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Pétrole Brent

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Pétrole brent : Le baril de Brent tutoie de nouveau les 50 dollars grâce au compromis trouvé par l'Opep+

vendredi 4 décembre 2020 à 11h40
Le baril de Brent tutoie se rapproche de nouveau des 50 dollars

(BFM Bourse) - Après avoir quelque peu tangué cette semaine face à l'impasse apparente des négociations entre les membres de l'Opep et leurs alliés, les cours pétroliers repartent de l'avant alors qu'un accord a été trouvé sur un prolongement plus prononcé qu'initialement prévu des coupes de production.

Les membres de l'Opep+ se sont mis d'accord jeudi pour "restituer progressivement" sur le marché les quelque 2 millions de barils par jour prévus en début d'année prochaine, en commençant par 500.000 barils quotidiens en janvier, à l'issue de quatre jours d'âpres négociations. "À partir de janvier 2021", les pays signataires de l'accord Opep+ "ont décidé d'ajuster volontairement leur production de 0,5 million de barils par jour (mbj)", a indiqué l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) dans un communiqué diffusé à l'issue d'un réunion interministérielle avec ses alliés qui s'est tenue par visioconférence.

Cette décision fait donc passer le volume de pétrole brut retiré volontairement du marché par l'alliance de 7,7 à 7,2 mbj au 1er janvier et amende l'accord précédent arraché au printemps, qui prévoyait une marche plus haute à 5,8 mbj, jugée par beaucoup trop haute au vu d'un marché toujours déprimé par la pandémie de Covid-19.

Les pays producteurs n'ont pas pour autant abandonné ce dernier objectif, précisant qu'ils comptaient l'atteindre mais de façon progressive, pour mieux s'aligner sur une demande qui repart moins vite, le cartel n'ayant pas anticipé la vigueur de la deuxième vague.

Pour ce faire, les membres de l'Opep+ ont convenu de se retrouver à chaque début de mois à partir de janvier afin "d'évaluer les conditions du marché et décider des ajustements de la production pour le mois suivant", est-il écrit dans le communiqué.

"Négociations difficiles"

Ce suivi attentif permettra "d'être plus précis et de répondre aux demandes du marché en tenant compte des facteurs, positifs et négatifs, qui l'affectent à chaque moment", a expliqué le vice-Premier ministre russe chargé du secteur énergétique, Alexander Novak, à l'occasion d'une conférence de presse en ligne après la réunion.

L'obtention de cet accord ne s'est pas fait sans peine, en témoigne le report de la réunion, initialement prévue mardi. Alexander Novak a évoqué des "négociations difficiles" quand son homologue saoudien Abdel Aziz ben Salmane, chef de file du cartel, a préféré souligner la nature consensuelle de la décision trouvée à vingt-trois.

L'ouverture progressive du robinet d'or noir en fonction de la demande et des prix est au cœur de la stratégie de l'alliance cette année, et traduit ici le compromis entre d'un côté les pays qui souhaitaient prolonger les réductions actuelles, de l'autre ceux qui voulaient suivre les étapes du calendrier en vigueur. L'effort consenti au cours des derniers mois, pénible pour les finances de tous, a montré son efficacité pour les producteurs puisqu'il a contribué à la reprise des cours du brut depuis les abîmes visitées fin avril.

Prix en convalescence

Les marchés accueillent positivement cette décision: les deux cours de référence - le Brent de mer du Nord et le WTI américain - ont clôturé jeudi en hausse de près de 1%, à respectivement 48,71 et 45,64 dollars le baril. Et les deux références mondiales de brut repartent de l'avant vendredi matin, le baril de Brent reprenant 1,05% supplémentaires à 49,02 dollars (après avoir atteint 49,8 dollars dans la matinée) quand celui de "light sweet crude" texan gagne 1,03% à 46,11 dollars peu avant 11h30.

"Ce n'est pas le scénario cauchemardesque que le marché craignait, mais ce n'est pas non plus ce qu'il attendait il y a quelques semaines" quand une simple prorogation des coupes actuelles ne semblait être qu'une formalité, a réagi Paola Rodriguez Masiu, analyste de Rystad. La récente remontée des cours -de l'ordre de 25% sur le seul mois de novembre pour les deux références, soit le meilleur mois depuis mai- alimentée par les espoirs nés des vaccins, puis des perspectives de campagnes de vaccinations massives offrant des perspectives de "retour à la normale" de la demande d'hydrocarbures, a toutefois changé la donne.

L'alliance a également rappelé l'importance des compensations de la production de certains pays qui excèdent leurs quotas, comme récemment l'Irak ou encore le Nigeria. Ceux-là ont toutefois bénéficié d'un nouveau sursis: il leur est désormais laissé jusqu'à la fin du mois de mars pour se mettre en règle.

Le cartel doit également surveiller les niveaux de production des trois membres exemptés de coupes, amenés à croître dans les mois qui viennent: c'est déjà le cas de la Libye actuellement et peut-être de l'Iran dans un futur proche, en cas d'assouplissement des sanctions américaines à son endroit. Le Venezuela, littéralement asphyxié par ces sanctions, tente également de relancer sa production, notamment via le vote d'une "loi anti-blocage" destiné à ses (rares) alliés, parmi lesquels la Chine et la Russie, qui vise à faciliter les investissements dans le secteur sous couvert d'anonymat.

(avec l'AFP)

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