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Pétrole Brent

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Pétrole brent : Omicron, vague de froid aux Etats-Unis, sous-production en Russie... Les raisons du rebond pétrolier

lundi 10 janvier 2022 à 16h42
Le pétrole revient à son niveau pré-Omicron

(BFM Bourse) - Après avoir flanché fin novembre face à l'apparition d'Omicron, les cours pétroliers se sont vivement repris depuis grâce à des nouvelles rassurantes quant à la dangerosité de ce variant, mais pas seulement. Décryptage avec Benjamin Louvet, gérant matières premières chez Ofi Asset Management.

Au rebond depuis début décembre, les cours des principales références mondiales de brut viennent de revenir à leur niveau précédant le krach provoqué par l'apparition du variant Omicron le 26 novembre dernier - séance au cours de laquelle les barils de Brent et de WTI avaient lâché plus de 10% chacun. S'ils refluent légèrement ce lundi (-0,9% à 81,1 dollars pour la référence européenne et -0,8% à 78,3 dollars pour la nord-américaine), les deux reprennent encore plus de 15% depuis leur creux d'il y a un mois et demi. Cette hausse pourrait en outre se poursuivre selon Benjamin Louvet, gérant matières premières chez Ofi Asset Management, qui voit le baril de Brent tutoyer les 100 dollars en fin d'année étant donné le déficit d'offre.

Quatre éléments justifient selon lui la récente orientation à la hausse des prix. "Le premier constat est que les cours ont effacé leur chute de 10% en une séance enregistrée fin novembre avec l'apparition d'Omicron. Les nouvelles rassurantes quant à la dangerosité de ce nouveau variant ont conduit les opérateurs à écarter le risque de réelles répercussions économiques, et c'est le premier élément. Le deuxième, c'est la situation en Libye, où l'offre est actuellement limitée en raison de fermeture pour maintenance de plusieurs champs. Le troisième, peu évoquée, est le froid extrême qui sévit sur une large partie du Canada et des Etats-Unis avec des écarts de température spectaculaires (de près de 30° le 3 janvier à -18° le lendemain au Texas par exemple), ce qui a entraîné l'arrêt d'infrastructures pétrolières et réduit la production à court terme. Et enfin, le dernier élément, c'est le taux de compliance trop élevé (127% au 6 janvier) au sein de l'Opep par rapport aux objectifs de réduction, ce qui signifie qu'un certain nombre de pays (Angola, Nigéria) semblent avoir des difficultés à remonter leur production" énumère-t-il.

Pour ne rien arranger, la Russie, qui fait partie des alliés de l'Opep (au sein de l'Opep+), "ne produit pas non plus les quantités qui lui ont été attribuées, et ce depuis plusieurs mois, ce qui soulève des questions quant à sa capacité à atteindre ses objectifs de production". "Le ministre de l'énergie Alexander Novak avait d'ailleurs déclaré que le pic de production de la Russie interviendrait fin 2021" rappelle l'expert, selon qui ce scénario semble donc se confirmer aujourd'hui.

"La situation au Kazakhstan accentue également la tension sur les prix" relève Benjamin Louvet. Ce pays d'Asie centrale et ancienne république soviétique est en effet en proie à des manifestations qui tournent à l'insurrection et à une violente répression (des dizaines de manifestants ont été tués) de la part des autorités. Une situation explosive qui fait craindre des perturbations au niveau de la production, alors que le pays pompe actuellement près de 1,7 million de baril par jour.

Ralentissement du secteur du schiste

En outre, la production des plus gros pays producteurs de l'Opep et de ses alliés est déjà revenue peu ou prou à son niveau d'avant crise et l'essentiel du déficit ne vient pas de ces pays mais bien... des Etats-Unis, avec un ralentissement du secteur du schiste qui tourne à 92% de sa capacité d'avant crise, et loin de son pic de production atteint en 2018, souligne encore Benjamin Louvet. "Tout ça mis bout à bout fait que les craintes que j’avais évoqué (dès juin 2021, NDLR) concernant un déséquilibre de marché se matérialisent et pourraient avoir des conséquences sur les prix".

"Nos cibles de prix sont autour de 85 dollars le baril pendant l'hiver, puis 80$ au printemps, 90$ pendant l'été et 95$ en fin d'année, avec de possibles pointes à 100$ en cas d'exagération du marché, qui pourrait être liée à des "outages", soit des interruptions non programmées de production" anticipe-t-il.

Car ce rebond intervient alors que la demande mondiale est déjà revenue autour de 100 millions de barils par jour, soit tout proche de son niveau pré-pandémique, quand bien même le transport aérien n'est encore qu'à 60% de sa capacité "normale" - ce qui affecte actuellement la demande mondiale à hauteur de 3 millions de barils par jour.

Quentin Soubranne - ©2022 BFM Bourse
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