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CAC 40

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Cac 40 : La France est le marché actions européen de loin le plus boudé par les investisseurs, avec un taux de réponse négative record selon une enquête de Bank of America

Aujourd'hui à 16:42
Le CAC 40  est mal-aimé

(BFM Bourse) - Parmi six marchés européens, la France est celui que les investisseurs sondés par la banque américaine plébiscitent le moins, selon une enquête publiée par l'établissement.

Malgré les inquiétudes causées par le conflit au Moyen-Orient, l'Europe a plutôt le vent en poupe en Bourse cette année. Le Stoxx Europe 600, l'indice paneuropéen de référence, s'adjuge près de 10% sur l'ensemble de 2026.

Citi a remarqué que le Vieux continent attire de nouveaux flux acheteurs en dépit des risques politiques et géopolitiques. Deutsche Bank, pour sa part, de son côté, a noté que la récente saison des résultats avait "défié la morosité", avec une croissance de 22% sur un an des bénéfices par action au cours du dernier trimestre.

"Le conflit en Iran et les perturbations liées au marché de l'énergie n'ont pas créé le choc durable sur les bénéfices que beaucoup craignaient, même si les niveaux de stockage de gaz en Europe restent inconfortablement bas. L'élan de la politique budgétaire pour la défense, les infrastructures et l'investissement industriel continue de se renforcer, en particulier en Allemagne", a de son côté observé UBS.

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La France avec un gros bonnet d'âne

Toutefois, l'optimisme des investisseurs est loin d'être homogène. Les opérateurs de marché font preuve de discernement entre les différentes places européennes.

La dernière version de l'enquête mensuelle de Bank of America le montre. Chaque mois, la banque d'outre-Atlantique interroge des gérants de fonds en leur posant une batterie de questions.

Dans sa dernière mouture d'août (*), Bank of America a demandé à ces mêmes gérants s'ils préféraient surpondérer ou sous-pondérer dans leur portefeuille tel ou tel marché européen. Ce qui revient, pour simplifier, à leur demander s'ils ont une opinion positive ou négative sur telle ou telle place.

Bank of America prend le pourcentage de réponses positives ou négatives et effectue la différence entre les deux pour aboutir à un solde.

In fine, le marché préféré des investisseurs reste l'Espagne (avec un solde positif de 24%), devant l'Allemagne (environ 20%), l'Italie (autour de 12%) et le Royaume-Uni (10%).

La France, elle, finit bonne dernière avec un solde négatif impressionnant de -56%, largement pire que la Suisse (-5%).

Dans les précédentes enquêtes mensuelles de Bank of America, l'Hexagone pointait déjà derrière les autres marchés. Mais le "score" n'était pas aussi dramatique, avec -21% en mai, -29% en juin et -37% en juillet. Avec -56% en août, l'Hexagone affiche "le solde le plus bas de l'histoire", note Bank of America (ou plus exactement depuis que la banque pose cette question).

Et ce alors même que la préférence plus générale des investisseurs pour les marchés de la zone augmente, appuie l'établissement.

Incertitude politique et sous-performance du luxe

Bank of America ne donne pas d'explication explicite quant à cette désaffection des investisseurs pour l'Hexagone.

Pas besoin toutefois d'être devin pour y voir l'impact de l'incertitude liée au risque politique qui plombe le marché tricolore depuis plus de deux ans.

"Il y a une inquiétude liée à la présidentielle de 2027, l'incertitude de savoir qui sera aux manettes en 2027. Et même pour 2026, l'inquiétude existe puisque le déficit français continue de filer et on n'a pas l'impression qu'il soit sous contrôle", explique Vincent Juvyns, responsable de l'investissement chez ING Belgium.

"Cela se voit surtout sur les marchés obligataires où le rendement du titre de dette à dix ans de la France dépasse les 4% (4,12% environ, NDLR), au plus haut depuis novembre 2008. Même si les taux se tendent sur l'ensemble des pays, la présidentielle française crée une incertitude", poursuit Vincent Juvyns.

"Dans ce contexte sur le marché obligataire, il n'est pas étonnant que les investisseurs actions s'inquiètent du cas spécifique de la France. La question reste de savoir qui va payer à l'avenir la réduction des déficits avec le risque que les entreprises (cotées, NDLR) repassent à la caisse, ce qui réduirait le rendement de leurs actions", continue le stratégiste.

UBS notait également le mois dernier que la présidentielle constituerait un évènement clef augmentant l'incertitude en France.

"À la suite de la récente annonce de Marine Le Pen de se présenter comme candidate pour le Rassemblement National (RN) aux élections, nous pensons que l'attention du marché va augmenter dans les mois à venir, surtout parce qu'elle est en tête dans les sondages", écrivait la banque suisse.

Au-delà de l'incertitude politique, le marché français "souffre de désaffection pour le luxe", ajoute Vincent Juvyns.

Rappelons que la première et la cinquième capitalisation boursière de la place de Paris, à savoir LVMH et Hermès, appartiennent au luxe. Or le premier chute de 30,45% depuis le début de l'année, quand le second plonge de 26,6%. Kering limite mieux la casse (-14,39%).

Le luxe a pâti à la fois des impacts défavorables du conflit au Moyen-Orient et de l'absence de reprise en Chine.

LVMH a, à plusieurs reprises, livré une croissance trop juste aux yeux du marché. Dans une note publiée la semaine dernière, Deutsche Bank écrivait qu'une réaccélération de la croissance du numéro un du luxe demeurait incertaine.

"La thèse de reprise sur LVMH continue d'être limitée par l'absence d'amélioration séquentielle de la demande sur le cluster chinois (les dépenses locales des Chinois ainsi qu'à l'étranger), qui est restée stable par rapport au premier trimestre", expliquait l'établissement d'outre-Rhin.

Quant à Hermès, le sellier-maroquinier a perdu de sa superbe, les investisseurs se demandant si l'algorithme de croissance du groupe n'est pas en train de s'enrayer. Encore ce mardi, Royal Bank of Canada a abaissé son opinion sur l'action du groupe, écrivant que la croissance d'Hermès surperformera bien moins à l'avenir celle de ses concurrents que par le passé.

Tous ces éléments expliquent pourquoi le marché tricolore évolue totalement à la traîne de ses voisins. Le CAC 40, son indice de référence, ne prend que 4,83% depuis le début de l'année quand l'IBEX 35 de Madrid s'adjuge 15,75%, le DAX 40 de Francfort gagne 7%, le FTSE Mib de Milan avance de 18,6%, le FTSE100 de Milan s'adjuge 8,4% et le SMI, l'indice principal de la Bourse de Zurich avance de 7,95%.

(*)L'enquête de Bank of America a été effectuée du 7 août 2026 au 13 août 2026 sur un panel de 98 participants représentant 272 milliards de dollars d'actifs sous gestion.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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