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Pétrole Brent

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Pétrole brent : Avant la réunion de l'Opep+, les prix du pétrole retrouvent leur niveau d'avant pandémie

lundi 4 janvier 2021 à 11h04
L'Opep ne devrait pas rouvrir le robinet

(BFM Bourse) - Les cours de l'or noir atteignent un nouveau sommet depuis plus de dix mois, les investisseurs anticipant une prolongation des coupes de production de l'Opep et de ses alliés, dont les ministres sont de nouveau réunis à Vienne ce lundi.

À près de 53 dollars vers 9h50 (+2,55% à 52,91 dollars), le baril de Brent retrouve un niveau inédit depuis le 26 février dernier, soit juste avant l'effondrement des cours provoqué par les inquiétudes relatives à l'épidémie et l'incapacité des pays membres de l'Opep à se mettre d'accord -dans un premier temps- sur une réduction de leur production. Et après avoir chuté à des niveaux inédits puis difficilement reconquis le seuil des 40, puis des 50 dollars, les références mondiales de brut poursuivent leur rebond entamé à l'annonce des premiers résultats cliniques pour les vaccins contre le Covid. Et peu après 10h, en cette première séance de l'année, le baril de WTI revient également à un plus haut depuis près d'un an, à 49,66 dollars (+2,34%), porté par la perspective d'un maintien par l'Opep et ses alliés de la production à ses niveaux actuels en février à l'issue de la réunion de ce lundi.

Les membres du cartel et leurs partenaires, emmenés par l'Arabie saoudite et la Russie, se retrouvent de nouveau ce lundi par visioconférence pour arrêter la quantité de brut à remettre sur le marché mondial le mois prochain. Figure à l'agenda un Comité de suivi de l'accord en vigueur de réduction de la production du groupe, identifié sous l'acronyme JMMC et prévu initialement mi-décembre, suivi d'un sommet ministériel à partir de 15h.

Soutenir les prix du brut

La fréquence de ce rendez-vous s'est accélérée sous l'effet de la crise sanitaire et des dégâts qu'elle inflige à l'économie mondiale. Il s'agit -toujours- d'ajuster l'offre d'or noir à une demande sabrée par la pandémie de Covid-19 et dont la reprise est incertaine, avec en ligne de mire le soutien des prix du brut.

Le dernier cycle de réunions, entre le 30 novembre et le 3 décembre, avait "ouvert la voie à un retour progressif de 2 millions de barils supplémentaires par jour sur le marché au cours des prochains mois, les pays participants se tenant prêts à ajuster ces niveaux en fonction des conditions et de l'évolution du marché", a rappelé dimanche le secrétaire général de l'Opep, Mohammed Barkindo, lors d'un comité technique conjoint (JTC) de l'Opep+, chargé d'établir des recommandations pour le JMMC du lendemain.

Cette stratégie s'était traduite par un premier palier de 500.000 barils quotidiens supplémentaires en janvier et par une promesse de rendez-vous chaque début de mois des treize membres du cartel, emmenés par l'Arabie saoudite, et de leurs dix alliés, menés par la Russie, afin de statuer sur le volume de production pour le mois suivant.

Pierres d'achoppement

Ce suivi au cordeau montre la volonté de l'organisation de garder la mainmise sur le marché mais aussi la gravité de la situation dans laquelle sont plongés les producteurs de brut qui se satisfaisaient avant la crise sanitaire de deux sommets par an au siège de l'organisation à Vienne, en Autriche. Leur effort de coupes dans la production, pénibles pour les finances des 20 pays qui y sont soumis (l'Iran, le Venezuela et la Libye sont exemptés), a joué son rôle l'an dernier en inversant la chute vertigineuse des prix du brut, jusqu'en terrain négatif pour la référence américaine en avril (une première dans l'histoire).

Le résultat de la politique des membres de l'Opep+ reste par ailleurs assez dépendant du bon vouloir de deux d'entre eux, la Russie et l'Arabie saoudite, respectivement deuxième et troisième producteurs mondiaux derrière les Etats-Unis - dont le statut de premier producteur est menacé par l'effondrement du secteur de schiste, comme l'expliquait Benjamin Louvet, gérant matières premières chez OFI Asset Management, dans une interview récemment donnée à BFM Bourse.

En mars dernier, c'est la mésentente entre Ryad et Moscou, débouchant sur une courte mais intense guerre des prix, qui avait fait trébucher une première fois les cours du brut. Le climat est aujourd'hui plus apaisé, les responsables saoudiens et russes ayant affiché mi-décembre leur unité lors d'une réunion bipartite. Les pierres d'achoppement au sein du club demeurent toutefois nombreuses, notamment au sujet du respect des quotas ou des prévisions plus ou moins optimistes quant à la reprise de la demande pétrolière.

Dans son dernier rapport mensuel, le cartel lui-même s'était voulu prudent en révisant à la baisse l'appétit mondial pour le pétrole en 2021. Il avait noté au passage "les incertitudes élevées, essentiellement en ce qui concerne le développement de la pandémie de Covid-19 et le déploiement des vaccins", de même que l'impact des "effets structurels du Covid-19 sur les comportements des consommateurs, en particulier dans le secteur des transports". Auparavant, le 15 décembre dernier, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avait également revu à la baisse les perspectives de demande mondiale d'or noir pour 2021, désormais attendue en baisse de 8,8 millions de barils par jour (mbj), soit 500.000 barils par jour de moins qu'estimé dans le rapport du mois dernier, avait indiqué l'organisation dans son étude mensuelle.

(avec AFP)

Quentin Soubranne - ©2021 BFM Bourse
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