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Loreal : Après un millésime 2025 terne, L'Oréal est-il paré pour retrouver son éclat en Bourse cette année?

Aujourd'hui à 07:00
L'Oréal prêt à rebondir ?

(BFM Bourse) - Le groupe des cosmétiques a sous-performé le CAC 40 l'an passé en raison notamment de doutes sur l'accélération de sa croissance sur la seconde partie de 2025. Mais plusieurs analystes ont récemment relevé leur opinion sur le titre, séduits notamment par son "stimulus beauté".

L'Oréal ne l'a pas si bien valu que cela l'an passé. Le champion tricolore a déçu, affichant une progression de son action de 7,24% soit moins que le CAC 40, qui s'est adjugé 10,43% de son côté.

Le groupe de cosmétiques n'a pas su répondre aux attentes d'un marché exigeant au vu des standards de la société. Et d'une valorisation jugée bien généreuse par de multiples bureaux d'études.

Les analystes et les investisseurs scrutent surtout la surperformance de la société par rapport au secteur de la beauté. Or, cette surperformance a eu tendance à s'affaisser ces derniers trimestres. Bank of America remarque que la croissance de la société s'est établie à 1,1 fois celle du marché de la beauté en 2024-2025, contre une moyenne historique de 1,4 fois.

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Les résultats 2025 comme catalyseur?

Au troisième trimestre, le groupe avait publié une progression de ses revenus inférieure aux attentes. Ce qui avait alors jeté un doute sur les espoirs d'accélération de la croissance de l'activité sur la seconde partie de 2025.

Le directeur général de la société, Nicolas Hieronimus, avait par ailleurs tenu un discours prudent sur la croissance du marché de la beauté pour la fin d'année. "Nous croisons les doigts", avait-il affirmé, ajoutant que beaucoup dépendrait de la saison des fêtes aux États-Unis et du 11 novembre en Chine, c'est-à-dire "la journée des célibataires", évènement au cours duquel les achats des Chinois battent tous les records. Des commentaires jugés un peu trop prudents par les analystes.

Le groupe peut-il renverser la vapeur en 2026? En tout cas, plusieurs analystes ont récemment fait part d'un certain optimisme.

JPMorgan a placé le titre en "positive catalyst watch" à l'approche de ses résultats annuels, le 12 février prochain. Ce qui signifie que la banque américaine s'attend à ce que cet évènement constitue un catalyseur pour le titre.

"La dynamique du chiffre d’affaires à court terme devrait être rassurante, avec un bon point de sortie vers 2025 et une poursuite probable de la dynamique au premier trimestre, ce qui pourrait renforcer la confiance pour 2026", a écrit la banque américaine, citée par Reuters. La banque s'attend ainsi à "une surprise" positive permise par la croissance du quatrième trimestre 2025 de la société.

Au-delà du très court terme, plusieurs intermédiaires financiers ont relevé leur opinion sur le titre. Plusieurs d'entre eux exposent un argument commun: la valorisation de la société est, désormais, devenue attrayante.

Une valorisation attrayante

Passée à l'achat fin décembre, Bank of America avançait notamment cet élément.

L'établissement soulignait que le titre s'échangeait avec un multiple de 27 fois ses bénéfices attendus pour 2026, proche de ses plus bas historiques. Par ailleurs, le groupe de cosmétiques évolue actuellement sur des multiples proches de ceux du groupe de luxe LVMH contre, historiquement, une prime de 30% par rapport au groupe de Bernard Arnault.

Bank of America appelle également à relativiser la baisse de la surperformance de L'Oréal par rapport au marché de la beauté.

En prenant l'ensemble des spécialistes de la beauté cotés en Bourse, et donc les alternatives à la société tricolore sur le marché, la croissance de L'Oréal a atteint 1,5 fois la moyenne de ce secteur au troisième trimestre, multiple qui passe même à 6 au titre du premier semestre 2025.

Le groupe a ainsi "généré autant de revenus supplémentaires que l'ensemble du reste du secteur de la beauté coté en Bourse", fait valoir Bank of America.

L'établissement a inclus L'Oréal dans sa liste de valeur favorite pour 2026 et pense qu'une accélération de sa croissance suffira à déclencher un "re-rating", c'est-à-dire une appréciation des multiples boursiers.

Bank of America s'attend à ce que la société affiche une croissance en données comparables à 5,4% cette année après 4,1% en 2025.

Un "beauty stimulus" qui plaît

L'autre motif d'enthousiasme des analystes provient du "stimulus beauté" de L'Oréal. Ce plan a été lancé l'an dernier et prévoit un nombre élevé de lancements de produits innovants dans différentes catégories, comme de nouveaux parfums.

Citons à titre d'exemple le fond de teint "Skin Ink Infaillible", ou encore, au second semestre 2025, la gamme de soin anti-âge HR "Replasty age recovery" ou encore le lancement d'une ligne de parfums pour homme Prada.

Au troisième trimestre, ce plan a ajouté 70 points de base (0,7 point de pourcentage) de croissance. Nicolas Hieronimus a indiqué que cette contribution devrait augmenter au quatrième trimestre, avec davantage de nouveaux parfums disponibles et quelques "munitions que nous n'avons pas encore chargées".

Bank of America cite ce stimulus parmi les atouts de L'Oréal. UBS, qui a relevé son opinion à l'achat sur la valeur le 9 janvier dernier, également.

L'établissement helvétique estime que ce plan a permis à la société d'accélérer sa surperformance du marché de la beauté au cours de l'an passé, passant de 1,1 fois la croissance globale du secteur au premier semestre 2025 à 1,3 fois au second semestre.

