver une part de liquidités pour être en mesure de moyenner à la baisse le cas échéant.

Tradingsat.com : Et pour ceux qui visent le court terme ?

Sébastien Korchia : Le rebond peut être fragile et limité. Il n'y a peut être que 300 à 400 points à gagner sur l'indice, ce qui, frais déduits, limite le potentiel. Pour ceux qui n'achètent par le marché, mais des valeurs, la rotation sectorielle peut réserver des surprises, comme au premier trimestre où ce sont les banques qui se sont le mieux comportées.

Tradingsat.com : Quelles valeurs retiennent actuellement votre attention ?

Sébastien Korchia : Il est possible de revenir tout doucement sur des cycliques comme Saint-Gobain, Rexel, voire Haulotte Group pour les plus spéculateurs. Egalement sur la banque et l'assurance, avec l'idée de revendre rapidement ces positions. Citons Axa, dont la sensibilité au marché est importante, je regarderai CNP sous 70 euros, Société Générale sous 58 euros, BNP Paribas pour les plus prudents. Pourquoi pas opter pour un couple défensif CNP/BNP, ou un couple plus offensif, Société Générale/Axa, ou bien mélanger les deux en fonction de son profil de risque. Dans le secteur de l'énergie, EDF m'intéresse à 55 euros. J'apprécie les dossiers qui peuvent bénéficier d'un bon « news flow », comme Safran, qui a vraiment intégré les mauvaises nouvelles et dont la sortie des télécoms est programmée. Enfin, Air France a le potentiel pour remonter à 20 euros, voire plus.

Tradingsat.com : Des idées de valeurs de rendement ?

Sébastien Korchia : Guyenne & Gascogne, France Télécom, mais surtout l'ADP Casino. Il cote 20 euros de moins que l'action, soit une décote légèrement inférieure à 30%, qui se situe dans le haut de la fourchette historique. Acheter un ADP Casino aujourd'hui revient à jouer à la fois le court terme et le long terme, en permettant de miser sur Casino, un titre apprécié de la communauté financière, avec une décote et du rendement, et pourquoi pas profiter un jour d'un éventuel regroupement…

Propos recueillis par François Berthon


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