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Pétrole Brent

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Pétrole brent : L'Iran, les stocks américains, la production russe et une tempête tropicale font bondir les cours de l'or noir

jeudi 11 juillet 2019 à 11h15
Les cours du pétrole ont nettement rebondi mercredi

(BFM Bourse) - Les deux principales références mondiales de pétrole brut (Brent et WTI) ont rebondi de plus de 4% mercredi, entre les tensions autour du détroit d'Ormuz, la nouvelle chute des stocks américains, les perturbations de la production russe en raison de la fermeture temporaire d'un oléoduc et l'arrivée d'une tempête tropicale dans le Golfe du Mexique.

Les cours de l'or noir se sont de nouveau emballés à la hausse, mercredi, notamment portés par la persistance de tensions géopolitiques dans le détroit d'Ormuz -où transite un tiers du pétrole brut mondial- entre l'Iran et le Royaume-Uni cette fois, ainsi que par le net recul des stocks de brut américains. Le baril de Brent de mer du Nord pour livraison a bondi de 4,4% (ou 2,85 dollars) pour finir à 67,01 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres. Son pendant américain, le baril de WTI texan ou "light sweet crude", pour livraison en août, s'est apprécié de 2,60 dollars (+4,5%) à 60,43 dollars. Jeudi matin, les deux références mondiales de pétrole brut poursuivent sur leur lancée de la veille en s'adjugeant respectivement 1,32% à 67,60 dollars (Brent) et 0,85% (WTI) à 60,78 dollars.

Nouvelle baisse des stocks US

Les barils d'or noir sont bien orientés depuis mardi soir et la publication du rapport hebdomadaire de la fédération professionnelle de l'American petroleum institute (API) faisant état d'une baisse importante des réserves de brut. Une information officiellement confirmée mercredi par l'Agence américaine d'information sur l'Énergie (EIA) -dont les données font foi sur le secteur- qui a enregistré une chute de 9,5 millions de barils des stocks de brut au cours de la semaine achevée le 5 juillet. Ce net recul est lié à une augmentation de la demande de la part des raffineries, qui ont fonctionné en moyenne à 94,7% de leurs capacités contre 94,2% la semaine précédente. De son côté, la production américaine est repartie à la hausse, s'établissant en moyenne à 12,3 millions de barils par jour (mbj), tout près de son record de 12,4 mbj atteint lors de la dernière semaine du mois de mai, faisant des États-Unis le plus gros producteur mondial d'or noir.

Persistance de tensions avec l'Iran

La situation géopolitique et les tensions persistantes dans le détroit d'Ormuz -par lequel transite près d'un tiers du pétrole mondial acheminé par voie maritime- constituent une source d'incertitudes pour le marché de l'or noir. Mercredi, le président américain a averti que les sanctions contre Téhéran allaient prochainement être "considérablement" durcies puisque l'Iran n'a pas respecté les engagements imposés par l'accord de Vienne de 2015 sur les stocks d'uranium enrichi.

Et après les États-Unis, c'est au tour du Royaume-Uni de rencontrer des problèmes dans le détroit d'Ormuz puisque, selon un porte-parole du gouvernement de Londres, des navires iraniens ont tenté, mercredi soir, "d'empêcher le passage" d'un pétrolier britannique, quelques jours après l'arraisonnement d'un pétrolier iranien par le Royaume-Uni à Gibraltar. Le communiqué indique que la Royal Navy a dû intervenir en déployant une frégate pour venir à ce pétrolier, propriété de BP Shipping (filiale du supermajor "BP"). "Le HMS Montrose [la frégate militaire] a été contraint de se positionner entre les navires iraniens et le British Heritage [le pétrolier, NDLR] et de lancer des avertissements verbaux aux navires iraniens, qui ont ensuite fait demi-tour", une situation préoccupante pour le gouvernement de Londres qui exhorte les autorités iraniennes à "désamorcer la situation dans la région".

Si les Gardiens de la révolution iraniens ont nié avoir bloqué ce pétrolier, un avion américain a filmé l'incident, qui s'est terminé lorsque le navire de la marine britannique qui escortait le tanker a pointé ses armes sur les bateaux iraniens en leur intimant de s'éloigner, selon CNN. Cet incident intervient après la mise en garde du président iranien Hassan Rohani à l'encontre du Royaume Uni, le guide suprême ayant évoqué des "conséquences" après l'arraisonnement par Londres d'un pétrolier iranien, le Grace 1, au large de Gibraltar la semaine dernière, une opération qualifiée d' "acte de piraterie en haute mer" par Téhéran.

"Je le rappelle aux Britanniques : c'est vous qui êtes à l'initiative de l'insécurité et vous en mesurerez les conséquences plus tard", a de nouveau déclaré mercredi Hassan Rohani lors d'un conseil des ministres. La tension autour du détroit a culminé au cours des dernières semaines avec une spirale d'événements, dont des attaques d'origine inconnue contre des pétroliers et la destruction d'un drone américain par l'Iran.

Recul de la production russe

Les prix de l'or noir sont également soutenus par les derniers chiffres sur la production russe, tombée début juin à un plus bas depuis trois ans en raison de la découverte, mi-avril, d'une contamination, par des chlorures, des bruts de l'Oural qui transitaient par l'oléoduc Droujba ("Amitié" en russe), l'un des plus longs du monde, vers l'Europe du Nord (Allemagne, Slovaquie, Pologne). Après avoir été provisoirement suspendues, les exportations via ce pipeline n'ont qu'en partie repris depuis. Résultat, la Russie produit actuellement 400.000 barils par jour de moins que ce que stipule l'accord de réduction de production prolongé par l'Opep+ début juillet, à 10,79 mbj. Une source professionnelle a précisé à Reuters que la production de Rosneft, le premier producteur pétrolier mondial, avait ainsi chuté de 11% entre le 1er et le 8 juillet.

Tempête tropicale

Dernier facteur pesant à la hausse sur les cours de l'or noir, l'arrivée d'une tempête tropicale gorgée de pluies dans le Golfe du Mexique, pouvant potentiellement se transformer en ouragan -qui serait le premier de la saison dans l'Atlantique et s'appellerait Barry- selon le Centre national des ouragans. Selon une agence gouvernementale américaine, quinze plateformes de production étaient déjà évacuées à 18h30 mercredi, et environ 32% de la production totale de pétrole dans le Golfe du Mexique a été mise en suspens, ce qui correspond à environ 600.000 barils par jour.

(avec AFP)

Quentin Soubranne - ©2019 BFM Bourse
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