(BFM Bourse) - Plombé par la croissance décevante de ses activités d'informatique, le grpupe a accusé sa plus forte baisse depuis l'éclatement de la pandémie, effaçant plus de 300 milliards de dollars. Mais Nvidia avait fait pire il y a un an.
Microsoft a été chahuté comme jamais en Bourse, ou presque. L'action du mastodonte américain des services informatiques a plongé de 9,99% à la clôture de jeudi, accusant sa plus forte baisse depuis mars 2020 et l'éclatement de la pandémie.
Avec un tel plongeon, la société basée à Redmond a effacé un total de 357 milliards de dollars de capitalisation boursière, selon les données de Bloomberg. Cela représente environ 1,1 fois la totalité de la valeur en Bourse de LVMH, la plus importante société du CAC 40 en termes de capitalisation boursière.
Microsoft n'a toutefois pas signé un "record". Il y a quasiment un an jour pour jour, Nvidia avait perdu 593 milliards de dollars de capitalisation boursière sur une seule séance, le 27 janvier 2025. Son action avait alors chuté de 16,97%, plombée par les prouesses de la start-up chinoise Deepseek.
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Le cloud inquiète
Wall Street avait pris peur à la suite de plusieurs rapports et articles de presses vantant les modèles de langage d'intelligence artificielle (IA) développés par Deepseek.
Ces modèles auraient été développés à un coût largement moindre que ceux des "big techs" américaines. Les investisseurs s'étaient alors interrogés sur la pertinence des dépenses d'investissements des groupes américains dans l'IA et avaient largement vendu le compartiment.
Ces craintes n'avaient toutefois guère duré. Nvidia avait regagné dès juin 2025 le terrain perdu avant de franchir la barre des 4.000 milliards de dollars de capitalisation boursière en juillet 2025, puis les 5.000 milliards en octobre dernier.
À voir si Microsoft parviendra un connaître pareil rebond. Jeudi, la société dirigée par Satya Nadella a plongé à Wall Street en grande partie parce qu'Azure, sa division de services informatiques dématérialisés (cloud), a livré une croissance inférieure aux attentes.
Sur le trimestre allant d'octobre à fin décembre, Azure a vu son chiffre d'affaires progresser de 38% hors effets de changes quand les investisseurs attendaient un taux davantage situé autour de 39%-40%, selon Citi. Et donc plus proche de la croissance du trimestre précédent qui s'était établie à 39% hors changes.
Ce ralentissement a jeté le doute sur le retour sur investissements des lourdes dépenses du groupe dans l'IA.
Une douleur "auto-infligée"
"L'une des principales préoccupations des investisseurs est que les dépenses d'investissement augmentent plus rapidement que prévu, tandis que la croissance d'Azure est peut-être légèrement inférieure à nos attentes", a fait remarquer à la direction de l'entreprise Keith Weiss, analyste chez Morgan Stanley, lors de la conférence téléphonique organisée par la société.
La directrice financière, Amy Hood, a toutefois expliqué lors de ce "call", que la moindre croissance d'Azure s'expliquait par des choix d'allocation de ressources.
Des technologies d'IA, comme les processeurs graphiques (GPU) ont été dévolues aux activités liées aux applications de bureautiques de la société intégrant l'IA, c'est-à-dire l'assistant M365 Copilot ou le service de développement de logiciel Github.
"Et une façon d'y réfléchir, car je pense qu'on me pose parfois cette question, c'est que si j'avais pris les GPU qui viennent d'être mis en service au premier et au deuxième trimestre, en termes de GPU, et que je les avais tous alloués à Azure, le KPI (le taux de croissance, NDLR) aurait été supérieur à 40'", a affirmé la dirigeante.
Citi écrit que Microsoft "s'auto-inflige le ralentissement d'Azure". "Si les investisseurs pourraient interpréter les résultats d'Azure, moins bons que prévu, comme un signe de prudence vis-à-vis de l'infrastructure/la consommation cloud, ceux-ci semblent plutôt être le fruit d'une gestion interne/de la capacité, avec une croissance normalisée d'Azure supérieure à 40%", développe la banque américaine.
Cette douleur a beau être "auto-infligée", ce n'est pas pour autant que la confiance des investisseurs reviendra.
Citée par Marketwatch, la banque Mizuhuo Securities estime que l'action Microsoft pourrait bien être "dead money" (un investissement sans potentiel), même après sa chute de 10%.
La banque estime que le groupe aura besoin d'accélérer la croissance d'Azure au-dessus de 40% pour convaincre le marché.
Les investisseurs constatent que Microsoft augmente ses dépenses d'investissement dans les centres de données, mais estiment que la croissance générée par Copilot et d'autres services d'intelligence artificielle n'est pas suffisante pour stimuler la croissance d'Azure, a-t-il écrit dans une note adressée à ses clients.
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