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CAC 40

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Cac 40 : Malgré une BCE encore plus offensive que prévu, le CAC 40 se replie légèrement

jeudi 4 juin 2020 à 18h48
Le CAC 40 enregistre quelques prises de bénéfices malgré la BCE

(BFM Bourse) - La tentation d'encaisser une partie des plus-values qui s'étoffaient à vue d'oeil, avec 7% de gains supplémentaires en trois jours, est restée la plus forte jeudi à la Bourse de Paris. Le CAC 40 a fini en léger repli (-0,21%) malgré l'annonce par la Banque centrale européenne d'une augmentation de son plan de soutien encore plus massive qu'annoncé, portant le total du PEPP à 1.350 milliards d’euros.

La BCE a réussi à surprendre les opérateurs, en annonçant jeudi qu'elle allait porter l'enveloppe consacrée au programme d’achats d’urgence face à la pandémie (pandemic emergency purchase programme, PEPP) à 1.350 milliards d’euros. Si personne ne doutait que la banque centrale allait accélérer la cadence par rapport au budget initial de 750 milliards dévoilé en mars, la place misait sur un supplément de 500 milliards. Ce sera finalement, pour tenter de contrer la révision à la baisse de ses prévisions d'’inflation (un maigre 1,3% attendu d'ici 2022), 600 milliards de mieux qui seront consacrés à des rachats d'actifs, sans plus se donner de contraintes en termes de types d'actifs et de juridiction.

Quant au calendrier,les achats nets d’actifs au titre du PEPP se poursuivront jusqu'à ce le conseil des gouverneurs "juge que la crise du coronavirus est terminée". Le produit des obligations qui arrivent à échéance (dont l'argent qui revient à la BCE) sera toujours réinvesti au fur et à mesure ceci "au moins jusqu'à la fin de 2022".

140 milliards d'euros par mois

Pour donner une autre idée de l'impact que cela représente, ce sont environ 140 milliards d'euros par mois qui seront déversés par l'institution sur les marchés en ajoutant les montants du PEPP à ceux du programme préexistant (APP), au bénéfice au premier chef des Etats-membres qui continueront à voir leur dette absorbée par la BCE. Traduction ce jeudi, les fameux écarts de rendement (spread) mesurant le degré de risque attribué par les investisseurs aux obligations des différents pays se sont significativement réduits. Le taux des obligations italiennes à 10 ans tombait par exemple à 1,4%, soit un écart par rapport aux titres allemands de même échéance se réduisant en quelques minutes de 193 à 176 points de base (l'Allemagne étant elle à taux négatif sur le 10 ans).

"Pour une fois, la zone euro ne pâtit pas d'un endettement excessif parmi les banques et les ménages ni des réponses contre-productives de la part des décideurs politiques qui ont par le passé freiné les reprises. C'est un élément positif en soi, au moins en comparaison avec les précédents ralentissements [économiques]", selon Samy Chaar, chef économiste de Lombar Odier, saluant une réaction à la fois la plus massive et la plus rapide mise en oeuvre jusqu'ici dans l'histoire de la zone euro.

La BCE reprend ainsi l'initiative sur des attentes de marchés qui étaient déjà très ambitieuses, observe son homologue à à l'Union Bancaire Privée Patrice Gautry. Mais le geste plus fort qu'attendu s'explique aussi parce que les vues de la BCE sur l'économie ne sont pas très optimistes, voire beaucoup plus pessimistes que celles du consensus pour 2020 : l'institution entrevoit désormais une chute de 8,7% du PIB de la zone. Peut-être craint-elle aussi une résistance plus forte de la part des pays dits "frugaux". "En somme, la BCE n’a rien de généreuse mais elle gagne du temps et semble vouloir se préparer à un très "gros temps" économique et politique", résume Patrice Gautry.

"Alors que les prémices d’une mutualisation de la dette européenne commencent à apparaître, la BCE est gardienne de la liquidité, garante d’un bas coût du capital, et essaie aussi de maîtriser en partie le calendrier ; elle évolue vers une gestion plus active de la dette aussi bien publique que privée et de son refinancement sous une raison toujours valide d’une inflation faible, ce qui finit aussi par justifier une certaine monétisation de la dette".

Agir plus et plus tôt

D'une certaine façon, observe Esty Dwek, responsable des stratégies de marché de Natixis Investment Managers Solutions, la présidente Christine Lagarde reprend à son compte la technique éprouvée de la Fed : agir plus et plus tôt, pour montrer aux marchés qu'il ne faut pas lutter contre le pouvoir de la banque centrale.

En termes de réponse, la réaction a donc été significative du côté des obligations souveraines mais aussi de l'euro qui décollait de 0,85% à 1,1329 dollar. Dans des circonstances ordinaires, il est probable qu'une forme de création monétaire aussi frappante déclencherait une dépréciation de la monnaie unique "mais nous ne sommes pas dans des circonstances ordinaires", observe Ebury. La perspective d'une relance économique plus importante prend complètement le pas sur toute inquiétude suscitée par une augmentation de la masse monétaire.

En revanche, la réaction sur le CAC 40 a été plus hésitante : accélérant jusqu'à 5.050 points dans les minutes suivant l'annonce de l'augmentation massue du PEPP, l'indice parisien a vivement reflué ensuite en se rappelant que ce n'était pas tant une aubaine qu'une réponse à une situation économique dégradée comme rarement. En fin de séance toutefois, la tendance s'est apaisée pour terminer sur un repli de 0,21% à 5.011,98 points, marquant une pause compréhensible après l'envolée des derniers jours mais préservant le seuil symbolique de 5.000 points.

Rémy Cointreau relève ses perspectives

Au-delà de la tendance aux prises de bénéfices, l'actualité micro-économique a repris un peu ses droits avec quelques belles progressions à signaler. Annonce particulièrement appréciée dans un contexte où beaucoup d'observateurs craignent que la prochaine saison des publications ne révèle une dégradation des bénéfice des entreprises plus grave encore que redouté, le producteur de spiritueux Rémy Cointreau a indiqué que le recul de ses ventes au premier trimestre (avril à juin) serait finalement moins marqué qu'escompté, et que le repli au deuxième (juillet à septembre) devrait être limité. L'action a pris 11,3%.

Airbus a fini en première place du CAC 40 avec un gain de 5,2%, suivi de Publicis (+3,2%) Vivendi a profité de la belle performance de son comparable Warner Music Group (n°3 mondial) dont l'action a grimpé de 20% mercredi pour son retour à Wall Street, de bon augure pour Universal dont Vivendi souhaite également coter à l'avenir une partie du capital. Vivendi en a profité (+2,8%).

À l'inverse, Renault s'est replié de 1,5% après son envolée des dernières séances. Sur le SRD, le constructeur de catamarans Catana qui avait grimpé dans l'anticipation de l'annonce de ses résultats semestriels a vu son cours redescendre de 4,7%. Jeudi matin, l'ex-Poncin Yachts a dévoilé des résultats qui ne déméritent pas pour autant avec une progression de son bénéfice net à 3,3 millions d'euros, contre 2,6 millions à la fin du premier semestre du précédent exercice.

Moins confiants qu'il y a quelques jours quant au fait que la réunion de l'Opep aboutisse à un nouvel engagement de baisse de la production, les opérateurs continuent à prendre des bénéfices sur les principales variétés de pétrole. Le baril de WTI perd 1,45% à 36,75 dollars, (-0,83% à 39,46 dollars pour le Brent).

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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