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Sans parler forcément de retour à la case départ, c'est une nouvelle couche d'incertitude qui vient embrumer les plans dans les salles des marchés, alors que les autorités iraniennes font planer le doute quant à leur participation à un cycle de négociations à lslamabad, au Pakistan, avec une délégation américaine. La situation s'étant envenimé à la suite de l’arraisonnement d'un cargo iranien par l'armée américaine dans la nuit de dimanche à lundi.
Le CAC 40 s'est replié de 1,12% lundi, après une hausse de près de 2% la séance précédente.
Le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran expire demain alors que des représentants des deux camps sont censés se retrouver à Islamabad pour de nouvelles négociations. Mais Téhéran assure que cette réunion n'est pas à l'ordre du jour.
"Il n'est pas certain qu'un second cycle de négociations se tienne cette semaine. Ce revirement diplomatique s'explique en partie par le vide du pouvoir au sein du gouvernement iranien. Un grand nombre de personnalités clés de la direction ayant été éliminées, il n'est pas établi qu'une figure unique dispose de l'autorité et de la capacité nécessaires pour conclure avec les États-Unis un accord que toutes les parties respecteraient", observe Lizzy Galbraith, d'Aberdeen Investments.
Thomas Giudici, Directeur de la gestion obligataire d'Auris Gestion, prend du recul :
"Au-delà de cette séquence court-termiste, se pose également la question centrale du temps de la normalisation. Les stocks flottants actuellement bloqués dans le Golfe – estimés entre 170 et 180 millions de barils – nécessiteraient, dans un scénario réaliste, entre 4 et 8 semaines pour être évacués, auxquelles il faut ajouter environ un mois pour que ces volumes atteignent effectivement les raffineries. À cela s’ajoutent des contraintes structurelles bien identifiées, comme des capacités de raffinage déjà tendues avant le conflit ou un redémarrage plus lent de ces installations que celui de la production. Les analystes de Goldman Sachs parient ainsi sur une pleine normalisation à horizon six mois, avec un retour du Brent autour de 80 dollars, un niveau historiquement absorbable par l’économie."
Côté valeurs, sur le CAC 40, Totalenergies a pris 1,8%, aidé par la hausse des cours du pétrole. Hors CAC 40, Air France-KLM a perdu 2,6%, lesté par le bond des prix de l'or noir, synonyme de facture carburant plus élevée. Sur le secteur (para)pétrolier, Rubis a gagné 1,19%, Vallourec 2,19%, et Maurel&Prom 5,41%.
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé symboliquement dans le rouge lundi, à l'image du Dow Jones (-0,01%) et du Nasdaq Composite (-0,26%). Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a perdu 0,24% à 7 109 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1750$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 86,50$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 4,24%.
Le spread France / Allemagne, écart entre l'obligation souveraine française et son homologue référente allemande à 10 ans, vaut 71,1 points de base.
> Quant au VIX, il valait 18,90 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce mardi, à suivre en priorité ce mardi le ZEW allemand à 10h00 et les ventes au détail outre Atlantique à 14h30.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
L'indice CAC 40 (+1,97% vendredi 20 avril) est venu buter contre le gap baissier du 02 mars, celui-là même qui avait marqué la crispation du marché dès l'entrée en guerre de Washington contre Téhéran. Alors qu'une nouvelle couche d'incertitude vient se greffer, des évolutions comprises dans l'amplitude du corps de la bougie de vendredi (8 265 - 8 425 points) sont attendues.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons identifiés, notre opinion est neutre sur l'indice CAC 40 à court terme.
On prendra soin de noter qu'un franchissement des 8645.00 points raviverait la tension à l'achat. Tandis qu'une rupture des 7940.00 points relancerait la pression vendeuse.
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