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Cac 40 : La BCE déploie enfin l'artillerie lourde, la Bourse de Paris relève la tête

jeudi 19 mars 2020 à 10h15
Le CAC reprend du poil de la bête dans les premiers échanges jeudi

(BFM Bourse) - Après une ouverture relativement timide, le CAC accroît progressivement ses gains jeudi matin (+3% à 10h), quelque peu réconforté par le plan d'urgence massif enfin annoncé par la BCE mercredi soir, avec 750 milliards d'euros destinés à des rachats de dette publique et privée.

Au lendemain d'une nouvelle lourde rechute des principaux indices européens après un timide rebond la veille (mardi), la BCE a décidé de prendre le taureau par les cornes, mercredi soir. Réunie en urgence, l'institution monétaire a annoncé le lancement d'un programme de rachats de dette publique et privée à hauteur de 750 milliards d'euros, qui s'ajoute aux 120 milliards d'euros annoncés la semaine dernière, pour tenter de contenir les répercussions sur l’économie de la pandémie de coronavirus.

"Whatever it takes" 2.0

Ce "programme de rachat d’urgence face à la pandémie" sera réalisé d’ici à la fin de l’année, a précisé l’institution dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion -téléphonique- du conseil des gouverneurs. "Les temps extraordinaires nécessitent une action extraordinaire", a tweeté la présidente de l'Institut de Francfort, Christine Lagarde. Elle a par ailleurs assuré qu'il n'y avait "pas de limites à notre engagement envers l'euro", suggérant que d'autres mesures sont encore susceptibles de suivre, et ce quitte à utiliser "le plein potentiel de nos outils".

En ajoutant aux mesures annoncées hier les rachats d'actifs repris en septembre 2019 à raison de 20 milliards d'euros par mois, l'enveloppe de 120 milliards d'euros débloquée le 12 mars comme première réponse à la crise sanitaire et celle de ce mercredi, les interventions de la BCE vont s'élever (pour l'instant) à 1.050 milliards d'euros sur les 9 mois restants en 2020, soit près de 117 milliards d'euros engagés par mois. La potion de l'institution monétaire européenne est ainsi supérieure à celle de la banque centrale américaine (Fed), qui a annoncé lundi l'achat de 500 milliards de dollars de bons du Trésor et de 200 milliards de dollars de titres hypothécaires, pour "soutenir le bon fonctionnement" de ces marchés "qui sont au cœur des flux de crédit aux ménages et aux entreprises".

Macron applaudit la BCE

Emmanuel Macron, qui avait estimé il y a six jours que le premier train de mesures de la BCE n'allait pas assez loin, a exprimé mercredi son "plein soutien aux mesures exceptionnelles" de la BCE. "À nous, Etats européens, d'être au rendez-vous par nos interventions budgétaires et une plus grande solidarité financière au sein de la zone euro", a-t-il ajouté.

Pour le stratégiste de Pictet Wealth Management spécialiste de la BCE Frédérik Ducrozet, la réponse de la BCE est "massive à tous les niveaux, taille, flexibilité, portée et engagement à "revoir les limites" de ses achats fixés à ce jour à 33% du stock de la dette par pays" indique-t-il. Juste après l'annonce de l'institution mercredi soir, le stratégiste semblait encore plus satisfait : "Cela valait la peine d'attendre. Décision historique de la BCE. Aucune limite dans le cadre du mandat. Aucune contrainte sur les mesures de crise budgétaire. Croyez-moi, cela pourrait suffire !" pour faire face aux répercussions économiques de la crise sanitaire, tweetait-il.

Du côté de Barclays, les analystes estiment qu'avec ce paquet, "la BCE s'en tient à son point de vue selon lequel le problème à résoudre est d'assurer la liquidité des marchés financiers et le crédit à l'économie, alors qu'une baisse des taux, attendue par certains acteurs du marché, n'a pas été jugée pertinente dans le contexte actuel".

Les marchés européens apprécient

Après une ouverture en timide rebond (+1,3%), le CAC a repris un peu de hauteur dès les premiers échanges et affiche un gain de 3% à 3.867,03 points vers 10h, dans un volume d'échanges qui se normalise (moins de 600 millions d'euros ayant changé de mains). À ce stade, le rebond est néanmoins insuffisant pour effacer les nouvelles lourdes pertes subies la veille (-5,94%). Les autres principaux indices européens évoluent également dans le vert, quoiqu'en hausse plus modérée (+1,7% pour le Dax, +0,7% pour le FTSE 100), à l'exception de la Bourse de Milan (+4,4%) qui a enregistré le plus gros plongeon depuis un mois, l'Italie étant en première ligne sur le front de la pandémie.

Les entreprises font le point sur l'impact du Covid-19

Récemment massacré en Bourse, Unibail-Rodamco-Westfield reprend 6% à 10h après avoir affirmé disposer de 10,2 milliards d’euros de cash et de lignes de crédit non tirées, assurant ainsi disposer de liquidités suffisantes pour assurer ses besoins de financement. Malgré la crise sanitaire, Publicis a décidé de maintenir le paiement du dividende versé en 2020 au titre de l'exercice 2019 et domine le CAC avec un gain de 8,7%. De son côté, Michelin a indiqué que ses objectifs annuels étaient remis en cause mais avance également (+3,4%).

Au sommet du palmarès du baromètre parisien, on retrouve également des valeurs durement sanctionnées ces dernières semaines, à l'image d'Airbus (+6,4%), STMicro (+5,6%) ou Peugeot (+5,5%), en compagnie de Sodexo (6,4%), Veolia (+6,7%) ou Dassault Systemes (+6,9%). Parmi les valeurs qui ne parviennent toujours pas à rebondir, on retrouve Axa (-2,5%), Sanofi (-2,2%), Schneider Electric (-1,4%) et Société Générale (-0,6%).

Sur le reste de la cote, on peut relever les rebonds de plusieurs biotechs (+30% pour Amoeba, +17% pour Erytech, +12% pour Genfit, +11,6% pour Transgene), ainsi que de Maisons du Monde (+11,5%) ou Elis (+9,6%).

Le pétrole également au rebond

Après une nouvelle journée noire qui a vu le baril de Brent tomber sous les 25 dollars pour la premièr fois depuis 2003, les cours du pétrole brut tentent également de repartir de l'avant jeudi matin, avec de nets rebonds (+7,3% à 26,7 dollars pour le Brent et +13,35% à 23,61 dollars pour le WTI) vers 10h15. Insuffisants toutefois pour compenser les pertes de la veille (-15% pour le Brent, plus de 20% de repli pour le WTI) et s'extirper de ses plus bas depuis 17 ans.

Enfin, sur le Forex, la monnaie unique poursuit son recul face au billet vert (-0,68% à 1,0857 dollar).

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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