(BFM Bourse) - Le groupe télécoms a publié ses résultats annuels et a dévoilé son nouveau plan stratégique baptisé "trust the future". Le groupe vise une croissance annuelle de 3% de son indicateur clef de rentabilité et une progression de 12% par an de sa génération de cash.
Les journées dédiées aux investisseurs sont des moments délicats à gérer pour les entreprises cotées. Très attendus du marché, ces rendez-vous peuvent donner lieu à d'importantes corrections boursières, si les objectifs de moyen terme s'avèrent trop prudents, ou, au contraire, trop ambitieux.
Orange semble plutôt à l'aise avec cet exercice périlleux. Lors de sa précédente journée dédiée aux investisseurs, en février 2023, la société avait convaincu le marché et son action avait gagné plus de 6%.
Trois ans plus tard, le groupe télécoms est en passe de reproduire le même schéma, ce jeudi 19 février. L'action décolle de 6% vers 13h, après que l'ex-France Télécom a livré ses nouvelles orientations stratégiques de moyen terme.
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Le top trois européen
Orange a dévoilé son plan pour la période 2026-2028 baptisé "Trust the Future". Ce plan donne des cibles pour 2026 et à horizon 2028.
Pour l'année en cours, le groupe vise une hausse d'environ 3% de son principal indicateur de rentabilité, à savoir le résultat brut d'exploitation après loyers (Ebitdaal) ainsi qu'un flux de trésorerie organique d'environ 4 milliards d'euros, après 3,65 milliards en 2025 et un dividende de 79 centimes par action (payable en 2027), après 75 centimes en 2026 au titre de 2027.
Ces perspectives s'entendent hors consolidation à 100% de MasOrange, un opérateur de téléphonie mobile en Espagne que le groupe co-détient aux côtés de la société d'investissement britannique Lorca. L'entreprise a signé un accord pour acheter les 50% restants de cette entreprise et la transaction doit être finalisée au premier semestre.
Orange précise que cette opération n'aura pas d'impact sur ses perspectives 2026 d'Ebitdaal et de dividende. La transaction aurait un effet positif sur le cash-flow. Elle devrait, a contrario, augmenter temporairement l'endettement du groupe.
À l'horizon 2028, Orange vise une croissance annuelle moyenne de son Ebitdaal d'environ 3%.
Concernant le flux de trésorerie organique, la société table sur un montant de 5,2 milliards d'euros en 2028, ce qui implique une progression annuelle moyenne de 12% sur la période. Par ailleurs, Orange s'est engagé sur un montant du dividende "plancher" de 85 centimes par action au titre de 2028.
Le groupe compte également faire progresser son bénéfice par action d'environ 10% par an entre 2025 et 2028.
"Cela devrait placer Orange dans le top 3 du secteur en termes de croissance des bénéfices", note Oddo BHF. Le courtier remarque que les indications de génération de trésorerie pour 2026 et 2028 sont supérieurs de 3% et 4% respectivement au consensus (la prévision moyenne des analystes).
IA et services
Citi écrit de son côté que les indications du groupe signalent "la robustesse de la génération de trésorerie" grâce à la discipline du groupe sur les dépenses d'investissement ("capex").
"Nous pensons que les objectifs de 2026 et 2028 sont susceptibles d'être considérés comme un plancher (un minimum donc, NDLR) par le marché, étant donné le bilan et la crédibilité que la direction a acquis en dépassant les prévisions précédentes dans des conditions de marché difficiles", souligne UBS.
Pour parvenir à ces résultats, Orange compte activer plusieurs leviers. Le groupe prévoit d'augmenter sa base de clients de 28 millions de personnes dans la zone Afrique et Moyen-Orient, et de réduire le taux de résiliation de trois points de pourcentage dans les pays européens.
L'opérateur de télécommunications entend par ailleurs générer 1 milliard d'euros de revenus supplémentaires d'ici à 2028 via certains services non traditionnels.
