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CAC 40

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CAC 40 : La hausse des rendements obligataires fait pression sur les indices

Aujourd'hui à 08:30

(BFM Bourse) - Cet article, en accès libre, est produit par l'équipe de recherche en analyse et stratégie boursière de BFM Bourse. Pour ne manquer aucune opportunité, consultez l'intégralité des analyses et découvrez nos portefeuilles en accédant à notre espace Privilèges.

Les marchés européens devraient débuter la séance du jour dans le rouge, dans un environnement dominé par la remontée des rendements obligataires, la hausse du pétrole et le regain des tensions au Moyen-Orient. À Paris, le CAC 40, déjà en baisse de 0,66 % lundi à 8 579 points, est attendu en repli d’environ 0,4 % à l’ouverture. Le DAX allemand devrait également céder près de 0,5 %.

La pression vient avant tout du marché obligataire. Le rendement de l’OAT française à 10 ans a franchi le seuil de 4 %, une première depuis 2009, tandis que le Bund allemand à 10 ans évolue autour de 3,20 %, au plus haut depuis quinze ans. L’écart de rendement entre les deux obligations reste particulièrement élevé, autour de 80 à 90 points de base, reflétant une prime de risque accrue sur la dette française.

Cette situation ne concerne toutefois pas uniquement la France. Les rendements progressent simultanément aux États-Unis, en Europe et au Japon. Le Treasury américain à 10 ans évolue autour de 4,7 %, tandis que le rendement à 30 ans a dépassé 5,3 %, son plus haut niveau depuis près de vingt ans. Au Japon, le taux à 10 ans approche désormais 3 %, un sommet depuis trois décennies.

Cette tension généralisée s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs : des déficits publics élevés, des perspectives d’inflation toujours importantes et, surtout, une nouvelle poussée des prix de l’énergie. Pour les marchés actions, la hausse des taux longs constitue un vent contraire puisqu’elle augmente le taux d’actualisation appliqué aux bénéfices futurs et rend parallèlement les obligations plus attractives.

La séance de lundi avait déjà illustré cette prudence en Europe. Le CAC 40 a terminé en baisse de 0,66 % à 8 579 points, le DAX a perdu 0,38 % et le STOXX 600 a reculé de 0,22 %.

À Paris, STMicroelectronics s’est distingué avec une hausse de 5,15 %, dans le sillage de la bonne tenue du secteur des semi-conducteurs. À l’inverse, le luxe a fortement pesé sur l’indice avec LVMH en baisse de 2,71 % et Kering de 4,26 %. Hermès pourrait également être surveillé ce mardi après l’abaissement de la recommandation de RBC à « performance du secteur », contre « surperformance » précédemment.

Stellantis sera aussi au centre de l’attention après le recul de plus de 4 % de son titre coté à New York lundi. Le constructeur automobile a annoncé le rappel de près d’un million de véhicules dans le monde en raison d’un potentiel défaut concernant les caméras de recul.

Groupe ADP a de son côté publié un trafic de 36,6 millions de passagers en juillet, en progression limitée de 0,3 % sur un an. Le trafic de Paris Aéroport a reculé de 1 % à 10,1 millions de passagers et aurait diminué de 2,2 % hors effet de base favorable lié aux grèves de juillet 2025.

La géopolitique reste le principal facteur de risque à court terme. La trêve entre les États-Unis et l’Iran est arrivée à expiration sans accord durable, Washington ayant écarté sa prolongation tandis que Téhéran a annoncé adopter une posture militaire plus offensive.

Les tensions autour du détroit d’Ormuz entretiennent surtout les inquiétudes concernant l’approvisionnement énergétique mondial. Le Brent évolue désormais au-dessus de 91 dollars le baril après avoir progressé de 2,57 % lundi. Une poursuite de cette hausse constituerait un nouveau choc inflationniste potentiel pour les économies importatrices d’énergie, particulièrement en Europe.

Aux États-Unis, Wall Street a terminé dans le rouge pour une deuxième séance consécutive. Le S&P 500 a reculé de 0,52 % à 7 745 points, le Dow Jones de 0,51 % à 53 459 points et le Nasdaq 100 de 0,17 % à 29 995 points.

La technologie a néanmoins mieux résisté grâce aux semi-conducteurs, dont l’indice SOX a progressé de 1,64 %. Micron Technology a notamment gagné 4,13 %, tandis que Microsoft et Meta ont respectivement reculé de 3,04 % et 3,54 %.

Les dernières données macroéconomiques américaines offrent par ailleurs des signaux contrastés. L’indice manufacturier Empire State de la Fed de New York a bondi à 20,6 points en août, contre 15,6 en juillet et environ 10 attendus, atteignant son plus haut niveau depuis plus de quatre ans. À l’inverse, les récentes statistiques sur l’emploi, l’inflation et la consommation ont réduit les anticipations d’une nouvelle hausse imminente des taux de la Réserve fédérale.

Le marché reste donc confronté à une situation paradoxale : les indicateurs économiques ne justifient pas nécessairement un durcissement monétaire rapide de la Fed, mais la hausse du pétrole et les déficits budgétaires maintiennent une pression importante sur les rendements à long terme.

En Europe, l’attention se portera à 11h00 sur les indices ZEW du sentiment économique pour le mois d’août en Allemagne et en zone euro. Ces publications permettront d’évaluer l’évolution des anticipations des investisseurs et analystes concernant la conjoncture européenne.

Aux États-Unis, les permis et mises en chantier de logements de juillet seront publiés à 14h30. La production industrielle suivra à 15h15, avec une progression mensuelle de 0,3 % attendue. Les données immobilières resteront également surveillées dans l’après-midi.

Sur le front des entreprises, Home Depot publiera ses résultats aux États-Unis. En Europe, l’actualité sera notamment animée par Stellantis, Groupe ADP et Hermès.

La séance s’ouvre donc dans un climat nettement plus prudent. Le CAC 40 et les autres indices européens doivent composer simultanément avec des rendements obligataires au plus haut depuis plusieurs années, un pétrole supérieur à 91 dollars et une situation géopolitique toujours incertaine.

La trajectoire des marchés dépendra désormais largement de l’évolution de ce triptyque pétrole-inflation-taux. Une détente au Moyen-Orient pourrait rapidement faire refluer une partie de la prime de risque actuellement intégrée dans les cours. À l’inverse, une nouvelle escalade autour du détroit d’Ormuz prolongerait les tensions sur l’énergie et les obligations, avec un risque supplémentaire pour les valorisations des marchés actions.

ELEMENTS GRAPHIQUES CLES

Techniquement, l’indice parisien poursuit sa consolidation, comme anticipé. Le CAC 40 se rapproche de sa moyenne mobile à 20 séances et pourrait désormais venir tester la zone des 8 508 points, ancienne borne haute du trading range. Ce niveau devra impérativement être préservé en clôture afin d’éviter une réintégration du range, qui remettrait en question la dynamique haussière de court et moyen terme.

PREVISION

Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.

Ce scénario baissier est valable tant que l’indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 8645.00 points.

Le conseil BFM Bourse

CAC 40
Négatif
Résistance(s) :
8645.00 / 8800.00
Support(s) :
8508.00 / 8280.00 / 8118.00

Graphique en données horaires

CAC 40 : La hausse des rendements obligataires fait pression sur les indices (©ProRealTime.com)

Graphique en données quotidiennes

CAC 40 : La hausse des rendements obligataires fait pression sur les indices (©ProRealTime.com)
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