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Lexique Boursier

Gestion quantitative

Déléguer le choix des valeurs à un ordinateur, c’est le pari que relèvent les spécialistes de la gestion dite quantitative. Avec cette philosophie, les décisions d’investissement, prises d’ordinaire par les gérants, sont confiées à un programme mathématique qui traite de façon informatique les données économiques et financières propres à chaque entreprise, secteur d’activité et pays. Ces professionnels d’un « nouveau monde » construisent des modèles économétriques qui leur indiquent dans chaque cas ce qu’il faut acheter ou vendre. Aussi le processus de décision est-il entièrement automatisé. Outre le choix des titres, l’élaboration du portefeuille est également réalisée via l’informatique. L’intérêt de cette profusion de technologies et d’informatique réside dans le fait que les gérants « quantitatifs » essaient d’éliminer autant que possible l’effet du hasard pour tenter d’augmenter le contrôle de leurs performances. Ils s’opposent donc à la gestion traditionnelle, où l’initiative d’investir dans un titre ou de privilégier un marché aux dépens d’un autre relève du seul gérant. Or ce dernier interprète les évolutions des marchés de manière forcément subjective. Hormis l’avantage d’être affranchie des facteurs émotionnels, la gestion quantitative permet aussi de traiter une importante quantité de données par l’intermédiaire d’ordinateurs puissants. Ces machines ne sont pourtant pas capables d’anticiper un krach boursier ou une catastrophe économique. Elles travaillent en effet à partir de modèles qui s’appuient essentiellement sur des données historiques. Si la gestion quantitative ne manque pas d’atouts a priori, l’offre de fonds reste pourtant assez limitée. Il est vrai que la mise au point de modèles économétriques nécessite souvent plusieurs années de recherche. Avec la forte volatilité des marchés financiers, il est difficile de conserver une régularité des performances sur le long terme. Un savoir-faire inestimable que de nombreux établissements financiers ne possèdent pas. Il existe deux types d’investissement. Le particulier intéressé par ce type de gestion peut miser sur des fonds « benchmarkés », c’est-à-dire dont la composition et le risque intrinsèque ne peuvent s’écarter de ceux de leur indice de référence que dans de faibles proportions. Seconde possibilité : choisir des fonds quantitatifs selon la gestion dite active. Dans ce type d’OPCVM, les gérants ont davantage de liberté dans le choix et le poids des valeurs sélectionnées par rapport à celles qui composent leur indice de référence. Ils n’hésitent pas à prendre certains risques, néanmoins toujours quantifiés par des modèles mathématiques. A ce petit jeu, l’ordinateur a vite fait de prendre l’ascendant sur la gestion traditionnelle. En effet, il existe peu de fonds gérés selon cette méthode, mais une bonne partie d’entre eux parviennent à tirer leur épingle du jeu. Il semble donc bien que le mariage de la créativité de l’homme et de la puissance de calcul de l’ordinateur soit réussi. Mais les ordinateurs les plus perfectionnés et les plus puissants ne parviendront jamais à anticiper les krachs, les accidents de parcours d’une valeur ou la perte d’un client important pour un groupe. L’analyse fondée sur la récurrence d’éléments passés n’est pas une donnée que l’on peut repousser d’un revers de la manche.