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HERMES INTL

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Hermes intl : Le statut de meilleur élève de la classe d'Hermès va chanceler, prévient Royal Bank of Canada qui ne recommande plus d'acheter l'action

Aujourd'hui à 11:22
Hermès recule en Bourse

(BFM Bourse) - La banque canadienne a abaissé son opinion sur le sellier-maroquinier à "performance sectorielle", équivalent de "neutre", estimant que le différentiel de croissance entre le groupe et son secteur se réduira comme neige au soleil.

Barclays le résumait très bien le mois dernier : Hermès demeure l'une des (si ce n'est la) valeurs les plus débattues au sein des investisseurs dans le secteur du luxe.

La banque britannique avait réalisé en juin une enquête se basant sur pas moins de cent conversations avec les investisseurs. Selon les résultats de cette enquête, le sellier-maroquinier était alors l'action du luxe "la plus polarisante" chez les opérateurs de marché, écrivait-elle.

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"Les optimistes voient un soutien à la valorisation et un ralentissement temporaire, tandis que les pessimistes soulignent la baisse de l’attrait des sacs emblématiques, la concurrence croissante pour les consommateurs haut de gamme et des tendances plus faibles hors cuir comme des signes d’un relâchement de la discipline des quotas", développait Barclays.

Les résultats semestriels n'ont pas permis de trancher ce débat. Hermès a perdu 11% dans la foulée de la publication, plombé par un manque d'accélération en Chine et par des précisions de la direction concernant leur objectif de hausse des volumes de 6% dans la maroquinerie cette année.

Le gérant, Axel Dumas, a indiqué qu'il fallait comprendre cette cible non pas en unités de production mais en nombre d'heures travaillées, ce que les investisseurs ont interprété comme un abaissement d'ambition.

Une normalisation de la croissance

"Ce concept a semblé semer la confusion sur le marché, et certains ont craint que la direction ait revu à la baisse son objectif de croissance du volume de 6%", écrivait ainsi Bank of America.

La véritable question pour Hermès reste de savoir si le groupe peut (re)dégager une croissance suffisamment exceptionnelle pour justifier que les investisseurs se positionnent sur son titre, malgré une valorisation encore assez élevée (plus de 30 fois les bénéfices attendus).

Royal Bank of Canada estime que non. Dans une note publiée ce mardi 18 août, la banque canadienne a revu son opinion à "performance sectorielle", équivalent de "neutre", contre "surperformance", synonyme d'acheter, précédemment.

À la Bourse de Paris, le titre Hermès reperd du terrain, abandonnant 1% vers 11h25, à la suite de ce changement d'opinion.

La banque canadienne avance un argument très simple pour justifier sa décision : la croissance d'Hermès ne se démarque plus assez de ses concurrents pour justifier une meilleure valorisation.

Royal Bank of Canada s'attend à ce que le chiffre d'affaires du sellier-maroquinier et son bénéfice par action grimpent de 7% par an en moyenne en données comparables entre 2026 et 2030, contre 5% pour l'ensemble du luxe, soit un différentiel de deux points de pourcentage. Or, entre 2020 et 2025, cet écart s'est, en moyenne, établi à plus de neuf points.

"Il y a un vrai risque que la valorisation d'ici à l'exercice 2027 puisse encore se déprécier, étant donné que la valorisation d’Hermès a tendance à suivre la dynamique des revenus. Il y a un vrai risque que le 'ratio P/E' (le multiple de bénéfices auxquels s'échange une action en Bourse) d’Hermès descende en dessous de 30", prévient Hermès.

La banque canadienne souligne que la croissance d'Hermès sera davantage dépendante de la maroquinerie que des autres catégories (soies, accessoires, parfums, horlogerie). Environ 63% de la croissance du groupe sera générée dans cette division d'ici à 2030, anticipe Royal Bank of Canada, contre 40% sur la période 2020-2025. Ce qui traduit un cycle moins porteur pour l'ensemble du luxe, selon l'établissement.

Toujours dans la maroquinerie, la banque canadienne s'attend à une décélération de l'activité à compter de 2027, en raison de hausses de prix moins élevées. Ces augmentations de prix se sont situées entre 6% et 9% lors des années post-pandémie (grosso modo de 2021 à 2024). En se basant sur des propos de la direction prononcés fin juillet, Royal Bank of Canada table sur des hausses de prix allant de 3% à 4% à compter de 2027. Ce qui conduit la banque canadienne à tabler sur une croissance de la maroquinerie de 9% à 10% à compter de 2027, contre une moyenne de 15% sur 2022-2025.

Au vu de ces éléments et dans un contexte de reprise du luxe, Royal Bank of Canada préfère soit des groupes avec une valorisation plus généreuse et donc plus directement exposés au rebond du secteur (comme LVMH et Burberry), soit des sociétés avec une dynamique de résultats plus flamboyante, comme Richemont.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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