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Séance très lourde à la Bourse de Paris jeudi, où les dégagements se sont accélérés, en sortie de triangle baissier, dans des volumes d'échanges (le niveau d'activité) puissants. En cause la crise budgétaire française qui fait pression sur les taux, sur fond d'impasse géopolitique entre Washington et Téhéran.
Le 10 ans français frôle désormais les 5% à 4,95% et le spread, à savoir l'écart par rapport au Bund allemand à 10 ans, atteint désormais 143 points de base.
"Cela alourdit progressivement le fardeau de la dette pour l’État et donc, à terme, pour les contribuables. Mais c’est aussi un problème pour les entreprises qui ont recours au marché pour se financer", explique Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM.
"Le mouvement est global, il y a un vrai stress obligataire sans pour autant qu'on puisse parler de krach mais clairement cela dévisse", explique Alexandre Baradez d'IG Markets.
"Il y a un mouvement d'accélération qui se produit depuis plusieurs jours, un emballement des taux à 10 ans, avec une phase très verticale, qui peut se produire lorsqu'il y a un mouvement de capitulation. Si les explications peuvent être techniques, il y a, selon moi, un élément qui jette de l'huile sur le feu: la réaccélération des cours du pétrole", poursuit l'expert de marché.
Le Brent, la référence de Mer du Nord, repassait allègrement la barre des 100$ le baril, à 102$, alors que la situation diplomatique entre Etats-Unis et Iran est désespérément bloquée.
Côté valeurs, Capgemini signe de loin la plus forte hausse du CAC 40 à la clôture, gagnant 7,4%, propulsé par Accenture, son principal comparable à Wall Street, qui a dévoilé des résultats et des perspectives supérieurs aux attentes. Sanofi a gagné 0,6% après avoir signé une extension de son partenariat avec l'américain Regeneron. "Le renforcement de l'alliance avec Regeneron constitue une première étape vers la réalisation des objectifs à long terme de Sanofi et doit être considéré comme le signe d'une avancée manifeste sous la direction de la nouvelle directrice générale", écrit Jefferies. A contrario, la poussée de fièvre sur la dette française a plombé les banques françaises, Société Générale a perdu 5%, Crédit Agricole SA a abandonne 3,7% et BNP Paribas a chuté de 3,6%.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé à l'équilibre à la faveur d'une légère détente sur les taux, à l'approche de la publication ce vendredi du rapport fédéral sur l'emploi, une base de travail pour la Fed dans la construction de sa politique monétaire. Rappelons également que, publiés la veille, les prix américains ont progressé de 2,4% en août aux États-Unis, nettement moins que les 3,7% anticipés par le marché, selon l'indice PCE.
"Le rapport sur l’inflation publié aujourd’hui, qui fait état d’une hausse des prix inférieure aux attentes, devrait soulager Wall Street, alors que les investisseurs espèrent voir la récente hausse des rendements des obligations du Trésor américain s’atténuer et les anticipations d’un relèvement des taux de la Fed le mois prochain s’estomper. L’indice PCE global comme sa composante sous-jacente sont ressortis en deçà des prévisions, leur progression sur un an tombant à son plus bas niveau depuis six mois", a commenté Bret Kenwell, analyste des marchés américains pour etoro.
Dans la foulée, les probabilités de relèvement de 25 points de base des Fed funds sont retombés sous les 40%.
"La lutte contre l’inflation est loin d’être terminée, mais les chiffres [de ce mercredi] vont dans le bon sens. Un recul marqué des prix du pétrole contribuerait à atténuer les pressions inflationnistes. Dans l’immédiat, toutefois, l’attention se porte sur les rendements des obligations du Trésor, qui ont fortement augmenté au cours du mois écoulé, alors même que les actions ont relativement bien résisté. Ce rapport pourrait enfin freiner cette hausse".
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin,
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1320$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 89,00$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 5,28%.
> Quant au VIX, il valait 16,34 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce vendredi, à suivre en priorité le rapport Non Farm Payrolls sur la santé de l'emploi privé aux Etats-Unis. La communauté financière s'attend à des créations de postes de l'ordre de 90 000 en août, contre 163 000 en juillet.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
L'indice phare tricolore a rompu la base, en toute fin du mois de septembre, d'une formation classique en triangle baissier, dans une libération d'énergie importante. Cette libération a connu confirmation dès la séance suivante, dans une volatilité et des volumes importants, donnant du sens au mouvement.
La moyenne mobile à 20 jours (en bleu foncé) constitue un niveau de résistance dynamique majeur.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 7940.00 points.
Le conseil BFM Bourse
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