Environ 500 millions d'euros proviendront des offres aux particuliers (protection du domicile, transferts d'argent internationaux, cartes prépayées pour voyager à l'international).
Le reliquat sera perçu auprès des entreprises, via les services d'informatique dématérialisée (cloud), la cyberdéfense (Orange compte générer plus de 2 milliards d'euros de revenus dans cette division en 2030) ainsi que "les services d'IA fiables".
Concernant l'intelligence artificielle, Orange affirme qu'il poursuivra "l'expansion de l'utilisation de l'IA" dans l'ensemble de ses opérations, notamment dans l'expérience client, la gestion du réseau, ou encore en offrant des solutions de modèle de langage d'IA (LLM) aux entreprises.
Par zone géographique, Orange vise un Ebitdaal en France au moins stable sur la période 2025-2028 et va lancer un plan d'économies de 800 millions d'euros de pour compenser la baisse des revenus liés au cuivre (le vieux réseau fixe avec fils).
Dans la zone "Afrique Moyen Orient", Orange entend dégager une "croissance élevée du chiffre d'affaires à un chiffre sur les trois prochaines années", ce que l'on peut traduire grossièrement par un taux compris entre 6 et 9%. "Cette croissance devrait se refléter dans l’Ebitdaal, qui progressera également à un taux élevé à un chiffre", ajoute la société.
En Europe, la société prévoit une légère croissance à un chiffre des revenus de services (entre 1 et 4%) et "une croissance légère à moyenne (entre 1 et 5%)" à un chiffre de l’Ebitdaal.
Résultats 2025 légèrement supérieurs aux attentes
La société a livré ces orientations stratégiques après avoir publié des résultats du quatrième trimestre légèrement supérieurs aux attentes.
Sur les trois derniers mois de 2025, le chiffre d'affaires a progressé de 2,2% en données comparables à 10,55 milliards d'euros, tandis que l'Ebitdaal a progressé de 3,9% en données comparables à 3,36 milliards d'euros.
Citi note que le chiffre d'affaires et l'Ebitdaal ont dépassé le consensus de respectivement 1,7% et 0,9%.
La France a notamment affiché une baisse de 0,4% de ses revenus alors que les analystes tablaient sur un repli plus prononcé, de 2,6%. Oddo BHF constate toutefois qu'Orange est soumis à "une pression sur l'ARPU (le revenu moyen par utilisateur, NDLR) à la fois pour le mobile et le fixe".
Sur l'ensemble de 2025, la société a généré un chiffre d'affaires de 40,4 milliards d'euros, en hausse de 0,9% en données comparables, et un Ebitdaal de 12,47 milliards d'euros, en progression de 3,8% en données comparables.
Le bénéfice net a chuté de plus de 60% à 1,14 milliard d'euros, affecté par des éléments exceptionnels qui ont pesé à hauteur de près de 2 milliards d'euros.
La grande actualité d'Orange en dehors de ses résultats et de ses perspectives reste évidemment le rachat de SFR. Le groupe s'est allié à Bouygues et Iliad (Free) pour déposer une offre conjointe visant l'essentiel des actifs d'Altice France et donc SFR.
Altice France a certes rejeté cette offre dans la foulée. Mais le 22 janvier, à la suite d'un article de BFM Business, les trois opérateurs ont confirmé avoir repris langue avec le groupe Altice.
Le rachat de SFR pourrait potentiellement créer d'importants bénéfices. Barclays évaluait entre 4,5 et 12,3 milliards d'euros, en valeur actuelle nette, les synergies que cette opération de consolidation du marché pourrait créer sur les coûts.
"Si la consolidation peut générer d'importantes synergies en termes de dépenses d'exploitation et d'investissement, c'est 'la réparation des prix' qui constitue la véritable source de valeur", expliquait de son côté Bank of America. Autrement dit, selon la banque, l'intérêt de l'opération serait surtout d'atténuer les pressions concurrentielles, les promotions, et donc de limiter les tensions sur les tarifs.
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