(BFM Bourse) - Le Brent est passé au-dessus des 90 dollars ce vendredi 6 mars alors que les frappes au Moyen-Orient se poursuivent et que le scénario d'un conflit perturbant l'approvisionnement de brut angoisse les investisseurs.
Les cours du pétrole poursuivent leur envolée ce vendredi 6 mars alors que les investisseurs redoutent d'importantes perturbations sur l'approvisionnement mondial en raison du conflit au Moyen-Orient.
En Irak, l'exploitation d'un champ pétrolier opéré par le groupe américain HKN Energy a été arrêtée à la suite d'une attaque.
Cette annonce a accentué le bond des cours du pétrole. Le contrat d'avril sur le Brent de mer du Nord prend 5% à 89,69 dollars après être passé au-delà des 90 dollars le baril, pour la première fois depuis avril 2024, selon Reuters. Le contrat de même échéance sur le WTI coté à New York flambe de 8% à 87,46 dollars le baril.
De plus, l'armée iranienne a affirmé avoir ciblé un pétrolier américain qui serait "en feu" dans le Golfe, rapporte l'AFP.
Vers un conflit prolongé
L'hypothèse d'une guerre rapide semble par ailleurs s'éloigner. Le président américain Donald Trump a indiqué que la guerre contre l'Iran durera jusqu'à la "capitulation totale".
"Il n'y aura pas d'accord avec l'Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION! Après cela, et le choix d'un ou plusieurs dirigeants FORMIDABLES ET ACCEPTABLES, avec de nombreux merveilleux et très courageux partenaires et alliés, nous travaillerons sans relâche pour relever l'Iran, le rendre économiquement plus grand, meilleur et plus fort que jamais", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.
"Trump a laissé entendre qu'il souhaitait avoir son mot à dire dans la succession au pouvoir en Iran, ce qui pourrait compliquer les perspectives d'une résolution diplomatique. Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré qu'il ne voyait actuellement aucune raison d'engager des pourparlers avec les États-Unis", explique Deutsche Bank.
"Un conflit prolongé avec des perturbations importantes dans le détroit d'Ormuz pourrait voir le prix du pétrole atteindre 100 dollars le baril, mais il devrait tout de même terminer l'année 2026 autour de 70 dollars le baril, car le marché finirait par s'adapter", a jugé Allianz Trade dans une note publiée mercredi.
"Nous ne sommes pas experts géopolitiques, militaires ni des marchés de l’énergie. Mais il nous semble, vu les objectifs de guerre assez flous des États-Unis et le fait que le régime iranien se bat désormais pour sa survie, que les combats et l’impact négatif sur l’offre d’énergie mondiale pourraient durer un peu plus longtemps que lors des conflits précédents avec l’Iran (quelques semaines ?)", écrit Xavier Chapard de LBPAM.
Le rebond des cours du pétrole pressurise, par ailleurs, les marchés actions. L'indice parisien perd encore 1,5% ce vendredi, se dirigeant tout droit vers les 7.900 points, à 7.931,82 points vers 15h05. L'indice vedette parisien s'achemine vers sa pire semaine depuis avril 2025.
Selon les indicateurs d'avant-marché, le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq devraient céder entre 1,3% et 1,6% à l'ouverture de Wall Street. Un mauvais rapport sur l'emploi américain mettant en avant la destruction de 92.000 postes et la remontée du taux de chômage à 4,4% le mois dernier, ajoute une dose supplémentaire de stress pour les marchés.