Ce plan "rappelle la décision prise par L'Oréal d'intensifier ses investissements et ses lancements de nouveaux produits à l'été 2020, alors que le Covid pesait lourdement sur la croissance du secteur, ce qui a finalement permis à l'entreprise d'augmenter ses parts de marché", écrit UBS.

"Alors que L'Oréal a obtenu des résultats significatifs grâce à (cette) stratégie visant à stimuler la croissance du secteur et à renforcer la différenciation de ses marques, le groupe a décidé l'année dernière d'intensifier encore ses efforts sur ce 'stimulus beauté' en 2026", poursuit la banque helvétique.

UBS estime que ce plan devrait de plus en plus porter ses fruits, a fortiori dans un marché de la beauté en accélération, avec une croissance attendue à plus de 4% pour le secteur par la banque en 2026, après 3,5% en 2025.

"Selon nous, alors que le programme de l'année dernière était quelque peu biaisé en faveur du second semestre, l'impact devrait être plus équilibré cette année, le premier semestre 2026 devant bénéficier à la fois des lancements de produits du quatrième trimestre 2025 et des nouveaux produits introduits au cours du premier semestre 2026", constate la société suisse.

"Les étoiles s'alignent"

L'activité de la société sera aussi portée par un effet 'mix' (la répartition des ventes) favorable, anticipe UBS.

L'Oréal est plus exposé que ses comparables boursiers (comme Reckitt Beckinser, Henkel ou Beiersdorf) au soins des cheveux et au maquillage aux États-Unis, ainsi qu'à la catégorie "prestige" (comme les parfums) en Chine. Autant de segments qui devraient, selon l'établissement, connaître une amélioration cette année, portant la surperformance de la société.

In fine, les "étoiles s'alignent" pour l'activité de L'Oréal, juge UBS. La banque suisse retient un multiplicateur de 1,3 fois la croissance du marché pour 2026 et table ainsi sur une croissance de 5,8% en données comparables pour le groupe de cosmétiques, nettement au-dessus du consensus (la prévision moyenne des analystes), logé à 5,1%.

Outre l'accélération de la croissance, la banque suisse souligne, elle aussi, la faible valorisation du groupe ainsi que l'amélioration de son profil du risque. Sur ce dernier point, elle note que L'Oréal a récemment réduit sa dépendance à la croissance des parfums (24% de la croissance globale du groupe au second semestre contre 44% au premier) et aux pays émergents (27% contre 55%).

Dans la même veine, L'Oréal a certes décidé de porter sa participation à 20% (contre 10% auparavant) dans le spécialiste des soins dermatologiques Galderma, en décembre dernier. Mais la société a prévenu qu'elle ne comptait pas l'accroître davantage, ce qui permet d'écarter une crainte du marché (un rachat à 100% de Galderma).

Des atouts pour élargir ces marchés

Barclays est le dernier établissement à être passé à l'achat sur le titre, ou plus exactement à "surpondérer" (l'équivalent dans sa terminologie), le 22 janvier dernier.

Comme ses consœurs, la banque britannique voit le marché de la beauté accélérer cette année, pour atteindre entre 4% et 4,5% après 3%-3,5% en 2025.

"Les premiers signes de reprise en Amérique du Nord et en Asie du Nord laissent présager un environnement de marché plus favorable pour les catégories clés de L'Oréal", écrit la banque britannique.

Barclays se dit par ailleurs "impressionnée" par le "stimulus beauté" de L'Oréal ,qui devrait être encore plus fort en 2026 qu'il n'a été au second semestre 2025.

"De plus, nous pensons que le groupe a posé les bases nécessaires pour relancer sa croissance à partir de 2026, grâce à ses récentes acquisitions dans des segments à forte croissance – Color Wow (un groupe de soins des cheveux) et Kering Beauté (la division parfums de Kering) – qui devraient commencer à apporter une contribution significative dès le début et le milieu de l'année 2026, respectivement", ajoute l'établissement d'outre-Manche.

Barclays souligne le bilan enviable de la société en matière d'acquisitions, avec par exemple Yves Saint Laurent Beauté dont les ventes sont passées de 300 millions d'euros environ lors de son acquisition par L'Oréal, en 2008, à 3 milliards d'euros en 2024. Ou encore CeraVe, spécialiste de soins de la peau, dont les revenus ont été multiplié par près de huit en sept ans (1 milliard d'euros en 2024 contre 140 millions en 2017).

Au sujet de Kering Beauté, dont la finalisation doit avoir lieu cette année, Barclays reconnaît toutefois que L'Oréal devra s'atteler à dégager une croissance forte pour justifier un prix d'acquisition relativement élevé, à 11 fois les ventes attendues.

Barclays met également en avant la capacité de la société à conquérir des "espaces blancs", c'est-à-dire des besoins de sa clientèle non adressés. L'Oréal estime avoir couramment environ 1,3 milliard de clients et pense que son potentiel se situe à 4,2 milliards de clients. Forte de constat, la société compte conquérir 2 milliards de clients additionnels au cours de la prochaine décennie.

Les gisements de croissance identifiés sont les hommes, la "silver économie" (les personnes âgées) ainsi que les générations Z et Alpha (respectivement nées entre 1997 en 2012 et entre 2010 et 2024).

À noter, pour finir, que Deutsche Bank, un "bear" (un analyste qui recommande de vendre le titre) notable sur L'Oréal, a relevé son conseil sur l'action, le 12 janvier dernier, passant de "vendre" à "conserver".

La banque allemande estime qu'il existe des raisons d'être "positif" sur la croissance au premier semestre et note que la société a connu une fin d'année 2025 en trombe aux États-Unis. Toutefois, elle juge que le premier trimestre 2026 sera moins brillant que le dernier de l'an passé et considère que la Chine constituera davantage un risque qu'une source "d'upside" (potentiel de hausse) pour l'action.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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