(BFM Bourse) - Le conglomérat et l'opérateur télécoms progressent en Bourse, après avoir confirmé l'existence de nouvelles discussions pour l'acquisition potentielle d'une grande partie des activités d'Altice et donc SFR en France.
Les spéculations autour d'une consolidation du secteur télécoms en France, avec un potentiel retour à trois opérateurs, refont surface.
Le rachat de SFR, asphyxié par une écrasante dette, est en effet relancé. Dans un communiqué commun, les trois concurrents du groupe au losange rouge, Orange, Iliad (Free) et Bouygues Telecom ont confirmé ce jeudi 22 janvier, l'existence de discussions avec Altice en vue de l'acquisition potentielle d'une grande partie des activités de télécommunications du groupe Altice en France (et donc SFR).
Les trois groupes reconnaissant que des travaux de "due diligence" (audit d'acquisition, NDLR) ont été engagés depuis début janvier 2026. Ils ajoutent que les conditions juridiques et financières de la transaction ne font l'objet d'aucun accord à date.
Une offre aux alentours des 20 milliards d'euros
Le trio d'opérateurs télécoms a été contraint de sortir du bois après des informations de nos collègues de BFM Business, publiées un peu plus tôt dans la journée.
Cet article rapporte que le consortium a signifié au propriétaire de SFR, Patrick Drahi, être prêt à porter leur offre aux alentours de 20 milliards d'euros pour racheter son opérateur télécom, contre 17 milliards pour la précédente offre, soumise en octobre dernier, et rejetée illico par Altice.
BFM Business ajoute que le milliardaire a autorisé Bouygues, Orange et Free à examiner en profondeur les comptes de SFR, pour approfondir leurs négociations. Le trio envisagerait de formuler une offre de rachat engageante de l'opérateur en difficulté d’ici deux mois.
Le marché apprécie la perspective d'un retour à trois opérateurs sur le marché français. À la Bourse de Paris, Orange gagne 3,6% et Bouygues s'adjuge 3%, vers 12h00.
Cette nouvelle initiative du trio n'est que la suite du match à la course à la consolidation En octobre dernier, Orange, Bouygues et Iliad (Free) se sont alliés pour déposer une offre conjointe visant l'essentiel des actifs d'Altice France et donc SFR. Altice France avait "immédiatement rejeté" cette offre.
"L'histoire ne fait que commencer et les rebondissements promettent d'être nombreux", avait signalé Invest Securties après cette première offre automnale.
Des précisions le 19 février?
Les dirigeants de Bouygues Telecom, Free et Orange ont toujours déclaré être favorables à une consolidation du marché autour de trois opérateurs, comme l'arrivée de l'opérateur d'Iliad en 2012.
Citi rappelle que SFR n'est pas en situation de force. Le groupe télécoms affiche une dette nette de 16 milliards d''euros, soit un ratio d'endettement (la dette nette rapportée à au résultat brut d'exploitation) de 5,1, selon la banque, un niveau extrêmement élevé. Les prochaines échéances de dette doivent survenir en 2028, explique Citi, qui s'attend à ce que SFR soit sous pression pour trouver une solution avant cette date.
Des obstacles réglementaires et politiques existent toutefois, puisque le retour à trois opérateurs serait potentiellement synonyme de prix moins avantageux pour le consommateur et de menaces pour l'emploi.
"À ce titre, l'élection présidentielle française prévue début 2027 représente un facteur supplémentaire à prendre en considération, car tout accord soumis à approbation pourrait être confronté à un risque politique accru s'il est toujours en cours de négociation à l'approche de l'élection, comme cela semble très probable à l'heure actuelle", prévient Citi.
En attendant un éventuel dénouement, les observateurs s'accordent à dire que la perspective d'un retour à trois opérateurs serait bénéfique pour les acteurs en place.. Barclays évaluait entre 4,5 milliards et 12,3 milliards d'euros, en valeur actuelle nette, les synergies que cette opération de consolidation du marché pourrait créer sur les coûts.
"Si la consolidation peut générer d'importantes synergies en termes de dépenses d'exploitation et d'investissement, c'est 'la réparation des prix' qui constitue la véritable source de valeur", expliquait de son côté Bank of America.
Autrement dit, selon la banque, l'intérêt de l'opération serait surtout d'atténuer les pressions concurrentielles, les promotions, et donc de limiter les tensions sur les tarifs. Le marché français de la téléphonie est réputé être très compétitif sur les prix.
Citi s'attend à ce que les questions relatives à la consolidation soient certainement abordées lors de la conférence de presse d'Orange le 19 février. À cette date, Orange livrera aussi ses résultats annuels et tiendra, surtout, un "capital market day", c'est-à-dire une journée dédiée aux investisseurs, la première depuis trois ans. L'entreprise devrait livrer ses perspectives à l'horizon 2028.
Par Sabrina Sadgui (avec Julien Marion)
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