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Pharnext : Plombée par sa précarité financière, Pharnext n'en finit plus de chuter

lundi 21 juin 2021 à 11h20
L'action Pharnext continue son plongeon

(BFM Bourse) - Malgré une lettre ouverte dans laquelle le nouveau DG de la biotech tente de rassurer les actionnaires sur le fait qu'il ne sera pas nécessairement fait recours au programme de financement par obligations convertibles dans son intégralité, Pharnext s'enfonce à un nouveau plus-bas historique.

L'ombre d'elle-même. L'action Pharnext avait coté jusqu'à 29 euros au printemps 2019 dans le sillage de l'annonce des résultats de phase 3 (dernière phase des essais cliniques avant une éventuelle commercialisation) de son traitement contre la maladie de Charcot-Marie-Tooth puis d'une augmentation de capital menée auprès de son actionnaire CB Lux (holding de l'entrepreneur audiovisuel Claude Berda, le "B" de AB Productions). Le titre s'échange désormais ce lundi matin à 1,46 euro, équivalent à une capitalisation de 31 millions d'euros, sur une nouvelle baisse de 3,31%. Il s'agit là d'une dixième séance dans le rouge en l'espace de onze journées de Bourse.

2019 avait en effet marqué un tournant pour la biotech, dont la stratégie consiste à potentialiser des combinaisons de médicaments connus, en explorant la masse des données pharmacologiques et génomiques pour déduire des combinaisons synergiques de médicaments déjà approuvés mais pour de nouvelles indications. Ces "pléomédicaments" sont ensuite développés selon de nouvelles formulations, à la plus faible dose efficace possible. LE PXT-3003, son principal projet, combine les molécules de baclofène, naltrexone et sorbitol pour traiter la maladie de Charcot-Marie-Tooth de type 1A, une maladie neurologique (à ne pas confondre avec la maladie de Charcot, beaucoup plus grave). En raison d'un problème de formulation sur le dosage le plus élevé administré à une partie des patients de l'essai, elle s'est vu opposer par la FDA (l'Agence du médicament américaine) une invitation polie mais ferme à recommencer l'étude... Perdant plus de 40% le jour de cette annonce, le titre ne s'est jamais remis, tandis que les sources de financement se sont taries.

Une grosse dilution prévue

Au dernier point sur son bilan, le 27 avril dernier, la société qui a recommencé un essai de phase 3 indiquait détenir 11 millions d'euros de trésorerie, c'est-à-dire le montant levé lors de l'augmentation de capital menée en février, tandis que sa consommation de trésorerie dépasse largement 20 millions d'euros par an. Le dernier rapport annuel mentionne d'ailleurs "une situation d’incertitude significative sur la continuité d’exploitation".

Le 7 juin dernier, Pharnext a fait part de la signature d'un contrat de financement susceptible de lui permettre de mener à terme cet essai (baptisé PREMIER, pour lequel le premier patient a commencé son traitement en mars). La firme s'est engagée à émettre des obligations convertibles souscrites par un fonds spécialisé, moyennant des conditions directement dépendantes du cours de Bourse - c'est-à-dire d'autant moins favorables que le cours est bas. Ce programme est susceptible d'apporter à Pharnext jusqu'à 81 millions d'euros sur 36 mois, mais diluerait jusqu'à plus de 60% la participation des actionnaires actuels.

Lundi matin, l'entreprise a fait paraître une nouvelle lettre ouverture de son directeur général David Horn Salomon aux actionnaires. "Depuis l’annonce de notre programme de financement le 7 juin 2021, le cours de l’action de notre Société a diminué de manière significative, soulevant des questions de votre part", a-t-il reconnu. "Ce financement de long terme, dans l’hypothèse d’une capacité de tirage intégral par la Société sur une période de 36 mois, permettra d’achever l’étude clinique pivot de Phase III dans la CMT1A et, plus globalement, d’augmenter la trésorerie de Pharnext et ainsi favoriser sa croissance et son développement", plaide le dirigeant.

Dix centres cliniques ouverts en Amérique du Nord

"Nous comprenons tout à fait la frustration de certains actionnaires liée à la dilution qui est associée à ce type de financement par obligations convertibles mais, compte tenu du calendrier, du stade de développement actuel de notre société et de conditions de marché non favorables, nous restons fermement convaincus que ce financement est bénéfique pour Pharnext", explique le docteur Horn Salomon, citant la flexibilité ("selon les circonstances, et en particulier si nous accédons à d’autres sources de financement, il se peut que nous n’ayons pas besoin de prélever la totalité du montant") et le fait qu'une augmentation de capital classique aurait aussi généré une dilution significative.

En termes de calendrier opérationnel, le dirigeant a signalé que dix centres cliniques étaient d'ores et déjà ouverts en Amérique du Nord et que d’autres sites seront ouverts cet été aux États-Unis et au Canada au cours de cet été. "Enfin, nous restons en bonne voie pour annoncer l'ouverture des premiers sites européens et israéliens au troisième trimestre 2021. Nous sommes confiants de terminer le recrutement des patients dans l'essai PREMIER au deuxième trimestre 2022 comme annoncé initialement, ce qui permettra à notre société d’annoncer les premiers résultats de l'étude clinique pivot de Phase III au cours du troisième trimestre 2023", assure le dirigeant. Une perspective qui apparaît aujourd'hui un peu trop lointaine aux actionnaires, pour qui la pilule d'un programme de financement dilutif a toujours du mal à passer.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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