(BFM Bourse) - L'indice parisien termine en hausse de 0,44%, ce jeudi 18 juin, alors que la banque centrale américaine a maintenu ses taux inchangés. Son nouveau président Kevin Warsh a décidé de rendre l'institution moins prévisible.
La Bourse de Paris a repris le chemin de la hausse, ce jeudi 18 juin. Son indice phare, le CAC 40, gagne 0,44% à 8.467,98 points à la clôture.
Les investisseurs ont digéré l'issue de la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed), la première menée sous la houlette de son nouveau président, Kevin Warsh.
La banque centrale américaine n'a pas bougé ses taux directeurs. Mais les indications données dans les projections de ses membres ("dot plots") et les propos de Warsh ont montré que la Fed se dirige vers une politique plus restrictive. Autrement dit, la banque centrale apparaît plus encline à opérer des hausses de taux.
"Le président Warsh a souligné à plusieurs reprises, tout au long de la conférence de presse, l’engagement du comité à assurer la stabilité des prix, ce que les marchés ont interprété comme un signal restrictif, compte tenu de la hausse des rendements des bons du Trésor à 10 ans et du repli des marchés actions", explique Josh Jamner, de Franklin Templeton.
Surtout, Kevin Warsh a très clairement décidé d'opérer une révolution dans la communication de la Fed avec moins d'indications.
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Une communication vouée à changer
Le communiqué accompagnant les décisions de la banque centrale s'est avéré inhabituellement court. Ce texte "ne fournit aucune orientation prospective et ne détaille plus les votes des membres sur la décision", remarque Christian Scherrmann, économiste chez DWS.
"Kevin Warsh a clairement indiqué sa préférence pour une Fed moins prévisible, laissant davantage les marchés réagir aux données économiques qu'aux indications prospectives de la banque centrale", explique Tiffany Wilding, de Pimco.
"Sous la présidence de Kevin Warsh, les marchés pourraient devoir composer avec moins de visibilité sur les intentions de la Fed et davantage de volatilité sur les taux à court terme", prévient-elle.
"Il apparaît clairement que le président Warsh entend diriger la Réserve fédérale différemment de ce à quoi Wall Street s’est habituée au cours des huit dernières années. Les investisseurs finiront par s’adapter, mais cette transition pourrait s’accompagner de certaines difficultés, notamment si la Fed de Warsh se montre moins transparente ou s’éloigne du mode de communication sur lequel les marchés se sont progressivement appuyés", tranche pour sa part Bret Kenwell d'eToro.
Outre la communication, Warsh a également indiqué sa préférence en matière d'indicateurs économiques.
"Sur les données, il semble privilégier les indicateurs en temps réel et les méthodes analytiques plutôt que les données traditionnelles, plus rétrospectives, bien que cela reste en cours d’examen", remarque Christian Scherrman.
Christophe Morel, chef économiste de Groupama AM, estime que les projections des membres de la Fed, publiées tous les trimestres, pourraient disparaître.
"Une telle évolution pourrait accroître la volatilité des marchés notamment autour des réunions de politique monétaire, et contribuer à une hausse de la prime de terme sur les obligations", redoute-t-il.
Capgemini plombé par Accenture
Du côté des valeurs, Capgemini a chuté de 8,9%, plombé par les résultats décevants de son rival Accenture qui plonge de 17% à Wall Street. "Les annonces d'Accenture sont négatives pour l'ensemble du secteur mais Capgemini est la seul à avoir une forte exposition aux États-Unis là où la croissance ralentit", glisse un analyste.
Carrefour accuse la deuxième plus forte baisse du CAC 40, derrière Capgemini (-6,2%), alors que JPMorgan a placé l'action sous surveillance négative à l'approche de ses résultats semestriels.
Edenred a bondi de 17,2% alors que le groupe a confirmé avoir été approché par des fonds privés dans l'optique d'un potentiel rachat. Ce qui ajoute un caractère spéculatif au titre.
Du côté des petites capitalisations, le fabricant de serveurs strasbourgeois 2CRSI a été suspendu de cotation, après avoir plongé de 43% en réaction aux attaques d'un vendeur à découvert Grizzly Research. Ce dernier a publié une note de recherche au vitriol, accusant le groupe d'être "presque entièrement une fraude".
Sur les autres marchés, l'euro abandonne 0,3% face au dollar, à 1,1475 dollar. Le pétrole recule encore. Le contrat sur le Brent de mer du Nord perd 2,5% à 77,53 dollars le baril tandis que celui sur le WTI coté à New York redonne 2,7% à 74,69 dollars le baril.
