(BFM Bourse) - L'indice vedette parisien recule pour la quatrième séance consécutive, peu enclin à prendre des risques après les chiffres de l'inflation aux États-Unis, en plus de l'incertitude au Moyen-Orient.
La série baissière continue à la Bourse de Paris, encaissant une quatrième séance d’affilée dans le rouge. Son indice vedette, le CAC 40, recule de 0,95%, à 7.979,92 points à la clôture de ce mardi 12 mai.
Aucune nouvelle positive ne vient au secours de l'indice phare parisien. Les investisseurs ont pris acte de la publication, très attendue, de données relatives aux prix aux États-Unis.
L'inflation aux États-Unis a donc progressé plus que prévu, de 3,8% sur un an en avril, contre un consensus à 3,7% et après 3,3% au mois de mars, selon l'indice des prix à la consommation CPI. Il s'agit de son plus haut niveau depuis mai 2023.
L'inflation sous-jacente, "core" c'est-à-dire hors prix de l'énergie et alimentaire, est elle ressortie au-dessus des attentes à 2,8% en glissement annuel contre +2,7% attendu par le consensus et +2,6% en mars.
"L’inflation sous-jacente se trouve au plus haut niveau depuis septembre dernier", remarque Bastien Drut, responsable Stratégie et Analyse chez CPRAM.
Sur une base mensuelle, l'inflation a cependant décéléré à 0,6% en avril après +0,9% en mars. Le marché n'en a cure, il voit les effets du conflit au Moyen-Orient, qui se répercutent clairement sur les prix de l'énergie.
"Alors que les prix du pétrole refusent de refluer, les investisseurs se préparaient à une nouvelle publication solide de l’inflation et le CPI d’avril a confirmé ces attentes. Même en excluant les coûts volatils de l’alimentation et de l’énergie, le CPI "sous-jacent a lui aussi dépassé les attentes, à 2,8 %, renforçant l’idée que l’inflation reste tenace en toile de fond", note Bret Kenwell, analyste des marchés américains pour eToro.
"La hausse de l’inflation américaine en mars et en avril, c’est-à-dire depuis le début de la guerre en Iran, s’explique pour plus des trois quarts par l’accélération des prix de l’énergie. On pourrait donc en théorie considérer cette hausse comme réversible", poursuit Bastien Drut.
"Toutefois, cela fait maintenant plus de 5 ans que l’inflation est au-dessus de la cible de la Fed et on pourrait imaginer qu’il y aura encore plus de voix au sein du FOMC (comité de politique monétaire de la Fed, NDLR) pour réclamer l’abandon du 'biais accommodant' et pour davantage de neutralité. Kevin Warsh va donc arriver à la tête de l’institution dans une situation délicate", note-t-il.
Impasse géopolitique
Les derniers développements sur le conflit au Moyen-Orient incitent aussi à la prudence. Les espoirs d'un accord de paix durable entre les États-Unis et l'Iran s'amenuisent au fil des jours.
"Ni guerre ni paix semble être le paradoxe dans lequel se trouve le conflit armé entre les Etats-Unis et l’Iran. En effet, si bien qu’on n’a plus eu d’attaques violentes de part et d’autre depuis plus d’un mois, les discussions sur un accord de paix n’avancent pas vraiment. Les propositions de chaque camp sont systématiquement rejetées par l’autre", décrit LBP AM.
La voie diplomatique semble donc obstruée, ce qui maintient les cours du pétrole au-dessus des 100 dollars. Le contrat de juillet sur le Brent de mer du Nord reprend 3,1% à 107,48 dollars le baril tandis que celui de juin sur le WTI coté à New York gagne 3,35% à 101,36 dollars le baril.
Du côté des valeurs, l'opérateur satellitaire SES a progressé de 5,2% après avoir dévoilé des résultats du premier trimestre supérieurs aux attentes, soutenus par une forte performance dans la connectivité aérienne et les infrastructures européennes. Il entraîne dans son sillage Eutelsat qui a repris 3,1%.
Sur le marché des changes, l'euro cède 0,4% face au billet vert à 1,1732 dollar.
